Burkina Faso : Les employés de RMO Job center en arrêt de travail pour protester contre le licenciement de certains de leurs collègues
LEFASO.NET
jeudi 6 juin 2024.
Les téléconseillers de Moov Africa Burkina Faso recrutés par RMO Job center ont arrêté le travail depuis le mercredi 5 juin 2024 pour protester contre leur employeur, RMO Job Center, agence spécialisée dans le recrutement, la gestion du personnel, le conseil en ressources humaines. Pour la section RMO Job Center du Syndicat national des télécommunications (SYNATEL), ces notifications de licenciement interviennent après une marche « pacifique » organisée pour réclamer des meilleures conditions de vie. De son côté, RMO Job Center indique qu’il s’agit d’un mouvement illégal et que des sanctions sont prévues par les dispositions en la matière. Lefaso.net s’est rendu sur les lieux pour comprendre davantage.
Les travailleurs du centre d’appel de Moov Africa Burkina Faso recrutés par l’entreprise Relation main d’œuvre (RMO) Job center sont en mouvement d’humeur depuis ce 5 juin 2024. Ce mouvement d’humeur intervient après que certains employés aient reçu des notifications de licenciement après une marche « pacifique ». Cette marche a été organisée après un dépôt d’une plateforme revendicative restée sans suite. La section RMO Job Center du Syndicat national des télécommunications (SYNATEL) a décidé donc d’arrêter le travail pour protester contre ces licenciements.
« Ce mouvement d’humeur fait suite à des notifications de licenciement que RMO Job center à travers un huissier a adressé à un certain nombre de nos collègues. A la suite de ça, nous avons juste arrêté le travail. En effet, à la date du 13 novembre 2023, nous avons adressé notre plateforme revendicative à RMO Job center, notre employeur, en 27 points. A la suite de ça, ils n’ont pas répondu. C’est ça qui nous a amené le 18 décembre 2023 à les relancer pour comprendre ce silence. A la suite de cela, le 31 janvier 2024, nous sommes allés là-bas de façon inopinée pour comprendre. C’est après cette rencontre inopinée qu’ils nous ont fait comprendre, qu’en réalité, ils ne nous ont pas oubliés. Ils nous ont reçu, ils se sont excusés. Ensuite, ils ont dit que notre plateforme regorge d’un certain nombre de points auxquelles Moov Africa devait aussi répondre. Selon eux, c’est pour toucher la hiérarchie de Moov Africa qui a pris du temps et a fait que la réponse a pris du temps. Ce jour-là, ils ont promis de nous revenir la semaine qui suivait. Effectivement, la semaine qui suivait, ils nous ont appelé, on pensait qu’on allait aller sur la table de la négociation mais à notre grande surprise, ils ont juste répondu à la plateforme en ses différents points. Et quand on regarde les 27 points, aucun point n’est satisfaisant pour nous », a détaillé Conlobé Auguste Nikièma, secrétaire général de SYNATEL/RMO Job Center.
Conlobé Auguste Nikièma, secrétaire général de la section RMO Job Center du Syndicat national des télécommunications (SYNATEL)
Pour lui, ce qui est reproché à ces agents licenciés, c’est la participation à la marche et le fait de ne pas répondre aux lettres d’explication de l’employeur RMO Job Center dans les délais de 72 heures, le comité ayant décidé d’apporter une réponse commune. « Donc, c’est à la suite de ça que nous avons jugé nécessaire de faire une marche pacifique. C’est à la suite de cette marche pacifique, que RMO Job center nous a adressé des demandes d’explication pour ce qui concerne la marche. Les lettres ont été données individuellement, on ne sait pas sur la base de quoi, peut-être sur la base des vidéos de la presse. Ils nous ont contactés, ils voulaient une liste, nous, on a fait comprendre qu’on n’a pas de liste. Ils ont appelé les camarades remettre les lettres à des jours différents et ils étaient sommés de répondre dans un délai de 72 heures. Pour éviter les erreurs, nous, le comité, on a décidé de répondre de façon commune. Effectivement, il y a quelques jours, nous avons adressé la réponse à RMO Job Center. Quand on a adressé la réponse, c’est aujourd’hui (5 juin 2024), à notre grand étonnement que leur huissier est venu à notre lieu de travail pour remettre des notifications de licenciement sans préavis. Donc, on a décidé purement et simplement d’arrêter le travail. Pour nous, il n’est pas question qu’on licencie un ou des collègues et que certains soient là à travailler. Nous sommes un comité, on représente les travailleurs et ils se reconnaissent dans leur comité. Donc tout le monde a arrêté le travail actuellement », a ajouté Conlobé Auguste Nikièma.
Les travailleurs sortis pour protester contre ces licenciements en cours
Selon les explications de la section RMO Job Center du SYNATEL, six personnes sont actuellement concernées par ces licenciements et les chiffres pourraient augmenter. Les travailleurs disent arrêter le travail jusqu’à ce que RMO Job center revienne sur sa décision et sur la table de négociation en ce qui concerne la plateforme revendicative.
« Actuellement, pour l’information qu’on a reçue, ça vaut déjà six personnes. Nous arrêtons le travail jusqu’à ce que l’employeur revoit sa position, sans ça, nous n’allons pas reprendre le travail. On se dit que les raisons, c’est la marche pacifique et la non réponse dans le délai des 72 heures alors que c’est le comité qui a organisé la marche. L’employeur doit revenir à de meilleurs sentiments et répondre à notre plateforme revendicative, parce que la réponse qu’il nous a adressée, on ne qualifie pas ça de réponse. En 27 points, il n’y a pas eu un point de satisfaction et une plateforme revendicative, ça se négocie sur une table de négociations et ici, ça n’a pas été le cas », soutient le comité par la voix de son secrétaire général, Conlobé Auguste Nikièma.
Pour la section RMO Job center du SYNATEL, la marche a été pacifique sans cessation de travail. « Nous n’avons pas fait de sit-in, il y’avait zéro absent. Une camarade qui était en congés et qui a pris part à la marche fait partie même des personnes à licencier. Nous sommes dans un monde où le plus fort mange le plus faible », explique le comité SYNATEL/RMO Job center. Ces travailleurs appellent également les autorités à se pencher sur cette situation qui selon eux, pourraient arriver à d’autres travailleurs.
Les travailleurs annoncent que le travail ne sera pas repris avant la signature d’un protocole d’accord
A Moov Africa Burkina Faso, pénalisé notamment par cet arrêt de travail, la section RMO Job center du SYNATEL, l’appelle à revoir la situation des travailleurs. « Ce sont eux qui sont en contrat avec RMO Job center, c’est à eux de voir RMO afin qu’il revienne à des meilleurs sentiments », a appelé Conlobé Auguste Nikièma.
Nous avons joint RMO Job center pour comprendre davantage cette situation.
Selon Abdramane Séré, gérant de RMO Job center, il s’agit d’un mouvement illégal et les sanctions prises sont prévues par les dispositions en la matière. « Il faut noter que c’est un mouvement illégal. Voici les faits : sit-in par occupation des lieux et abords de l’entreprise, obstruction des voies d’accès pour le personnel, violation des dispositions légales et règlementaires sur le droit de grève, refus de répondre à une demande d’explications dans le respect des délais. Comment qualifier ces manquements et quelles sont les sanctions prévues par les dispositions en la matière ? Doit-on encourager les mouvements illégaux qui ne respectent pas les dispositions légales ? », a-t-il questionné.
Mamadou Zongo
Lefaso.net
Vos réactions (15)
par lili, 6 juin 2024 18:48
Pour un pays en quete de developpement comme le Burkina, il est important de supprimer les agences de recrutement. Ces agences sont une pure arnaque dans le paysage social et professionnel du Burkina.
@Lili, absolument ces sois distants agences sont à supprimer, il n’y a pas fort longtemps ce genre d’agences n’existaient au Faso et les entreprises recrutaient directement le personnel dont elles avaient besoin, là il avait moins de palabre. Ces agences new look ont été importées des pays côtiers.
Tout travailleur a le droit d’exprimer son mécontentement. Nous sommes au 21e siècle.
. Alt à l’injustice et au licenciement abusif !!!
C’est IB qui gouverne.
@Ayii, il ne faut pas tout mélanger, qu’est-ce que cette histoire de IB vient faire ici ?? Ce genre d’agences de "recrutement new look" a été import des pays côtiers bien avant l’avènement de certains, évitez de mélanger tout. L’affaire de IB, il faut regarder seulement, un matin sera un matin, .... On a vu les fameux révolutionnaires non ......, Qui vivra verra, que le Seigneur nous donne longue vie et la santé.
Non Tanga, ne jettez pas le bébé avec l’eau du bain. Ces agences ont des insuffisances certes mais permettent aussi à beaucoup de jeunes diplômés d’acquerir rapidement de l’experience professionnelle qui leur servira à mieux se vendre ailleurs. Autrement ces jeunes seraient au chomage car les entreprises ne les recruteront pas sans experiences. Ce type de boulot c’est à faire tout au plus deux ans.
Lâ où le gouvernement doit veiller c’est les questions de remunerations à ameliorer. Etablir un quota de repartition raisonable du coût global de la prestation entre l’agence et le contractuel, par exemple 50%, 50% ou 40%, 60%.
@Remarque, ce genre d’agence ne devrait pas exister dans un pays pauvre comme le nôtre, c’est mieux que les offreurs d’emplois fasse des annonces directes pour un recrutement direct, employeurs - demandeurs d’emploi, c’est ainsi que nous ont a été recrutés par les sociétés offreuses d’emploi sur le marché dans les années où les "agences new look" n’existaient pas dans ce pays.
Il est impératif que le gouvernement s’investisse dans la suppression de société d’intérim au Burkina. Ce n’est que de l’arnaque pure et simple et des sociétés d’exploitation de l’homme.
DEPUIS FORT LONGTEMPS, J’AI ATTIRE L’ATTENTION DU MINISTRE BASSOLMA BAZIE SUR LA NECESSITE D’INTERDIRE CES SOCIETES D’INTERIM SUR LE TERRITOIRE NATIONAL ! AVEC CES PARASITES,AUCUN JEUNE BURKINABE N’AURA UN C.D.I ! BASTA !
L’usage des sociétés d’intérim répond à un besoin des entreprises et des travailleurs qui y sont employés.
Si une entreprise souhaite employer un travailleur directement, elle en a le droit. Si un chercheur d’emploi ne veut pas travailler pour une société d’intérim, il en a le droit.
Souvent il faut réfléchir avant d’affirmer des inepties sans queux ni tête...
Sans rancune,
Bangbèda !
Ces agences ont été créés sous Blaise COMPAORE avec la bénédiction des pontes du régime. Certains hommes forts du régime de l’époque en ont fait leur fortune ! Oui, il est très facile de recruter un haut diplômé payé 2 millions par mois, le placer dans l’entreprise demandeuse, récupérer son salaire, verser à l’agent entre 25 et 30% s et encaisser le reste tout en sachant que l’employé n’ose rien réclamer sous peine de licenciement immédiat. Dr plus, le circuit est bien maîtrisé si bien que les acteurs du Tribunal du Travail sont déjà mouillés et ne feront rien pour rendre justice à un travailleur spolié par ces Agences. J’espère que le gouvernement fera fermer ces agences et obligera les entreprises à recruter directement leur personnel !
@Citoyen ordinaire, c’est vrai, c’est sous Blaiso que ce genre d’agences est apparue sous nos cieux, ah ces fameux révolutionnaires, ils ont fait plus de mal que de bien à ce pays. Si la révolution du 4 août 83 n’avait pas existé, je pense que ce pays allait mieux évoluer, cette révolution est la source de tous les mots de l’ex Haute Volta.
Bonjour chers tous et toutes.
Que vous alliez bien par la puissance du Saint Esprit.
Nous allons bien par la puissance du Saint Esprit.
Suis entièrement d’accord avec les réactions qui demandent la fermeture des sociétés d’intérim, que j’appelle la sous gérance ou sous traitance.
Si ce système a été bénéfique pour d’autres pays, ce n’est pas le cas pour le Burkina Faso.
Cela fait des travailleurs de vrais esclaves.
Et la plupart des travailleurs qui se plaignent, on leur dira de créer leur entreprise (pour exploiter d’autres travailleurs.).
Aussi, j’avoue que la création d’entreprise est encouragée par l’État.
Toujours est-il que l’État et l’employeur, se partagent la grosse part.
Le travailleur est un esclave.
Non seulement, ils ont de maigre salaire mais avec souvent des arriérés de trois à six mois..
J’ai déjà vu un projet de plan d’affaires d’une
entreprise.
Si on remettait aux travailleurs, le montant déversé à l’État, leurs salaires seront automatiquement doublés.
Maintenant entre l’État, L’Employeur et Salarié, s’il faut encore une société intérim et l’État et l’employeur.
Que deviendra la miette primitive du salarié ?
C’est pour cela que je dis que la citoyenneté n’existe pas au Burkina Faso.
Sinon les mouvements qui prônent la citoyenneté allaient trouver une solution...
Union de prières.