
UEMOA : Une croissance projetée à 6,7 % en 2025 malgré un contexte mondial incertainLa Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a publié, début octobre, sa note de conjoncture pour le deuxième trimestre 2025, révélant une économie régionale résiliente. La croissance est projetée à 6,7 % pour 2025, soutenue par le dynamisme du secteur des hydrocarbures, tandis que l’inflation devrait rester maîtrisée. Le Burkina Faso, pour sa part, se distingue par la performance de ses exportations d’or et une dynamique agricole positive, bien que ses finances publiques reflètent des tensions régionales. Selon le rapport Nᵒ 68 de la Commission de l’UEMOA, l’activité économique de la zone devrait connaître une accélération en 2025, avec une croissance projetée à 6,7 %, contre 6,3 % en 2024. Ce dynamisme serait principalement porté par l’ensemble des secteurs, et notamment par l’exploitation nouvelle de gisements de pétrole et de gaz au sein de l’Union. Cependant, ces perspectives optimistes restent tempérées par des risques importants. La note souligne que la volatilité des cours des matières premières, les chocs climatiques, la persistance de la crise sécuritaire dans la région et les tensions commerciales mondiales pourraient fragiliser cette performance. Une croissance projetée à 5,1 % pour le Burkina Faso Le Burkina Faso, lui, présente un tableau contrasté mais globalement positif dans cette conjoncture régionale. Alors que la croissance du pays est projetée à 5,1 % pour 2025, ce sont surtout ses performances commerciales qui retiennent l’attention. Le commerce extérieur a atteint un niveau record, avec des exportations burkinabè qui ont bondi de 13,5 % au deuxième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent. Cette performance est presque entièrement due à l’or non monétaire, qui a atteint une valeur record de 1 352,4 milliards de FCFA et représente désormais 87 % des exportations totales du pays. Les Émirats arabes unis sont devenus la première destination de cet or, captant 53 % des ventes. Grâce à cette envolée, le pays a enregistré un excédent commercial de 501 milliards de FCFA et un taux de couverture de ses importations par ses exportations de 147,5 %. L’agriculture est également prometteuse, car la campagne agricole 2024/2025 s’annonce très positive, avec une augmentation estimée de 21,7 % pour la production vivrière et de 16,4 % pour la production d’exportation. Le rapport précise toutefois que ces chiffres reposent sur des estimations. Par ailleurs, des initiatives stratégiques sont mises en avant, comme le souligne le rapport qui met en lumière des décisions importantes prises par les autorités. Celles-ci incluent notamment l’autorisation donnée à la Caisse des dépôts et d’investissements d’acquérir une participation majoritaire dans la société pharmaceutique Propharm SA, une démarche visant à renforcer la souveraineté économique nationale. Tendances du commerce et des budgets dans l’Union Au niveau de l’ensemble de l’UEMOA, les échanges commerciaux ont affiché des dynamiques favorables au deuxième trimestre 2025. Les exportations ont bondi de 51,5 % en glissement annuel, tandis que les importations n’augmentaient que de 3,0 %. Cette performance a permis à l’Union d’enregistrer un solde commercial excédentaire pour le deuxième trimestre consécutif, s’élevant à 707,2 milliards de FCFA. En conséquence, le déficit budgétaire global de l’Union s’est creusé pour atteindre 1 508,7 milliards de FCFA à fin juin 2025, témoignant des efforts d’investissement en infrastructures, sécurité et énergie. Synthèse de Fredo Bassolé |