Burkina/Université Joseph Ki-Zerbo : « Actuellement, c’est tolérance zéro pour tout acte d’indiscipline », prévient le ministre Adjima Thiombiano
lundi 12 mai 2025.
L’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou (UJKZ) a organisé une cérémonie de montée des couleurs en son sein ce lundi 12 mai 2025. Elle a connu la présence de plusieurs personnalités, dont le ministre en charge de l’enseignement supérieur, Adjima Thiombiano.
Désormais, le deuxième lundi du mois, l’université Joseph Ki-Zerbo va procéder à la montée des couleurs. Cela, pour inculquer aux étudiants le sens du patriotisme et leur apprendre à honorer la nation.
Présent à la cérémonie, le ministre en charge de l’enseignement supérieur, Adjima Thiombiano, n’est pas passé par quatre chemins pour avertir les étudiants sur certains de leurs comportements.
Le personnel administratif et académique à la cérémonie
« En implantant ce mat au cœur de l’UJKZ, chacun devra se faire ce devoir, chaque deuxième lundi du mois et même au-delà tant qu’il le peut, de venir honorer la nation en contemplant, en analysant les différentes couleurs de ce drapeau. Ce 12 mai est un point de départ officiel pour véritablement magnifier la nation à travers ses couleurs, mais en même temps, c’est pour mettre fin à tous les comportements qui frisent avec l’indiscipline et le désordre. J’ose croire que désormais chacun devra occuper sa niche, à commencer par les étudiants. Les étudiants ont le droit de recevoir des connaissances ; en même temps, vous avez le devoir de respecter scrupuleusement tous les textes et surtout tous les ordres venant de l’administration. Ce n’est pas à l’étudiant de choisir quand est-ce qu’il va composer et comment il va composer. C’est fini ça. Actuellement, c’est tolérance zéro pour tout acte d’indiscipline. Pour qu’une nation se développe, il faut que chacun soit discipliné. J’invite les enseignants et l’administration à appliquer rigoureusement les textes. Celui qui est venu pour apprendre, nous sommes là pour ça, mais celui qui est venu pour le désordre, on le remet à la porte ; que ce soit très clair », a dit le ministre Adjima Thiombiano aux étudiants sur un ton ferme.
Le ministre en charge de l’Enseignement supérieur Adjima Thiombiano mettant en garde les étudiants sur certains de leurs comportements qualifiés d’actes d’indiscipline
Le ministre a par ailleurs donné cette journée au président de l’université pour fermer un kiosque. Parce que des étudiants assis dans cet endroit ont presque refusé de se joindre aux autres étudiants pour la montée des couleurs. Pour lui, le comportement de ces étudiants est un « acte d’indiscipline inacceptable ».
Pour le président de l’université, Jean-François Kobiané, la cérémonie de montée des couleurs révèle un certain nombre de particularités et de symbolisme. En effet, elle instaure l’expression d’attachement à la patrie. Il a souligné que la montée des couleurs chaque deuxième lundi du mois doit rappeler aux personnels administratifs, aux enseignants et aux étudiants les valeurs qu’ils doivent promouvoir, que sont la tolérance, la probité, l’abnégation au travail, la solidarité, la discipline et le respect.
Présent à la cérémonie de montée des couleurs, Bouba Sawadogo, étudiant en histoire et archéologie en année de licence, pense qu’au lieu de chaque deuxième lundi du mois, l’administration peut instaurer la montée des couleurs chaque lundi. Pour l’étudiant, il faut tous les jours chanter l’hymne national du pays pour amener les étudiants en particulier et toute la population en général à respecter les lois du pays. « L’hymne national, c’est cette chanson qui doit inspirer tout Burkinabè au respect des lois et des principes de la nation. Et c’est elle qui exprime notre appartenance en tant que Burkinabè », a rappelé l’étudiant.
Le président de l’université Joseph Ki Zerbo, Pr Jean-François Kobiane
Bouba estime qu’au regard du retard que connaissent certaines filières, il est nécessaire que les étudiants respectent les règles fixées par l’administration en vue de rattraper le retard. « Chacun, que ce soit l’administration, les enseignants et les étudiants, connaît ses droits et ses devoirs. Je pense que si chacun respecte les textes de l’université, il n’y a pas de raisons que le retard ne soit pas rattrapé », a notifié notre interlocuteur.
Étudiante en deuxième année d’études anglophones, Amandine Prisca Zongo, déléguée de sa promotion, a souvent du mal à convaincre ses camarades d’accepter les dates de devoirs proposées par l’administration. « Certains pensent que c’est nous, les délégués, qui décidons des dates, alors que non, les dates viennent de l’administration. Je pense que c’est une belle occasion pour que tout le monde comprenne que ce ne sont pas nous, les délégués, qui décidons, mais c’est l’administration qui décide », a relevé l’étudiante.
Le ministre, dans sa mise en garde, a dit « zéro négociation » avec les étudiants concernant le respect de certaines règles. Il souhaite cependant que l’administration ne soit pas totalement fermée au dialogue. Pour lui, avec le dialogue, ils pourront résoudre plusieurs difficultés ensemble.
Rama Diallo
Lefaso.net
Vos réactions (6)
par jan jan, 12 mai 2025 19:35
La montée matinale quotidienne du drapeau va empêcher les grèves des étudiants face à certaines "situations" ?? Humm
Mr le Ministre, j’espère que vous tiendrez parole car il n’y a rien désolant que de voir des étudiants décider de "quand ils doivent composer dans une matière" ! Non, c’est l’indignité à son comble ! Décider d’un calendrier de composition dans une université ne relève par d’un syndicat d’étudiants ! Et pendant plusieurs décennies, c’est les étudiants qui imposaient aux Professeurs, leurs calendriers ! Vous comprenez pourquoi le pays était dans une telle situation !
Hum, le choix des mots est important "inculquer aux étudiants le sens du patriotisme" on ne sensibilise pas aux valeurs du patriotisme, on l’inculque... "mettre fin à tous les comportements qui frisent avec l’indiscipline et le désordre" pas les comportements qui sont résolument indisciplinés, il suffira de "friser" l’indiscipline... qui déterminera ce "frisage"...? "celui qui est venu pour le désordre, on le remet à la porte" il n’est plus question de discuter, de négocier, de savoir pour quelle raison ce désordre pourrait-être légitimé... Certains boivent du nescafé pendant la cérémonie, qu’importe, ils ne le feront plus, l’autorité donne une "journée au président de l’université pour fermer un kiosque" et pour conclure ces propos et décisions d’une grande fermeté, il nous assène : "les valeurs qu’ils doivent promouvoir, que sont la tolérance,..." Heu, la tolérance zéro et même -1, -2, ... Quant aux dates d’examens, si l’administration et les enseignants se montraient irréprochables, cela éviterait bien des problèmes.
L on susurre que le ministre de L agriculture,militaire ,est actuellement le meilleur !fort bien !mais quand l agneau veut imiter le tigre pour plaire au roi lion cela offre souvent un spectacle ridicule !ordonner la fermeture d un kiosque dans un bref délai par un président d université infantilisé au passage parce que ses clients rebelles y buvaient du café au lieu d aller honorer un drapeau inspiré des colons aujourd’hui conspués dans toute L AES frise un abus de pouvoir aux conséquences sociales non négligeables !hâtons nous lentement !
Je pense que par la fermeture du kiosque on sanctionne le promoteur qui pourtant, n’a pas d’autorité sur les étudiants rebelles. On aurait pu chercher à identifier ces étudiants rebelles et les sanctionner à la hauteur de leur indiscipline.
Je suis d’accord pour la tolérance zéro pour l’indiscipline. Je me rappelle des propos du président BAYO qui disait à une AG/EPE, quand on lui demander les moyens qu’ils souhaitait avoir pour normaliser les années scolaires à l’Université de Ouagadougou, il a répondu en disant que même si on multipliait le budget de l’université par 10, tant que ce sont les étudiants qui décideront de quand est-ce qu’ils vont composer ou pas, il n’est pas possible de normaliser les années scolaires à l’Université. Il n’y a pas plus de cinquante deux semaines dans l’année. Si on enlève les congés et les vacances, et avec le système LMD qui implique beaucoup d’évaluations ce n’est pas possible. Mr le ministre vous avez raison sur ce point.