
Plan International pour l’amélioration des conditions économiques des ménages : PROMOTION DE L’EPARGNE ET DU CREDIT VILLAGEOIS PARMI LES FEMMESDepuis l’année 2007, Plan International Burkina Faso met en œuvre un projet d’épargne et de crédit villageois à l’intention des femmes dans les régions du Centre-Est, du Centre-Nord et du Sud-Ouest. L’initiative qui a débuté timidement dans la commune de Tougouri, province du Namentenga avec une centaine de groupes de 20 à 30 femmes est en train de devenir un véritable phénomène de mobilisation communautaire. En ce mois de juin 2015, on compte 3577 groupes avec 75.896 femmes membres. En une année, et avec des sommes modiques, elles ont épargné en tout 752.849.670 F(CFA) et réalisé un bénéfice net de 185.161.551F sur cette épargne. La somme a été partagée entre les membres des groupes. Sur une place ombragée du village de Nakamba, province du Kourittenga, le 6 juin dernier, une grande assistance est mobilisée pour suivre un partage de gains organisé par 8 groupes de femmes engagées dans les activités d’épargne et de crédit villageois. Elles avaient choisi comme parrain de leur cérémonie de partage, le professeur Gabriel Wango, natif du village.
L’ensemble des prêts qu’elle a contractés s’élève à 100.000F, une somme qu’elle a utilisée pour acheter et revendre du pain et de l’igname bouillie dans les marchés de son village et aux environs, et aussi à acheter et stocker puis revendre des céréales : « J’ai en économie 50.000F dérivés des bénéfices des ventes. Mais ce que j’ai dépensé au quotidien sur ces mêmes bénéfices, je ne l’ai pas vraiment comptabilisé. Tout ce que je puis dire, c’est que j’ai nourri et vêtu mes 6 enfants, assuré les frais de scolarité et de fournitures de ceux qui vont à l’école, soigné mon premier fils malade. J’ai remboursé la somme empruntée ainsi que les intérêts au groupe ».
A Balgo Zaocé, dans la commune de Gounghin toujours dans la province du Kourittenga, deux jours auparavant, 6 groupes comptant 149 membres avaient aussi partagé leurs gains cumulés à 2.025 000 FCFA. Les hommes ont pris d’assaut leur rencontre de partage, qui par curiosité, qui par admiration, pour célébrer avec les femmes, la victoire qu’elles sont en train de gagner dans leur lutte contre la pauvreté, sur modestes fonds propres. Individuellement, les hommes ont apporté chacun une contribution : 50F, 200F, 1000F, 2000F, 5000F, 10000F, 25000F. Le Représentant des époux, Kima Rakiswendé se réjouit : « Cette activité des femmes bénéficie à nos familles, et nous, époux, tirons profit également ; elles nous épargnent certaines charges ; le repas a meilleur goût, et nos femmes sont plus épanouies. Nous aussi les hommes sommes intéressés à former des groupes, et demandons à Plan de nous aider ». Les groupes d’épargne sont des structures autogérées Les groupes d’épargne et de crédit villageois sont des structures autogérées sous forme de tontine améliorée. Les femmes se retrouvent à 20 ou 30 membres, liées par affinité, et de façon autonome. Elles cotisent et gèrent leurs fonds entre elles, des fonds constitués grâce à une épargne de sommes modiques chaque semaine. Les femmes s’accordent sur les parts à cotiser qui sont de 100F CFA en général, ou parfois de 200F, et 250F, avec un plafond de 5 parts tout au plus par semaine, ceci pour éviter les grandes disparités.
Au bout d’un mois de cotisation, commence l’octroi de crédits à celles qui en ont besoin ; les candidates aux prêts peuvent disposer d’un maximum de 3 fois le montant de leur épargne, remboursable après trois mois, avec un intérêt de 5% ou 10%. Si la somme totale n’est pas suffisante pour satisfaire tout le monde, les femmes s’accordent pour prendre les crédits à tour de rôle. Les prêts sont donnés toutes les 4 semaines. Des pratiques simples de sécurisation des fonds
Chaque groupe reçoit de Plan International Burkina Faso un kit composé d’une caisse métallique munie de 3 cadenas, une calculatrice, deux petits sacs en tissu, un cachet, des carnets individuels pour toutes les membres, et des stylos. Les groupes d’épargne et de crédits comme plateformes de réalisation d’autres activités Au-delà des activités d’épargne et de crédit, Plan International Burkina a décidé d’utiliser les groupes d’épargne comme plateformes pour la mise en œuvre d’autres activités, notamment la sensibilisation en matière d’éducation, de santé (nutrition, santé maternelle et infantile, lutte contre le paludisme, VIH/SID etc.), d’hygiène et de protection des enfants. Par Françoise Tiendrébéogo / Kaboré. |