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Burkina / Journée des traditions : « Ce n’est pas seulement sacrifier des poulets, mais plutôt exhumer les valeurs que nous avions », Naaba Saaga, chef d’Issouka

mercredi 15 mai 2024.

 

Le gouvernement burkinabè a institué, chaque 15 mai, une journée de célébration des pratiques coutumières et traditionnelles. Cette décision vise à réaffirmer la laïcité de l’État et à permettre à la religion traditionnelle de retrouver sa place dans la société. Que pense Naaba Saaga 1er, chef d’Issouka, de cette décision du gouvernement ? Nous avons pu le rencontrer pour avoir son opinion sur cette journée qui suscite des appréciations diverses.

Lefaso.net : Le gouvernement burkinabè a décidé d’instituer une Journée des coutumes et des traditions chaque 15 mai. Comment appréciez-vous cette décision ?

Naaba Saaga : C’est une décision plus-que louable parce qu’un arbre sans racines ne peut pas tenir, alors que la tradition et les coutumes sont nos racines. Je félicite le gouvernement d’avoir eu cette clairvoyance en instituant une journée pour nos valeurs traditionnelles et nos coutumes. Je ne peux que saluer cette décision qui est la bienvenue. J’apprécie positivement.

Quels rapports, quel dialogue les religions révélées devraient-elles entretenir avec les religions traditionnelles et les coutumes ?

Au commencement étaient les traditionnalistes. Comme le disent aussi les religions révélées, elles sont venues trouver les traditionnels chez eux et ils ont eu une amitié et une force de conviction de telle sorte que les traditionnels leur ont donné tous les terrains qu’ils ont.

Des terrains pour les catholiques, pour les protestants, pour les musulmans. Ils ont étés donnés par les coutumiers. Pour bien sacraliser cette amitié, les traditionnels sont allés jusqu’à faire des sacrifices et des incantations pour bien protéger ces lieux afin que les nouveaux venus puissent s’installer.

Je pense qu’au départ, c’était cette amitié qui doit perdurer. Je ne pense pas qu’il y ait un seul chemin pour aller à Ouagadougou, comme il n’y a pas un seul chemin pour aller au paradis. Ces religions, qui sont venues trouver les religions traditionnelles, doivent entretenir une amitié afin de parler d’une seule voix pour une seule valeur qui est la paix.

Les traditionnels n’ont pas eu de réticence quand il s’est agi de les accueillir. C’est vrai qu’au départ, ils ne les connaissaient pas, mais ils ont ouvert les portes aux musulmans, aux catholiques, aux protestants. Je pense que c’est un exemple que les traditionnels donnent à ces nouvelles religions afin qu’elles restent ouvertes et accueillantes.

Après la décision d’initier cette journée du 15 mai, certaines voix se sont élevées pour stigmatiser cette décision à travers des posts sur les réseaux sociaux. Quel message avez-vous à leur endroit ?

C’est vrai que tout début est difficile. Moi je mets cela au crédit de ceux qui ne comprennent pas et qui stigmatisent la journée en la réduisant à l’acte d’égorger des poulets. Ce n’est pas cela ; ces personnes n’ont pas compris.

Lorsqu’on dit journée des traditions, ce n’est pas seulement sacrifier des poulets, mais plutôt exhumer les valeurs que nous avions, les valeurs de respect. Aujourd’hui, on crie que les enfants ne respectent pas leurs parents.

Dans les traditions, beaucoup d’enseignements étaient portés au niveau des enfants pour le respect de la chose publique et des parents. Moi je ne condamne personne, mais je trouve qu’il faut prendre le temps de comprendre, de voir avant de se prononcer négativement. Après tout, c’est quand même une décision du chef de l’État qui doit être respectée par tous les Burkinabè. Je ne pense pas qu’il faut porter des jugements.

Mais comme je l’ai dit au départ, ces personnes ne comprennent pas. Comme c’est la première édition, on doit se préparer à tout entendre, mais partons du principe que dans les années à venir, les gens vont comprendre afin de ne pas opposer religions traditionnelles aux religions révélées.

Moi qui suis chef traditionnel, je reçois souvent des gens. Dès qu’ils quittent l’église, la mosquée ou les temples, ils viennent chez nous pour s’adresser à la rivière. Est-ce que c’est mauvais ? La journée des traditions, c’est seulement rendre hommage aux ancêtres. Qui n’a pas d’ancêtres ?

Où est le mal à demander à son ancêtre de veiller sur nous ? Il n’y a pas de mal ! Au contraire, si nous perdons nos racines, nous allons vraiment tomber dans un abîme terrible et moi je félicite vraiment le gouvernement. Je trouve que les uns et les autres ne doivent pas s’emporter à travers les réseaux sociaux. Travaillons pour ce qui nous unit plus et rejetons tout ce qui nous divise.

Vous êtes chef traditionnel très actif, ancien séminariste et catholique pratiquant ; comment conciliez-vous tout cela ?

C’est bien simple : avant d’être catholique, je suis né à Issouka et je suis un Yaméogo d’Issouka. Je ne serai jamais un Ouédraogo ni un Dupont ; je serai toujours un de chez moi. Mais concernant la religion, je suis ancien séminariste, j’ai passé une douzaine d’années de ma vie avec les Camilliens à Ouagadougou.

Je voulais être prêtre pour m’occuper des malades et quand je suis devenu chef, c’est vrai qu’au départ ceux-là même qui ne comprenaient pas pensaient que devenir chef signifiait repartir égorger des poulets ou faire des sacrifices. Ce n’est pas ça du tout.

Ceux qui me suivent ont dû faire le constat que chaque année, j’organise la fête du Nabasga le samedi durant lequel j’invoque les ancêtres qui sont au bord du Boulkiemdé de protéger Issouka, Koudougou, le Burkina Faso. Et le lendemain, je demande une messe à l’église.

C’est pour dire que les deux vont ensemble et donnent du bon fruit. C’est comme un manguier : si vous le greffez, les fruits deviennent d’abord gros, ensuite succulents. Donc moi je suis fier d’être catholique et je suis fier d’être chef traditionnel et de veiller à ce que les valeurs que nos ancêtres nous ont léguées puissent être perpétuées de génération en génération.

C’est mon rôle en tant que chef, mais cela ne m’empêche pas d’aller à l’église. Quand je suis aux États-Unis et que je trouve même si c’est un temple protestant, j’entre parce que c’est le même Dieu. Je suis déjà entré dans des mosquées ; pour moi, tout ça c’est un peu des voies qui nous mènent à la capitale qu’on appelle le paradis. Est-ce que les chefs traditionnels ont déjà égorgé une poule en disant que les ancêtres maudissent la ville ? Jamais.

D’ailleurs, c’est un peu très symbolique et nous devons nous demander comment se fait-il que dans les religions révélées utilisent de l’eau et du sang pour parler à Dieu, et nous les traditionnels aussi utilisons de l’eau et du sang pour les sacrifices. Penser quand même qu’il existe un Dieu unique qui a inspiré cela. L’essentiel c’est d’être droit pour chercher la paix, la vraie paix pour tous.

Donc vous voyez : en tant que séminariste, moi je suis très fier car je reçois tout le monde ici. J’ai reçu le nonce apostolique, j’ai reçu des prêtres, des évêques, des cheiks, j’ai reçu des pasteurs protestants. C’est la maison de tout le monde, donc désormais le jour du 15 mai doit être respecté par tous les Burkinabè. Personne ne doit être forcé d’aller prier. L’essentiel, c’est de prier en toute vérité.

Vous êtes auteur de plusieurs initiatives de revalorisation de nos valeurs traditionnelles. Qu’est-ce qui explique votre engagement ?

Je vais vous parler de manière pratique. C’est grâce à ces valeurs traditionnelles que j’ai pu, avec un groupe de chefs, contribuer positivement à ramener une certaine paix au niveau de Koudougou, que ce soit au niveau de l’université ou que ce soit même au niveau de la ville. Je trouve qu’en tant que chef, je dois tout faire pour qu’il y ait la paix.

La paix est fragile ; moi-même qui parle, je peux être auteur de trouble puisse que l’homme, il est bon et mauvais à la fois. Il faut donc travailler à ce que le bon domine le mauvais. Pour ce qui est de l’engagement, j’ai dit que les traditions pouvaient aider et je vois concrètement que les traditions aident à Koudougou.

Les élèves viennent, ils visitent le musée, ils s’entretiennent avec moi pendant une heure, ils respectent le drapeau avant d’entrer dans le musée. (…) Ils savent que je n’appartiens à aucun parti politique. Je le répète, je ne fais pas de politique et je pense que les chefs doivent avoir une autre place que dans les tribunes politiques. C’est ça qui fait que les jeunes nous écoutent à Koudougou, nous en tant que Song-Naam, pour que tout ce que nous faisons comme engagement puisse porter du fruit. Nous aussi, nous faisons attention.

On ne s’engage pas pour n’importe quoi à Koudougou. On s’engage pour des choses de valeur. Par exemple, on s’est engagé pour que Faso Fani ne quitte pas Koudougou. Dieu merci, Faso Fani s’est installé à Kougssin, non loin de Koudougou. Je pourrai en citer plus. À chaque fois qu’il y a nécessité, nous élevons la voix sans blesser personne, sans attaquer personne, mais en demandant à chacun de rester sur la voie de la vérité, la voie de l’unité, la voie qui consolide.

C’est ça le but de mon engagement. Je pense que la valeur de ma vie c’est cela. J’ai dépassé vingt ans ; ce qui reste, je dois le mettre au service de la paix à Koudougou, de la paix au Burkina et au service de l’épanouissement de la jeunesse. C’est un peu pour ça que je suis très engagé.

Je n’ai pas tellement de mérite ; moi j’ai eu la chance d’être allé au séminaire, de faire des universités, d’étudier en Europe ; tout ça, se sont des bagages que j’ai qui me permettent de ne pas les garder jalousement cachés, mais de les mettre au service de la population. Voilà un peu mon engagement. Sinon je ne fais pas parce que je suis un super-chef ; ce n’est pas ça du tout ! Je le fais parce que j’ai reçu beaucoup et je dois donner. Je dois donner à travers Song-Naam, je dois donner à travers vous, les journalistes.

Parmi ces initiatives, il y a le musée ; comment se porte-t-il ?

Le musée se porte très bien. On est plus-que satisfait parce qu’au départ, quand j’ai initié le musée, certaines personnes de mon entourage se sont opposées parce qu’ils n’en voyaient pas l’utilité. Elles ont tenté de me décourager mais elles ne savaient pas ce qui était dans mon esprit.

Certains même ont dit qu’au lieu de construire des villas ou des célibatoriums, je mets un musée ici. Le temps passant, vous voyez qu’aujourd’hui à Koudougou, au Burkina, il fait partie des musées les plus visités. En 2019, nous étions le premier musée le plus visité et ça continue. Aujourd’hui, nous sommes dans les deuxièmes.

C’est un musée qui est appelé à grandir et je suis en train de chercher des partenaires pour que nous puissions l’agrandir, parce que je me suis rendu compte que la jeunesse aime la culture et c’est nous qui ne savons pas leur présenter notre culture. La jeunesse se révolte de nous voir sur des tribunes qui ne sont pas les nôtres. Vous voyez ce musée ? Il est petit, mais il reçoit.

La preuve en est que hier soir, j’ai reçu le Rotary club international et la dernière fois, c’était la Chambre de commerce. Je ne pourrai pas vous citer tous les gens qui viennent visiter le musée. Il y a des ambassadeurs qui viennent puisque c’est un endroit diplomatique. Je passe par là pour parler du bien du Burkina, pour plaider en faveur du Burkina, en faveur de la sécurité du pays.

Parce que je demande à ceux qui viennent ici de s’impliquer honnêtement pour que nous puissions retrouver la paix et afin que eux-mêmes ils vivent tranquilles au Burkina comme nous. J’ai crié et j’ai dit que ce n’est pas normal que l’on décrète que notre pays est en rouge. Aucun pays n’est en rouge et aucun en blanc. Le musée me sert à aider, à recevoir et accueillir les jeunes ensuite les étudiants, les anciens, les ambassadeurs et toutes les structures.

Vous avez aussi lancé une association des chefs traditionnels. Quels sont ses objectifs et comment fonctionne-t-elle ?

L’association s’appelle Song-Naam, ce qui veut dire « aider la chefferie ». C’est-à-dire accompagner la chefferie comme je vous le dis depuis le départ. Ma peine est de voir des chefs qui se trouvent à des endroits qui ne sont pas les leurs. Alors, j’ai pensé et je me suis rendu compte que si on organise les chefs, peut-être pouvons-nous obtenir quelque chose de bien. Cette organisation a beaucoup aidé Koudougou, car je me rappelle qu’il y a eu des crises et ça brûlait à Koudougou.

C’était notre association, puisqu’elle est apolitique, qui a essayé d’intervenir pour ramener le calme et faire des réalisations. Vous avez été témoins de la place Maurice-Yaméogo que nous avons réhabilitée. C’est grâce à l’association qui a demandé l’accompagnement des bonnes volontés comme le président de la Chambre de commerce, comme certains opérateurs économiques.

Et quand nous demandons, ils nous écoutent parce qu’ils savent que nous sommes neutres. Nous ne sommes pas non plus là pour attendre des enveloppes qui amènent souvent des compromissions. Donc Song-Naam essaie de travailler dans ce sens. Même certains problèmes de terrains à Koudougou, nous avons contribué à régler.

La dernière fois, on a pris la parole pour dire non à la vente d’une partie du palais de Maurice Yaméogo, et on a eu le courage de le dire parce que c’est notre patrimoine, c’est notre richesse ; la seule richesse que Maurice nous a laissée après l’indépendance. De quel droit voulez-vous vendre le terrain pendant que sa tombe s’y trouve ?

Grâce à Song-Naam, nous avons amené le Nabasga à Koudougou, parce que Koudougou ne peut pas rester en marge de la tradition nationale. J’ai commencé modestement, ensuite les chefs de Burkina (quartier de Koudougou) et de Zakin ont continué, afin que chacun interpelle ses ancêtres.

Vous avez, parmi vos ministres, une femme. Pourquoi un tel choix et comment la population a-t-elle accueilli la nomination d’une femme comme cheffe traditionnelle ?

La tradition n’est pas opposée à la femme. La preuve est que quand on chante les louanges d’un chef, c’est le nom sa mère qu’on cite. Même quand vous chantez les louanges du Moogho Naaba, on cite la femme d’abord. C’est pour dire que le moaga respecte plus la femme que les autres ne le pensent.

Avant d’être intronisé, il faut que tu ais été vraiment le fils digne de la femme reconnue par les traditions. Sinon un fils que tu as eu dehors en t’amusant ne peut pas être chef et ne doit même pas être chef. (…) Si nous faisons le Nabasga aujourd’hui, c’est parce que Naaba Woubri a eu un respect pour sa mère (…). Aussi, même notre Fespaco, le grand Etalon c’est qui ? C’est Yennenga !

Alors moi je me suis dit, il faudrait que je valorise cette perception, ce vécu solide du peuple moaga envers la femme. La deuxième raison, lorsque j’ai été intronisé nouvellement, on me présentait un paquet de problèmes et dans ce paquet, il y avait des problèmes qui concernaient les femmes. Dans le conseil, il n’y avait pas de femme.

Pourtant je suis à Ouagadougou, je ne suis pas ici, je suis un enfant. Et vous voulez que je décide comme ça… Ce n’est pas normal ; trouvons une femme qui va faire partie du conseil. Au moins, quand il y aura une délibération concernant les femmes, elle pourra décider. J’ai commencé ainsi. Au départ c’était difficile, il fallait aller par étape et ensuite je leur ai dit que si elle peut siéger, donnons-lui le bonnet afin qu’elle s’occupe de sa zone et ça va valoriser la chefferie.

Je pense que dans l’histoire, quand on parle de Pougtouèga, quand on dit que les gris-gris sont à Ouahigouya, tout cela est passé par une femme. Au départ, ce n’était pas du gagné, mais maintenant ça commence à être positif puisqu’à travers cette femme, j’ai eu des écoles réfectionnées et construites même ; aussi des centres de santé.

Est-ce que ce n’est pas mieux comme ça qu’elle porte le bonnet pour apporter du bonheur aux populations que de la laisser dehors comme une servante ? Peut-être que je me trompe, mais elle ne m’a pas montré que je me suis trompé. Et je suis très fier de l’avoir fait. Il y a même des chefs qui ont commencé à m’approcher pour voir s’ils ne vont pas faire pareil chez eux.

On peut noter dans vos initiatives comme une volonté de conjuguer tradition et modernité. Est-ce possible et comment ?

C’est très possible, la preuve c’est que je le fais. Vous savez, le christianisme s’est inspiré de la tradition des Juifs. Si tu vas à la messe, la première lecture est tirée souvent de la bible, et la bible c’est le vécu des Juifs avant Jésus-Christ. Donc c’était leur tradition et quand Jésus est venu, il a dit qu’il n’est pas venu pour casser ni briser, mais plutôt pour améliorer, pour perfectionner.

Il a été très intelligent, ce Jésus ! Il a même dit : « À César ce qui est César ». Après lui, Mohamed est venu… Et même la Tabaski, c’est de la bible que cela est tiré. Moi en tant que chef et catholique, je trouve que ça fonctionne très bien ensemble. Cela m’aide à être un bon catholique, puisque les valeurs fondamentales de la tradition que nous avons m’aident à être un bon catholique.

Je suis fier d’être catholique et je suis fier de comprendre la religion traditionnelle. Il faut faire la différence, car ceux qui font les sacrifices ne se sont pas les chefs mais plutôt les coutumiers qui sont les prêtres qui égorgent sur les autels de la communauté. Mais quand ils égorgent, je mange. C’est comme quand je vais à la messe ; la communion, je la prends. Je demande à Dieu d’aider son peuple afin que nous puissions nous comprendre.

Rappelons-nous que celui qui refuse de s’ouvrir, s’étiole et meurt. Moi je ne veux pas mourir et je ne veux pas que les gens meurent. S’ils peuvent être de bons traditionnels et de bons musulmans, Dieu merci. Mais ne ramenons pas cela à simplement égorger des poulets ; cela vient après. Je pense que ça va très bien. J’ai des amis musulmans, des amis protestants. Par exemple, vous êtes catholique et vous rencontrez une fille qui vous plaît.

Ce n’est pas sa religion qui est d’abord le problème, mais c’est après ample connaissance que vous allez vous intéresser à sa religion. Souvent, nous avons des mariages mixtes qui marchent bien. N’ayons pas peur et avançons, car ce qui arrive ce n’est pas pour mettre dans la poubelle les catholiques, ni les musulmans ou encore les protestants.

C’est pour qu’ensemble ils puissent construire. Dans la tradition, on ne faisait la guerre que pour aller chercher des femmes ou pour aller chercher des terres. Mais aujourd’hui, l’argent a tout pris à tel point que l’argent est la quatrième religion. Le 15 mai, que chacun fasse ce qu’il doit faire. Ceux qui peuvent aller voir, qu’ils aillent voir ; il y aura des danses, des manifestations, des contes. C’est ça la journée du 15 mai.

À Koudougou, qu’est-ce-qui est prévu ce 15-Mai ?

Parlant du 15-Mai, nous, les chefs traditionnels de Song-Naam, nous sommes allés voir les chefs de terre à Dapoya et à Poalgo, et ils vont se retrouver à côté de la maison de Norbert Zongo le 15 (mai) pour les sacrifices et les incantations ; et chacun sait ce qu’il doit faire.

Après là-bas, chacun va repartir dans son foyer. Mon message s’adresse d’abord aux chefs : que nous soyons des exemples par notre vie, dans notre comportement. Comme ça, nous pourrons rallier toute la communauté à nous. Ensuite, je m’adresse aux jeunes et aux enfants. J’aimerais que les enfants puissent venir nombreux ce jour voir, regarder et apprendre.

Je m’adresse maintenant aux autorités administratives qui sont à Koudougou : qu’elles trouvent le temps de venir assister à cette manifestation sur laquelle on se base pour les appuyer dans leur gouvernance de la ville et de la région. Je demande aux médias d’aider à sensibiliser et à calmer les ardeurs de ceux qui ne comprennent pas, et que ce qu’ils diffusent soit constructif et non pas division.

Je demande aux ancêtres de bénir Koudougou, de bénir tous ceux qui y travaillent, de bénir le Burkina Faso et la région.

Propos recueillis par Prince Omar
Koudougou
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