Burkina Faso : L’ALT adopte la loi révisée sur les jours chômés et payés
dimanche 11 janvier 2026.
Les jours chômés et payés au Burkina Faso sont désormais réduits à 11 au lieu de 15 comme par le passé. L’Assemblée législative de transition (ALT) a adopté à l’unanimité le projet de loi portant jours chômés et payés ainsi que les journées de commémoration et de recueillement au Burkina Faso. Réunis en séance plénière ce 9 janvier 2026, les 70 députés votants ont donné leur quitus à ce texte.
Cette loi abrogeant celle du novembre 2015 portant institution de fêtes légales et d’évènements à caractère historique au Burkina Faso introduit plusieurs innovations majeures. Elle met notamment fin à la disposition selon laquelle le lendemain d’une fête légale tombant un dimanche était automatiquement chômé et payé.
Le texte opère également un reclassement de certaines dates.
La Toussaint, la Journée nationale des martyrs, les journées du soulèvement populaire ainsi que celle de la proclamation de l’indépendance deviennent désormais des journées de commémoration et de recueillement.
Dans la même logique, les dates du 4 août 1983, marquant l’avènement de la Révolution, et du 15 octobre 1987, correspondant à l’assassinat du président Thomas Sankara, sont également consacrées comme journées de commémoration et de recueillement.
« La loi qui vient d’être adoptée permet aussi, lorsque les circonstances l’exigent, que le ministre de la Fonction publique et du Travail déclare par communiqué une journée chômée et payée », dixit Mathias Traoré, ministre chargé du Travail
Par ailleurs, la loi intègre désormais la journée du 15 mai, dédiée aux coutumes et traditions, parmi les jours chômés et payés, dans le but, selon le gouvernement, d’affirmer la laïcité de l’État.
Au total, cette réforme permet de réduire le nombre de jours chômés et payés de 15 à 11, ce qui devrait permettre au budget de l’État d’économiser environ 16,88 milliards de FCFA, selon l’exécutif.
« À partir de l’adoption de cette loi, il sera question des jours chômés et payés et des jours de commémoration et de recueillement et non plus de fêtes qui sont instituées par loi », a déclaré le ministre en charge du travail, Mathias Traoré.
À travers cette loi, le gouvernement entend augmenter le nombre de jours travaillés, tout en rationalisant les jours fériés, une démarche qui s’inscrit dans la dynamique d’affirmation de la souveraineté nationale. « Ces dispositions permettront d’assurer une continuité des services publics et d’améliorer les prestations de l’administration publique en diminuant le nombre de jours chômés et payés en augmentant le temps de travail », a ajouté le ministre, précisant que des communiqués de journées chômées et payées seront faits en fonction des exigences des circonstances.
La liste des jours chômés et payés
• 1ᵉʳ janvier : jour de l’An.
• 8 mars : Journée internationale des droits de la femme
• 1ᵉʳ mai : Fête du Travail
• 15 mai : journée des coutumes et traditions.
• 15 août : Assomption.
• 11 décembre : Fête nationale.
• 25 décembre : Noël.
• Jour de l’Ascension
• Jour du Maouloud
• Jour de Ramadan
• Jour de la Tabaski
Journées de commémoration et de recueillement
• 3 janvier : Soulèvement populaire
• 4-Août : Avènement de la Révolution.
• 5-Août : proclamation de l’indépendance.
• 15 octobre : commémoration de l’assassinat du Président Isidore Noël Thomas Sankara.
• 31 octobre : Journée nationale des martyrs.
• 1ᵉʳ novembre : Fête de l’Armée et Toussaint.
La séance plénière a été dirigée par le président de l’ALT, Dr Ousmane Bougouma
Saisie pour avis, la Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH) a examiné ce projet de loi avec le gouvernement. Si la commission émet un avis favorable, ce n’était pas le cas pour l’Union d’action syndicale, le Haut Conseil de la chefferie coutumière et traditionnelle et la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso qui n’ont pas apporté de contributions écrites selon le rapporteur de la CAGIDH.
L’ALT adopte un autre emblème
Après l’adoption du projet de loi portant jours chômés et payés ainsi que les journées de commémoration et de recueillement, l’ALT a adopté un autre projet de loi portant détermination de l’emblème du Parlement. En effet, cette résolution indique les éléments symbolisant et leurs significations, déterminant ainsi ce qu’il a été convenu de désigner « emblème du Parlement ».
Serge Ika Ki et Dominique Ouédraogo (stagiaire)
Lefaso.net
Vos réactions (8)
par Anselme, 9 janvier 13:02
Qu’es ce qui n’a jamais été adopté à l’unanimité par l’ALT ? On observe.
« À partir de l’adoption de cette loi, il sera question des jours chômés et payés et des chômés de commémoration et de recueillements et non plus de fêtes qui sont instituées par loi », a déclaré le ministre en charge du travail, Mathias Traoré.
j’avoue ne pas comprendre ces explications du ministre, un on samaritain peut -il m’éclairer ?
Internaute non identifié, vous semblez ne pas savoir que Pâques a toujours lieu un dimanche et dimanche a toujours été jour non-ouvrable. C’est pour cela que lundi de Pâques était chômé ! Désormais, lundi de Pâques n’est plus chômé pour faire plus d’équilibre !
Curieux comme raisonnement. Au lieu de magnifier des dates comme le 3 janvier et le 31 octobre qui correspondent à des événements populaires et endogènes, on préfère des fêtes religieuses qui ne concernent jamais la totalité des burkinabé. A Noel ou Pâques en tant que musulman Je ne suis pas concerné et a la Tabaski ou au Ramadan mon voisin va a la pêche parce qu’il est chrétien. Ensuite si les 300 autres jours on travaillait comme des chinois ou des coréens nous serions développés depuis. C’est vraiment une réforme qui n’a pas beaucoup de sens. Celui qui a fait cette suggestion n’a visiblement pas beaucoup réfléchi.
On appelle cela l’aliénation.
Et l’instrument d’aliénation de masse la plus effective est la religion. Le fait de mettre ces religions en focus par une institution hautement laïque est simplement un indice qui nous renseigne que l’objectif visé par l’introduction de ces religions ont été atteint : des éléments d’architecture de société sont influencés par ces religions.
Les indices ne s’arrête pas aux fêtes : au moins dans la proposition d’une loi il était question de permettre le mariage des mineurs et nous étions en 2025 ; ce qui est anachronique, on instrumentalise une religion pour nous déstabiliser et cela n’est qu’une répétition de ce qui a été fait les siècles précédents.
En titre dans un article de lefaso-net, un responsable d’association religieux nous suggérait d’être Burkinabè d’abord. Visiblement on ne l’écoute pas à l’ALT.
Mon sentiment est que cette révision a été faite juste pour donner le même nombre de jours fériés aux 2 religions importées que sont le christianisme et l’islam en allant jusqu’à supprimer le jour férié du 1er novembre qui était à la fois la fête de l’Armée et la Toussaint. Ainsi, au nom de cet équilibre, la plus grande institution de notre pays, garante de l’unité nationale et symbole du patriotisme (paix à l’âme de tous les FDS et VDP tombés au front), n’a pas de journée où elle doit faire une halte réflexive, toute activité cessante. Je rejoins l’internaute qui s’étonne qu’on supprime les 3 janvier et 31 octobre qui symbolisent l’union des Burkinabè contre l’imposture et la prédation et privilégier des fêtes religieuses qui n’ont jamais uni tous les Burkinabè, chacun ayant son jour de fête.