
Commune rurale de Solhan : Cyanure, acide nitrique, zinc et mercure mettent des vies en périlLa région du Sahel Burkina regorge de ressources minières. C’est du moins le cas dans la province du Yagha, et surtout dans la commune rurale de Solhan. Une commune où la recherche de l’or est l’affaire de particuliers qui utilisent à outrance, des produits toxiques dont le cyanure, l’acide nitrique, le zinc, le mercure. Des produits qui ont déjà entrainé mort d’animaux et d’arbres. Au même sort, se trouvent exposées les populations de cette commune avec la saison des pluies qui s’annonce, au regard des constats faits sur place le jeudi 23 avril 2015. De Dori (ville située au nord-est du territoire burkinabé), le chef-lieu de la province du Yagha qu’est Sebba, se situe à une centaine de kilomètres. Et de Sebba, la commune rurale de Solhan se trouve à une dizaine de kilomètres. Une commune qui regroupe seize villages dont Fanta-Foota, Gountouré, Djemsoti.
Ceux qui utilisent le mercure sollicitent les services d’instruments de broyage-lavage implantés surtout aux environs du marché de Solhan. Un lavage à l’eau et au mercure, le tout déversé sur place. Le mercure, c’est cette substance chimique dont la toxicité chez l’homme s’installe sous forme de vapeur au niveau des voies respiratoires pour ensuite se fondre dans le plasma, le sang et l’hémoglobine. Une fois transporté par le sang, il attaque les reins, le cerveau, et le système nerveux. Chez la femme enceinte, il traverse facilement le placenta pour atteindre le fœtus. Et même après la naissance de l’enfant, les risques de sa contamination perdurent, étant donné que le lait dont il se nourrira se trouve souillé. Une saison hivernale avec de risques fatals
Sur divers sites à Solhan, l’utilisation faite de ces produits a déjà entrainé disparition d’arbres (soumis aussi à une coupe abusive) et d’animaux. Des sites accessibles aux Hommes de tout âge et où se trouvent entreposés des tas de terre souillée au cyanure durant une semaine au minimum. Cette terre intoxiquée peut ensuite être – après un certain temps - soumise plusieurs fois à de l’eau souillée au cyanure, dans l’espoir d’en extraire encore des cristaux d’or. C’est du moins, ce qu’a confié un des utilisateurs de ces produits, Issaka Nikiéma dit ‘’Siaka Zoulou’’ qui précise que « si la pluie tape, on peut la travailler encore ». Les journées d’insurrection populaire ‘’mises à profit’’ autrement
Ce summum de risque a commencé à s’instaurer dans un Burkina d’après insurrection. En effet, pendant que les populations de Ouaga, de Bobo et de bien d’autres localités étaient dans les rues les 30 et 31 octobre 2014 pour exiger et le retrait du projet de loi modificatif de la Constitution et le départ du président Blaise Compaoré, celles de Solhan ont pris pour cible, les installations de la SOMIKA (Société minière Kindo Adama). Personnels mis en débandade, installations et habitations de ces derniers vandalisés, place ensuite à l’accaparement du minerai entassé par cette société. Chacun y va avec ses moyens pour se faire un entrepôt de minerai. L’on raconte que des camions sont venus de Dori, et même de pays voisins en l’occurrence le Niger (dont la frontière se situe à une cinquantaine de kilomètres des lieux), le Ghana, le Mali. Solhan, zone de libre circulation de produits toxiques Comme cette société, certains orpailleurs ont fait – après l’insurrection populaire – de la circulation et de l’utilisation des mêmes produits chimiques, leur sport favori. Ces produits, en provenance soit de Pouytenga ou de pays voisins, abondent dans la commune de Solhan qui ne dispose ni d’un poste de police, encore moins de gendarmerie. Un camp CRS (Compagnie républicaine de sécurité) y avait été installé du temps de SOMIKA juste, a-t-on appris, pour sécuriser cette société minière. Fulbert Paré Vos réactions (22) |