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Litige foncier à Yikoudin : Le chef de terre exige que s’arrête l’accaparement illicite des terres et des lieux sacrés

Lefaso.net
dimanche 6 novembre 2022.

 

Face à la presse ce samedi 5 novembre 2022, le chef de terre de Yikoudin, Dominique Kaboré, est monté au créneau pour exiger que cesse la vente des terres dans sa localité. Le chef coutumier accuse l’ex-maire de l’arrondissement 4 de Ouagadougou, Zakaria Sawadogo, d’avoir vendu illégalement un terrain d’environ 30 hectares à Yikoudin.

Sous un grand arbre, entouré des habitants de Yikoudin, le visage complètement froissé du chef de terre Dominique Kaboré en dit long sur son ressenti, face à l’accaparement des terres et des lieux sacrés de la localité. Ce samedi 5 novembre 2022, il a convoqué les journalistes pour leur expliquer les tenants et les aboutissants du différend qui oppose les habitants de Yikoudin à l’ex-maire de l’arrondissement 4 de Ouagadougou, Zakaria Sawadogo.

Les habitants de Yikoudin réunis dans la cour du chef de terre.

Selon les explications du chef coutumier, le litige porte sur un terrain d’environ 30 hectares qui a été morcelé et vendu par Zakaria Sawadogo, à 500 millions de F CFA. Pourtant, poursuit-il, la terre ne peut être vendue, même par les chefs de terre. « Nous, ici à Yikoudin, nous respectons toujours les coutumes. Moi qui suis assis et qui vous parle, si je prends un centime de cette terre, je ne verrai pas le lever du soleil. Nous ne nous basons pas sur la terre pour devenir riches », a déclaré Dominique Kaboré.

Le chef de terre, Dominique Kaboré, a fait le tour des 30ha pieds nus avec les journalistes, pour leur montrer les terrains litigieux

Pour comprendre toute cette histoire, il faut remonter à 2011. Le maire d’alors, Zakaria Sawadogo, avait vendu de manière illicite, affirment les conférenciers, un terrain à la société immobilière Abdoul Service. Après s’être renseigné sur l’état des terres, Abdoul Service aurait rétrocédé le terrain à un Chinois. Face à la farouche opposition de Dominique Kaboré, qui se réclame propriétaire de ce terrain familial qui est hors de la zone de lotissement et a toujours servi de champ de cultures, le Chinois s’est ravisé et a abandonné toute idée d’y ériger une construction.

Le mur de la construction abandonnée par Idrissa Barry.

Alors que les habitants de Yikoudin avaient repris l’exploitation de ces terres, le 14 août 2019, un bulldozer a rasé l’espace qui contenait déjà des pousses. Ensuite, Dominique Kaboré apprend que ses terres ont été vendues et que le nouveau propriétaire serait Idrissa Barry. N’eût été l’intervention de l’actuel maire Anatole Bonkoungou pour calmer les ardeurs, des violences auraient résulté de cette situation. Après avoir assigné en justice Dominique Kaboré, Idrissa Barry a érigé des murs sur le terrain, mais n’a pas fini de construire.

Des explications du chef de terre, cette zone bondée d’arbres est un lieu sacré

Et pour couronner le tout, les acheteurs de ces terres que seraient Moussa Koanda, Rémi Ki, Kaniss et Zakaria Sawadogo, veulent régulariser les papiers de leurs terrains, alors qu’ils englobent les habitations des populations, celles du chef de terre et certains lieux sacrés. Dominique Kaboré espère que les agissements de ces personnes "qui veulent s’enrichir sur le dos des populations" s’arrêteront, pour qu’il n’y ait pas de travers.

Erwan Compaoré
Lefaso.net



Vos commentaires

  • Le 6 novembre 2022 à 09:41, par TANGA En réponse à : Litige foncier à Yikoudin : Le chef de terre exige que s’arrête l’accaparement illicite des terres et des lieux sacrés

    On ne peut pas comprendre les Burkinabè.
    Voilà qu’il y a des problèmes au Burkina et on demande aux traditionalistes de monter au créneau.
    Pourtant ces traditionalistes n’iront jamais chez quelqu’un d’autre pour invoquer les ancetres ; ils font à des lieux indiqués dans leur milieux de vie.
    MAINTENANT VOUS BRADEZ CES LIEUX OÙ LES TRADITIONNALISTES FONT LEURS RITUELS.
    Qu’est ce que vous voulez que ces dernier puissent faire ?
    Il est temps d’arrêter ces bêtises et aussi de corriger celles passées.

  • Le 6 novembre 2022 à 10:57, par Arsène Olivier En réponse à : Litige foncier à Yikoudin : Le chef de terre exige que s’arrête l’accaparement illicite des terres et des lieux sacrés

    Où allons -nous avec ces litiges fonciers à n’en pas finir ? En ville comme en campagne on brade les terres ancestrales sans se soucier de ce que seront les enfants et petits enfants...Souvent pour aller se shooter dans les liqueurdrômes et autres lieux douteux. Que Dieu nous sauve !

  • Le 6 novembre 2022 à 13:09, par Passakziri En réponse à : Litige foncier à Yikoudin : Le chef de terre exige que s’arrête l’accaparement illicite des terres et des lieux sacrés

    De toutes les facons, tous ceux qui se sont succédés, à l’exception de Me Sankara qui semblait avoir pris le problème au sérieux minimisent le problème foncier, alors que c est la prochaine bombe qui risque de nous sécouer. La question est juste quand explosera t-elle ? Il faut certe rendre possible l’exploitation des terres par ceux qui le veulent et le peuvent, mais sans créer une situation où une bonne partie de burkinabé par les agisements d’un groupiscule risque de se retrouversans le minimum, c’est _à dire un lopin de terre cultivable et un morceau pour y érriger une modeste concession et y vivre en dignité. Les parcelles ne sont pas ici la priorité mais ces terres cultivables et la dignité de tout citoyen.
    Pour sortir de ce cycle infernal d’accaparation des terres, il faudra :purement et simplement criminaliser l’attribution de parcelles par des particuliers et instaurer le système de bail pour l’exploitation des terres. Par exemple, l’investisseur x peut aulieu d’acheter les terres, entrer en contrat avec l’état et les personnes auxquelles les terres appartiennent traditionellement pour une exploitation à durée bien definie, par exemple 5, 20, 25 ans ou même 100 ans si les investissements atteignent un certain montant ( par exemple 200 milliards), créent iun certain nombre d#emplois décents et déclarés à la caisse ( par exemple 1000). Si par contre l’investisseur ne respecte pas les clauses et que dans un délai de 2 ou 5 ans par exemple les conditions ne sont pas respectées, alors le contrat est annulé à ses dépens. C’est à mon avis une possibilité de permettre d’un côté les investissemnts, la création d’emplois et de stopper la boulimie des dealers de terres qui parlent de promotion immobilières alors qu’ils ne font que spéculer sur les terres qu’ils se contentent de remorceler et de revendre en parcelles.
    Aux villagéois, j’aimerais dire de bien fouiller parmis eux, quelqu’un est complice ; Quelqu’un a empoché quelque chose. Si les ancêtres ne l’ont pas déja puni, vous le débusquerez sûrement.

    Passakziri

  • Le 6 novembre 2022 à 15:29, par Internaute En réponse à : Litige foncier à Yikoudin : Le chef de terre exige que s’arrête l’accaparement illicite des terres et des lieux sacrés

    Qu’est ce que les ancêtres peuvent bien faire dans leur tombe ? Il faut que l’état agisse pour mettre fin à ces accaparement illégaux de terre. Il faut faire ressortir le discours de Thomas Sankara où il mettait en garde les voleurs de terre, les spéculateurs. Aujourd’hui, c’est la cour du chef de terre qui est vendue. Un jour quelqu’un va vendre la cour du chef du village ou le palais présidentiel Kossyam.

  • Le 6 novembre 2022 à 21:49, par Ka En réponse à : Litige foncier à Yikoudin : Le chef de terre exige que s’arrête l’accaparement illicite des terres et des lieux sacrés

    ’’’’’’’’’’’’A’’’’’’’’’ TANGA tu dis : ’’On ne peut pas comprendre les Burkinabè.
    Voilà qu’il y a des problèmes au Burkina et on demande aux traditionalistes de monter au créneau.
    Pourtant ces traditionalistes n’iront jamais chez quelqu’un d’autre pour invoquer les ancêtres ; ils font à des lieux indiqués dans leurs milieux de vie.
    MAINTENANT VOUS BRADEZ CES LIEUX OÙ LES TRADITIONNALISTES FONT LEURS RITUELS. Qu’est-ce que vous voulez que ces dernier puissent faire ?.’’

    Merci pour ta bonne question. Et comme je ne cesse de le répéter dans ce forum : ’’’’’’ Notre culture est la seule valeur pour identifier notre peuple. Et ceux qui sont les porteurs de ses valeurs culturels sont nos chefs coutumiers, dont leurs continuités des coutumes de l’ancêtre au grand-père, allant au père en fils, restent une référencé de notre jeune démocratie qui cherche son vrai chemin.’’’’’ Malheureusement TANGA, beaucoup de jeunes chefs coutumiers bafouent nos continuités des coutumes, et cette banalisation de ce qui nous a laissé nos ancêtres comme héritage commence à se perdre totalement comme hypothéquer les terres sacrées d’un village a des pilleurs de tombes ou de recevoir des miettes pour arrondir les ventres comme ça se passe Yikoudin et partout a ailleurs au Burkina.

    C’est en connaissance de cause que j’interviens ici avec ma petite contribution même si demain matin de bonheur j’irai récolté le mil de mon petit champ qui a bien donné dont je me bagarre avec les oiseaux qui veulent leur part. Je dis en connaisse de cause car, un exemple venant du boulkiemdé dont la vrais chefferie instauré par les descendants de Koutou a ne cité que Bebéga et de Bebegbilé allant tout récemment avec le Naaba Tigré de Lalé qui a régné avec sagesse dans la région dont le vieux Houphouët a séjourner dans sa cours a Koudougou en tant que roi des Baoulés, cette puissante chefferie a été confié à un élève sans expérience et sans repère de nos continuités des coutumes, dont cette puissante chefferie de Lalé se meurt a petit feu, car, je sais que cet élève ne sait même pas ou se trouve la terre sacrée de ses ancêtres.

    Oui il faut que nous trouvions un vrais créneaux pour refaire vivre nos continuités des coutumes pour une démocratie bien enracinée et indivisible qui pourra être même les racines d’éradication du terrorisme et la réconciliation nationale.

    Et comme je le dis souvent : A l’image d’autres civilisations, notre culture contient beaucoup d’aspects positifs : Nous ne perdons absolument rien à supprimer ce qui déshumanise nos comportements pour renforcer les aspects positifs. Refuser cette façon de voir les choses revient tout simplement à dire que nous sommes dans la perfection et que nos coutumes sont parfaites. Mais comment notre vie peut-elle être parfaite alors que par définition l’être humain est l’expression même de l’imperfection ?

    Conclusion Internaute TANGA. Encore une fois merci de ta Belle analyse, impartiale et simplement citoyenne. Et pour répondre a ta question, je dirai seulement ‘’’que faute d’une institution de régulation sociale, comme il en existait dans nos sociétés traditionnelles." Nos sociétés traditionnelles ne sont pas encore mortes, elles vivent, dictent nos réflexions et comportements, et elles sont un réservoir de sagesse encore utilisable pour redresser la barre de nos errements et de la mauvaise imitation du modèle occidental. Organisons un concours national pour faire appel de propositions d’amélioration de notre démocratie sur la base des principes transversaux des différentes sociétés traditionnelles, je parie que nous serions agréablement surpris. Un peuple en soi, renferme l’intelligence du grand nombre. Ce sont nos dirigeants qui doivent interroger leur aptitude à le diriger. Ce sont des petits politiciens aux petits pieds qui sont venus opposer les peuples surtout manipuler nos chefs coutumiers avec des miettes pour qu’ils rejettent nos continuités des coutumes.

    • Le 7 novembre 2022 à 14:37, par Peter En réponse à : Litige foncier à Yikoudin : Le chef de terre exige que s’arrête l’accaparement illicite des terres et des lieux sacrés

      Bonjour Monsieur ka. Vous dites "beaucoup de jeunes chefs coutumiers bafouent nos continuités des coutumes, et cette banalisation de ce qui nous a laissé nos ancêtres comme héritage commence à se perdre totalement comme hypothéquer les terres sacrées d’un village a des pilleurs de tombes ou de recevoir des miettes pour arrondir les ventres comme ça se passe Yikoudin et partout a ailleurs au Burkina." Et vous ajoutez que " je parle en connaissance de cause". Si cela était vrai, vous ne parleriez pas d’un chef de terre (un Tengsoba) comme un chef de village. Un chef de village peut vendre ou troquer de la terre mais pas un tengsoba. De plus vous ne connaissez pas la personne du chef de terre, snon vous ne diriez pas qu’il est capable d’hypothéquer la terre pour recevoir des miettes pour arrondir son ventre. Si vous parliez de pratique courante, vous ne diriez pas que "comme ça se passe Yikoudin". Mais ça m’étonnerais que vous connaissiez le chef de terre en question.

  • Le 7 novembre 2022 à 05:31, par HUG En réponse à : Litige foncier à Yikoudin : Le chef de terre exige que s’arrête l’accaparement illicite des terres et des lieux sacrés

    En 6 années de regne du mpp, les societés immobilieres se sont créées comme des champions. Ces societés ont presque multiplîées leur nombre par 100 voire plus sous la gouvernance mouta mouta de ce ancien nouveau pouvoir ou les tenors ont etê moules par un certain homme fort qui a fuit ouagadougou en plein 11 heures.Qu est ce que le mpp a apporte aux burkinabes ? La solution etait devenue un veritable probleme pour les Burkinabes.Ah, ce pouvoir a ete le pire regime que le pays n a jamais connu.

  • Le 7 novembre 2022 à 08:09, par RAZOUGOU En réponse à : Litige foncier à Yikoudin : Le chef de terre exige que s’arrête l’accaparement illicite des terres et des lieux sacrés

    Le problème lié à la spéculation foncière est très facile a resoudre. Malheureusement c’est ceux qui sont chargés de prendre les decisions au nom de nous tous qui sont les premiers beneficiaiaires de ce ""bordel’’.
    Comme solution, il faut appliquer les textes dans toute leurs rigueurs : Tu a acquis un terrain pour telle ou telle activité. La loi te donne un delai pour la mise en oeuvre. Si tu n’arrives pas respecter ce delai, on te retire le terrain ; c’est très simple. C’est valable pour les terrains d’habitation où la loi prévoit 05 ans pour la mise en valeur.