
Diaspora : Plus de 16 millions de Burkinabè résident à l’étrangerDans le cadre de la Journée presse-diplomatie, organisée par le ministère en charge des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, le vendredi 12 décembre 2025 à Ouagadougou, la directrice de la promotion économique et des investissements de la diaspora, Wendegoudi Jacqueline Ouédraogo, a présenté une communication sur les fondements historiques de l’émigration burkinabè. Dans un contexte marqué par une réflexion approfondie sur le rôle stratégique des Burkinabè de l’extérieur en faveur de la construction nationale, l’exposé de madame Ouédraogo a mis en relief les contours conceptuels, avant de dresser un panorama démographique et géographique actualisé de la diaspora burkinabè. En 2014, le nombre de Burkinabè vivant à l’étranger était estimé à environ 10 millions. Ce chiffre est passé à près de 14 millions en 2021, pour atteindre aujourd’hui plus de 16 millions de personnes d’origine burkinabè à travers le monde. Dès l’entame de son intervention, la directrice de la promotion économique et des investissements de la diaspora, Wendegoudi Jacqueline Ouédraogo, a tenu à rappeler que l’émigration des Burkinabè n’est pas un phénomène récent. Bien au contraire, elle est antérieure à la colonisation et s’est progressivement amplifiée sous l’effet de multiples facteurs. Les déterminants économiques, sociaux et politiques ont longtemps structuré les mouvements migratoires, auxquels se sont ajoutés, plus récemment, des facteurs sécuritaires. Les premières vagues d’émigration répondaient essentiellement à une quête de mieux-être. De nombreux Burkinabè quittaient leur terre natale à la recherche de terres agricoles plus fertiles ou d’un travail rémunéré, notamment pour faire face à des contraintes économiques telles que le paiement obligatoire de l’impôt de capitation. Ces mobilités, initialement dictées par la survie, ont progressivement évolué pour donner naissance à une diaspora nombreuse, diversifiée et désormais structurée. Une définition inclusive de la diaspora burkinabè Afin de mieux cerner les contours de la diaspora, la directrice de la promotion économique et des investissements de la diaspora s’est appuyée sur la Stratégie nationale de gestion de la diaspora. Selon cette stratégie, la diaspora burkinabè englobe non seulement les Burkinabè vivant hors du territoire national, mais également les personnes d’origine burkinabè établies à l’étranger.
« Cela veut dire que si vos grands-parents sont partis il y a 50, 60 ou 70 ans, nous vous considérons comme faisant partie de la diaspora burkinabè », Wendegoudi Jacqueline Ouédraogo, directrice de la promotion économique et des investissements de la diaspora.
Le lien affectif et identitaire au cœur de l’appartenance Madame Ouédraogo a particulièrement insisté sur l’importance du lien affectif et identitaire avec la mère patrie. Être membre de la diaspora burkinabè ne se résume pas à une question de résidence ou de documents officiels ; cela repose avant tout sur l’attachement au Burkina Faso et sur la volonté de maintenir un lien vivant avec le pays. Une diaspora en forte croissance démographique Sur le plan démographique, la communication a mis en évidence une croissance rapide de la diaspora burkinabè au cours de la dernière décennie. En 2014, le nombre de Burkinabè vivant à l’étranger était estimé à environ 10 millions. Ce chiffre est passé à près de 14 millions en 2021, pour atteindre aujourd’hui plus de 16 millions de personnes d’origine burkinabè à travers le monde. Une répartition géographique dominée par l’Afrique La diaspora burkinabè est présente sur tous les continents, avec toutefois une concentration marquée en Afrique. Les pays africains, et plus particulièrement ceux de l’espace UEMOA, accueillent plus de 75% des Burkinabè vivant à l’étranger. La Côte d’Ivoire demeure la principale destination, suivie du Ghana, du Mali et d’autres pays comme le Soudan. L’Europe, les Amériques et l’Asie : des espaces complémentaires L’Europe occupe la deuxième position dans la géographie migratoire burkinabè. La France arrive en tête, notamment pour des raisons historiques, suivie de la Belgique, de l’Allemagne et de l’Italie. Ces communautés jouent un rôle important dans la structuration associative et la mobilisation des compétences. Des dynamiques migratoires en constante évolution En somme, madame Ouédraogo a souligné que la répartition géographique de la diaspora burkinabè reflète à la fois des dynamiques historiques et de nouvelles trajectoires migratoires. Les flux migratoires évoluent en fonction des réalités politiques, économiques et sécuritaires, ainsi que des opportunités offertes par les pays d’accueil. Cette compréhension fine des dynamiques migratoires constitue une base essentielle pour élaborer des politiques publiques adaptées, capables de mobiliser efficacement la diaspora au service du développement et du rayonnement du Burkina Faso. Hamed Nanéma |