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Incivisme en circulation à Ouagadougou : Dommage que nous ayons contraint les autorités à bander du muscle

jeudi 25 août 2016.

 

Les actes d’incivisme dans la circulation routière au « Pays des Hommes Intègres », qui devenaient de plus en plus récurrents et gravissimes, ont contraint les autorités à bander du muscle. En effet, on constate un impressionnant dispositif de sécurité d’hommes en tenue, positionnés dans les différents carrefours et voies sensibles de la capitale et dont certains sont fortement armés. Fallait-il forcément en arriver là pour que les citoyens que nous sommes respectent le code de la route ?

Le non-respect du code de la route et de la signalisation routière était devenu une grande source d’insécurité pour les usagers de la route. En témoignent les multiples infractions graves commises par certains usagers ces derniers temps, même sur des agents qui réglementaient la circulation. Et pour aggraver davantage leur cas, ces inconscients de la route une fois leur acte posé, font tout bonnement dans le délit de fuite. Quel manque total de responsabilité et quelle honte !

On se rappelle encore de ce brave policier mortellement fauché par un taxi moto. Alors que le conducteur a pris la fuite après son forfait, l’agent de police est décédé à la suite de ses blessures. Laissant derrière lui une veuve inconsolable et un enfant de bas âge. Tout récemment encore, il y a eu le cas de ce policier qu’un autre usager de la voie publique trainait sur le capot de son véhicule comme dans un film policier, avant de le balancer et prendre la fuite. Nous nous en tenons à ces deux cas.

Les statistiques indiquent que le nombre de Ouagalais qui perdent la vie du fait d’un accident de la circulation est impressionnant. Un petit tour au niveau des services d’urgence ou de traumatologie surtout peut convaincre ceux d’entre nous qui seraient encore sceptiques.

Les autorités avaient prévenu que des mesures fortes seraient prises pour mettre fin à cet incivisme ambiant dans la circulation routière. Eh bien, on y est donc ! En plus de certaines contraventions dont le non-respect des feux tricolores, outrages à agent dans l’exercice de ses fonctions et bien d’autres, qui ont vu les amendes augmenter de même que la durée de retrait des véhicules saisis prolongée, on remarque actuellement cette forte présence policière dissuasive dans presque tous les secteurs de la capitale.

A deux, trois ou quatre par feu tricolore ; certains armés de pistolet ou de kalachnikov, les agents de sécurité veillent au grain. Ils ne laissent aucune chance de poursuivre leur chemin à ceux qui ne marquent pas l’arrêt obligatoire aux panneaux de stop ou aux feux rouges. Avec courtoisie mais fermeté, ils saisissent les véhicules des contrevenants sans aucune possibilité de négociation.

Une présence qui rassure et oblige les récalcitrants à revoir leur copie

Le système mis en place semble avoir été bien pensé et conçu pour éviter les cas de fuite. En effet,le fuyard qui pensera avoir semé les premiers agents, rencontrera d’autres éléments positionnés et armés devant lui. Il n’aura donc plus que ses yeux pour pleurer et regretter son acte.

Si pour faire régner l’ordre et la discipline, il n’y a pas de coût, avouons que c’est bien dommage et triste que les autorités soient obligées d’en arriver là. En effet, tous ces éléments déployés pouvaient servir à autre chose et notamment dans la lutte contre la délinquance et le grand banditisme, sans oublier ce que ce déploiement représente en termes de coût financier pour le trésor public. En comptant au moins deux éléments par feu tricolore donc au moins huit par carrefour, on se rend compte que les moyens matériels et financiers à mettre en œuvre sont tout aussi énormes. Par la faute des citoyens que nous sommes censés être.

Et dire que dans certains pays voisins, la discipline est telle qu’on n’a pas besoin de poster des agents publics pour règlementer la circulation routière. Sauf dans des cas exceptionnels lorsque les feux ne fonctionnent pas du fait de délestage par exemple. Ici au Faso, nous tentons d’écraser même ceux-là qui sont chargés de veiller à notre sécurité.

C’est le lieu ici de saluer toutes ces structures qui ont leurs agents impliqués dans la régulation de la circulation routière. Certaines d’entre elles ont l’imagination fertile. En effet, des messages du genre « seuls les inconscients brûlent les feux tricolores » ou « vaut mieux perdre une minute qu’une vie », en évidence au niveau de certains feux tricolores, rappellent à la prudence beaucoup d’usagers.

Il faut donc aussi poursuivre la sensibilisation car on ne pourra jamais mettre des policiers à toutes les intersections de la ville de Ouagadougou ou ailleurs. De même, nous devons chacun être une sentinelle dans la circulation routière, en montrant aux récalcitrants de la circulation que nous avons les yeux sur eux et que nous sommes solidaires des actions des forces de sécurité. En effet, certains face aux regards désapprobateurs des autres marquent les arrêts nécessaires, alors que leur première intention manifeste était de passer.

C’est ensemble que nous pourrons retrouver la quiétude dans la circulation routière. Sinon, nous sommes tous de potentiels victimes des « Je m’en fous du code de la route ».

Angelin Dabiré
Lefaso.net



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