Retour au format normal
lefaso.net

Demba Fofana à propos de la situation nationale : « il n’y aura pas de vrais clashs »

mardi 21 octobre 2014.

 

Dans cette tribune, Demba Fofana, fonctionnaire international burkinabè puis conseiller du Président du Faso, Blaise Compaoré, avant de jouir actuellement d’une retraite bien méritée, recadre certaines choses dites dans des commentaires du portail d’informations lefaso.net sur sa carrière professionnelle. Donnant son point de vue sur la situation nationale, il se dit convaincu qu’ « il n’y aura pas de vrais clashs car les principaux leaders des différents camps se connaissent ». Lisez plutôt !

Avant tout propos je présente mes excuses à tous ceux qui, très nombreux (parents, amis, proches du Burkina et hors du Burkina) avaient souhaité par amitié et par sympathie que j’arrête mes sorties médiatiques ; je les réduirai très sensiblement et éviterai au maximum le délicat volet politique.
En effet après les dernières contributions que j’ai faites au cours des derniers mois :
1- Réflexions sur l’alternance
2- Tentatives de définitions de la politique.
3- Situation du football burkinabè.
4- Situation nationale ; environ 47 réactions ont été enregistrées pour le 1, 200 pour le 2, 15 pour le 3 et 74 pour le 4 certaines avec objectivité et des observations pertinentes mais d’autres avec passion et quelques inexactitudes.

Aussi sans vouloir répondre ni polémiquer, voudrais-je clarifier un certain nombre de choses. Il s’agit par exemple de ma carrière professionnelle dont la présentation n’est pas conforme à la réalité ; certes, mon plan de carrière initial très ambitieux fut brisé depuis le jour où revenu de France sous l’impulsion du nouveau ministre du commerce de l’époque, Feu ZOMA Emmanuel qui voulait rajeunir et étoffer son organigramme avec de jeunes diplômés d’universités et des grandes écoles, mon intégration avait curieusement posé problème (pour quelqu’un comme moi et comme d’autres de cette époque, pris en charge gratuitement à l’école primaire, à l’internat au lycée Ouezzin de Bobo 6eme à terminale, boursier national et départ en France un mois après le Bac précisément dans les classes préparatoires aux grandes écoles de Périgueux (Dordogne) boursier français du FAC après admission parmi les 10% retenus au concours d’entrée à SUP DE CO Bordeaux, est-il logique et décent de lui poser des questions sur ses origines dans un pays comme le nôtre qui a toujours eu la chance à la différence d’autres de ne pas connaitre des problèmes des nordistes, des sudistes et autres ? même si la fausse guerre des pauvres (Mali/Burkina) de 1974 n’était pas très loin et qui avait fait payer un lourd tribu à beaucoup de familles dont la mienne surtout à l’Ouest du pays. D’où la grande frustration qui m’a éloigné de l’administration publique jusqu’à mon détachement presque forcé sur instruction du président Blaise COMPAORE de la RAN où j’étais chef d’agence commercial de Ouaga (le ministre Salif DIALLO en fut témoin) pour avoir géré mon dossier de détachement de bout en bout pour être nommé conseiller, chargé de mission et Directeur des relations publiques à la présidence du Faso. Le président m’avait proposé autre chose comme il avait fait au lendemain du 4 Août 1983… mais j’avais personnellement préféré chargé de mission (fourre tout)… C’est pour cela et très peu de gens le savent que je n’ai jamais été fonctionnaire de l’Etat donc pas titulaire d’un numéro matricule excepté celui qui m’a été donné, pour être conforme à mon affectation fictive et à mon insu à la commune de Ouaga (mairie centrale) et, par lequel je fus chaque fois nommé en conseil des ministres et avec lequel mes indemnités aussi étaient payées (60 000f CFA). C’est le numéro matricule 90200 qui n’est pas un matricule comme les fonctionnaires de l’Etat…

En rappel, mon procès contre l’Etat burkinabé pour la gestion insatisfaisante de ma carrière (ce n’est pas la faute de Blaise) court toujours et le dossier se trouve presqu’au terminus qu’est le conseil d’Etat. Il est passé par toutes les étapes : tribunal administratif, cour d’appel … avant le conseil d’Etat ou il est enregistré depuis le 30/04/2010 en attente du jugement. Je n’ai jamais voulu médiatiser comme mon procès contre la SOFITEX qui avait été largement médiatisé grâce principalement à mon ami de valeur, fidèle et discret, SIGUE Boureïma PDG DES éditions LE PAYS (amitié de 40 ans depuis 1977 à Bobo ou nous avions été les principaux animateurs avec d’autres jeunes cadres de l’époque, de la JEUNE CHAMBRE INTERNATIONALE…).

En effet la confusion est vite faite entre l’Etat qui peut se définir entre autres, comme l’ensemble des institutions et les premiers responsables du pays notamment le chef de l’Etat d’où la probable incompréhension d’un procès de FOFANA Demba contre l’Etat burkinabé avec comme principal avocat Maitre Prospère FARAMA assimilé souvent à tort à un opposant. A l’instar du dossier SOFITEX, j’ai informé le président du Faso en lui remettant une copie et en souhaitant que personne n’intervienne. Ce dossier que j’ai introduit pour la première fois en 2001 auprès du ministre de la fonction publique juste avant mon départ pour les nations unies à Vienne (Autriche) et Ndjamena (Tchad). Ayant constaté un silence radio, je l’ai réintroduit auprès du nouveau ministre de la fonction publique et ainsi de suite jusqu’à BOUDA Seydou l’un de mes jeunes depuis sa 6eme au lycée OUEZZIN, ensuite à, la présidence du FASO et même dans mes activités sportives et associatives. C’est ainsi qu’il fut membre des bureaux du Burkina Club de Boxe et de l’Association burkinabé de management(A.B.M) dont je fus président. C’est d’ailleurs lui qui me remplaça sur ma proposition à la tête de l’A.B.M au lendemain du problème SOFITEX. En effet estimant qu’il n’était pas correct de continuer à diriger une aussi prestigieuse association à but non lucratif, avant d’être blanchi, comprenant des hauts cadres (administrations, finances, assurances, banques et autres professions libérales) et, surtout avec l’ambassade des Etats unis parmi nos principaux soutiens, j’avais organisé une assemblée générale au relax hôtel de Ouaga pour remplacer le président que j’étais, les trois vice présidents et, le secrétaire général qui était Zéphirin Diabré déjà parti aux nations unies Finalement seul le ministre Lassané SAWADOGO avait fait bouger le dossier en le confiant à son conseiller technique qui m’avait malheureusement blessé à notre troisième entretien en ces termes : <> c’est très bien dit mais ce n’est ni juste ni honnête ; j’avais relativisé ces propos de ce conseiller du ministre Lassané SAWADOGO parce qu’il n’est pas le seul de bonne foi à penser de la sorte. Une fois à la présidence et pour incompatibilité, j’avais, et sans contrainte bien sûr, mis fin brutalement à toutes mes nombreuses activités lucratives et extraprofessionnelles. Exceptés les plus jeunes, qui ne se souvient pas de mes deux Maquis Restaurants : Ouaga est grand et le Riibo, de mon magasin de sport : Omnisports 2000, de mon magasin moderne de fruits burkinabé et étrangers : Burkina fruitel Yanoogo (actuelle pharmacie liberté à Dapoya), mon moulin à grains semi industriel à Dapoya, de mon commerce de gravillon et de sable avec deux grandes bennes Mercedes… etc. ce sont ces activités qui me permettaient d’être sur plusieurs tableaux : sports, culture, santé, associations, clubs services (je fus président entre autres du Rotary club), œuvres sociales, diverses interventions… je me souviens qu’après trois mois passés à la présidence du Faso, certains collaborateurs du président dont par exemple le chef du secrétariat, l’adjudant chef à la retraite Loboué Gnihan, mon promotionnaire du lycée OUEZZIN Coulibaly sont venus me voir pour se plaindre de ne plus gagner avec moi comme du temps ou j’étais Directeur de la CICA où chef d’agence de la RAN. Aussi me suis-je immédiatement rendu à mon corps défendant au cabinet de maître Prospère FARAMA pour ouvrir un dossier contre l’Etat burkinabé. Concernant mes passages comme Directeurs de la CICA, de la SONACEB et à la RAN… j’ai démissionné de la première société, la CICA par inexpérience (jeunesse) c’est suite à une simple incompréhension à propos du choix de couleurs de peinture, donc une banalité. Naturellement l’importance du Directeur de la CICA était telle à Bobo à l’époque qu’il fut imaginé beaucoup de choses sur ce départ volontaire (le numéro 2 du groupe en retraite à Ouaga pourrait confirmer qu’il s’est rendu à Bobo pour me faire revenir en vain sur ma décision. Quant à la SONACEB j’avais fait preuve de la violence la plus inouïe en enfermant dans mon bureau le PCA de la société un expatrié français très introduit au Burkina. Il était le Directeur Général de la SONACO, importante filiale de notre groupe à Abidjan. Ce jour, il avait eu de graves écarts de langage à l’endroit de mon DAF et des délégués du personnel qui voulaient simplement un rendez-vous avec lui ; malade, on avait dû l’évacuer lorsqu’il fut libéré du bureau après de nombreuses interventions de toutes parts. Le conseil d’administration extraordinaire convoqué à cet effet avait suggéré ma suspension mais finalement ce fût un départ négocié dans la mesure où nommé par décret en conseil des ministres, ce conseil d’administration ne pouvait pas mettre fin à mes fonctions. Mais avant de partir j’avais exigé comme à la SOFITEX un audit complet ce qui fut fait par trois cabinets d’expertise comptable : un français, celui du groupe, un Ivoirien et le troisième le burkinabé dirigé par Georges Ouattara et comme à la SOFITEX c’était R.A.S (rien à signaler) malheureusement en voulant confirmer les probables allégations mensongères, le PCA avait tenté de conditionner sans succès les experts même pas Mr NYLON expert du groupe venu de France ; il avait osé demander à Mr Georges OUATTARA de trouver absolument quelque chose dans ma gestion, son seul objectif avant de laver l’affront de sa séquestration. A cet effet il avait même rédigé un faux rapport de contrôle manuscrit qu’il avait souhaité faire saisir et signer par le cabinet OUATTARA à la place du vrai rapport ce qui fut refusé par ce Monsieur, homme de foi et homme intègre reconnu par tous. En effet, un dimanche matin j’ai reçu un appel de l’honorable depute Adja Naba DIANE assistante de monsieur OUATTARA. Une fois au cabinet elle m’introduisit auprès de son patron qui me demanda frustré et énervé : FOFANA qu’as-tu fait à tes amis et partenaires qui veulent apparemment t’abattre en m’insultant avec une proposition inadmissible et révoltante, il me tendit un papier de quelques pages au crayon où j’ai reconnu l’écriture du PCA… sans commentaire. Je fus président du Rotary Club de Bobo avec des rotariens de valeur comme ce monsieur OUATTARA, feus professeur Hilaire Tiendrebeogo, Kiémtoré Léopold (douanes)… donc nous nous connaissons très bien pour certaines valeurs.

L’un de mes problèmes majeurs dans ce monde de grande confusion c’est que je ne pratique pas l’exclusion, la discrimination, l’égoïsme, le jugement facile… tout en voulant rester indépendant sur des questions essentielles ou supposées telles. Je préfère toujours capitaliser les qualités et les valeurs des autres plutôt que leurs défauts parce qu’imparfait comme tous les hommes.

Affaire à suivre pour d’autres informations si nécessaire.

Très sincèrement Demba FOFANA.

N.B : faisons beaucoup attention en croyant toujours tout savoir des autres parce que chaque homme a son jardin secret. J’aurai pu être licencié de la RAN pas pour une faute de gestion mais pour avoir pris une initiative dangereuse et audacieuse.

En effet, en tant que chef d’agence commercial de la RAN OUAGA beaucoup de pratiques m’avait choqué de même que d’autres collègues surtout après l’année que j’avais passée à la direction générale de la RAN Abidjan. Aussi avions nous jugé utile d’organiser une enquête par sondage d’Abidjan à Ouaga auprès des cheminots ivoiriens et burkinabé intitulée << 38 questions sur la gestion de notre directeur de la RAN >>. Les résultats très durs à plus de 95% avaient été exploités, synthétisés, commentés et envoyés aux différentes autorités et responsables depuis mon bureau de Ouaga. Ce fut bien sûr un scandale énorme dont seul Mr Delchan Ouedraogo alors DGA de la RAN avait pu atténuer les effets en nous faisant perdre uniquement les primes de fin d’année qui équivalaient à deux fois le salaire etc.

Au lieu d’un licenciement de la RAN, comme l’a écrit quelqu’un, j’informe que dans le cadre de la restructuration de la RAN, la banque mondiale avait conditionné le déblocage de ses fonds à la mise en place d’un organigramme dont elle avait influé sur le choix des hommes par l’entremise de son staff dirigé par l’expert ferroviaire Mr BUDIN à partir de l’étude des dossiers des cadres cheminots et si le conseil d’administration de Bouaké devant entériner cet organigramme n’avait pas plutôt décidé brutalement de la gestion séparée de la RAN, j’avais été retenu par les deux Etats et la banque mondiale comme directeur régional de la RAN Burkina ; j’étais même dans les coulisses en Côte d’Ivoire dans l’attente de la confirmation du conseil considérée comme une formalité même par notre ministre de tutelle l’excellent Alain Coeffé qui fut très digne devant cette annonce surprise de la séparation.

Enfin considérant la situation nationale je l’ai dit, écrit, et je le répète malgré les attaques de quelques uns : il n’y aura pas de vrais clashs car les principaux leaders des différents camps se connaissent, ont beaucoup d’intérêt en commun ont des alliances et seraient les principaux perdants et non les va en guerre qui parlent, s’excitent probablement de bonne foi voire inconsciemment en évoquant des probables nuits de longs couteaux. Il faut seulement s’entendre sur l’essentiel malgré certaines frustrations légitimes pour préserver dans notre beau pays qui nous survivra à tous et que les extrémistes de tous bords s’abstiennent.

Une dernière information qui n’est ni sensationnelle ni un secret pour éclairer un peu ce que je dis : au mariage de Blaise COMPAORE après que nous ayons fait le tour des parents Abidjan, Ouaga, Bobo etc. le cousin de Blaise et moi l’heure du choix de son témoin était arrivé. Après échanges et comme à ses habitudes, en A c’était tonton Charles Bila KABORE, en B c’était Balima LAMOUSSA et en C un officier. J’ai voulu savoir pourquoi de tels choix ? Les réponses étaient toutes profondes et nous avons cautionné son cousin et moi. Nous sommes allés chez le A monsieur Kaboré qui avait malheureusement un rendez-vous important et urgent en France avec son médecin à deux jours prés de la date du mariage et c’est fier et très désolé qu’il déclina la proposition donc le lendemain matin nous nous sommes rendus à Bobo par train pour la solution B monsieur EL hadj Balima LAMOUSSA. C’est très surpris et émerveillé même qu’il accepta cette proposition inexplicable pour lui, j’ai dû lui rappelé un acte très courageux et naturel qu’il a posé le 20 Mai 1983 lorsque Blaise seul avait pu rejoindre PÔ pour organiser la rébellion qui aboutit au 4 Août 1983.
En effet sans être un politicien et sans avoir bénéficié de la politique et sans relation particulière avec Blaise, il avait pris le risque d’écrire à celui-ci pour lui apporter sa contribution pour sa famille restée à Ouaga. Blaise bien qu’ayant décliné l’offre avait été marqué par le geste, etc. voila comment il devint à la grande surprise des uns et des autres jusqu’aujourd’hui témoins de Blaise COMPAORE.

Paix à son âme parce qu’il n’est plus de ce monde.

Demba Fofana



Vos réactions (21)