Burkina/ Affaire Me Guy Hervé Kam : « Les autorités judiciaires militaires lui ont fermé toutes les portes de la Justice (...) », collectif des avocats du détenuDans un communiqué signé le 22 janvier 2025, le collectif des avocats de Me Guy Hervé Kam en détention à la maison d’arrêt et de correction des armées à Ouagadougou dénonce un dysfonctionnement. Selon les avocats, le dossier de leur client devrait être jugé courant les mois d’août-septembre. Cependant, ce n’est que le 20 janvier 2025, que le juge d’instruction a entendu Me Kam au fond, sur leur demande. « Nous notons avec regret, qu’après avoir utilisé la Justice pour envoyer Me Kam Guy Hervé en prison, les autorités judiciaires militaires lui ont fermé toutes les portes de la Justice qui lui permettent d’en sortir », est-il écrit dans le communiqué. Ci-joint le communiqué. Pour mémoire, l’avocat et par ailleurs coordonnateur du mouvement SENS, Me Guy Hervé Kam a été arrêté le 24 janvier 2024 à l’aéroport de Ouagadougou. Il était alors accusé de vouloir déstabiliser le pouvoir en place. LeFaso.net COMMUNIQUE Le 24 janvier 2024, soit aujourd’hui un an, notre client Me KAM Guy Hervé a été privé de sa liberté en violation de ses droits, des lois en vigueur dans son pays et des engagements internationaux signés par le Burkina Faso en matière des droits humains et notamment la convention de New-York sur la torture et toutes les formes de persécutions. En rappel, c’est le 24 janvier 2024 qu’il a été enlevé à l’aéroport international de Ouagadougou par l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) et séquestré. Il convient de préciser en effet que l’arrestation et la détention d’une personne hors les cas prévus par la loi sont constitutives d’infractions d’enlèvement et de séquestration conformément aux dispositions du code pénal. Après 126 jours de séquestration pendant lesquels nous n’avons pu avoir accès à lui, l’ANR a organisé une parodie de libération et l’a remis le 29 mai 2024 à des agents de la section de recherche de la gendarmerie, dans les conditions que nous avons dénoncées le 31 mai 2024 au cours d’une conférence de presse. Statuant sur notre appel contre l’ordonnance de placement en détention le 08 juillet 2024, la chambre de contrôle nous a donné raison. Elle a donc infirmé la décision ordonnant la détention de notre client. Malgré cette décision, Me KAM Guy Hervé sera gardé illégalement à la MACA pour n’être libéré que le 10 juillet 2024. Tout comme le premier dossier, ce dernier est aussi vide de toutes charges pouvant laisser penser que Me KAM Guy Hervé a participé, comme auteur ou complice, à la commission des infractions qui lui sont reprochées. Aussi, dès le 07 août 2024, nous avons relevé appel de la décision de placement en détention. – appel contre la décision du 1er juge d’instruction imposant des mesures extrêmement lourdes de contrôle judiciaire à notre client ;
Toutes les démarches par nous entreprises pour lever ces blocages manifestement injustifiés se sont avérées vaines. Aussi, nous notons avec regret, qu’après avoir utilisé la Justice pour envoyer Me KAM Guy Hervé en prison, les autorités judiciaires militaires lui ont fermé toutes les portes de la Justice qui lui permettent d’en sortir. Ouagadougou, le 22 janvier 2025 LISTE DES AVOCATS MEMBRES DU COLLECTIF – Me TRAORE Richard, avocat au Barreau du Burkina
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