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ETABLISSEMENTS SECONDAIRES DE PO : Des filles frappées d’une mystérieuse crise d’hystérie

mardi 15 novembre 2011.

 

Après Ouagadougou et Banfora, c’est le tour de Pô de vivre un phénomène mystérieux en milieu scolaire : des crises hystériques en cascade de lycéennes. A la date du 3 novembre 2011, l’on dénombre plus d’une trentaine de jeunes filles, issues de 4 établissements secondaires de Pô, victimes de ce malaise.

Tout a commencé un certain lundi 17 octobre 2011, précisément à 7h 45 minutes dans une classe de 4e du Lycée municipal de Pô. Ce jour-là, une élève a piqué une crise en plein cours. Aussitôt, membres de l’administration, corps professoral et autres élèves accourent à son chevet pour lui porter secours non sans peine. Elle pleurait, criait et s’agitait violemment. Après l’avoir plus ou moins maîtrisée, elle a été conduite au Centre médical (CMA) de Pô par le proviseur. Pendant son évacuation, une deuxième fille de la même classe s’est effondrée à son tour avec les mêmes symptômes.

Puis une troisième, cette fois, de la classe de 2nd A. Informé de la situation qui prévaut au sein de son établissement, le proviseur revient immédiatement au lycée afin d’évacuer les autres victimes avec son propre véhicule (ndlr : l’ambulance du CMA n’était pas là). Lorsqu’il évacuait les autres victimes, 2 autres cas sont encore signalés toujours dans le même lycée et dans des classes différentes. Au total, ce sont 7 filles de cet établissement qui ont été évacuées au CMA pour la même raison le 17 octobre. Les 18 et 19 octobre, d’autres cas sont enregistrés. Les victimes avaient chacune, un inhalateur buccal anti-asthmatique. Ce qui a laissé penser à des crises d’asthme. Thèse réfutée par les agents de santé qui ont fait remarquer que les symptômes présentés par ces jeunes filles n’étaient guère assimilables à ceux de l’asthme. Et le commun des mortels de penser alors à des forces surnaturelles qui, selon eux, auraient hanté le milieu scolaire. Par conséquent, il est préconisé des rites coutumiers et religieux au sein des établissements afin d’exorciser les lieux.

D’autres cas, sous le regard impuissant du curé

Malheureusement, le phénomène persiste et se généralise. D’autres établissements secondaires de Pô sont touchés à leur tour. C’est ainsi que le 31 octobre, le Collège privé notre dame de Fatima a, dans un premier temps, enregistré 12 cas dont la secrétaire de l’établissement. Dans un deuxième temps, 13 autres cas se sont produits. Et ce, sous le regard impuissant du curé de l’Eglise catholique visiblement venu pour des prières d’exorcisation. Dans la matinée du 2 novembre, le mal gagne un troisième établissement, le Collège privé éducateurs sans frontières où 2 élèves sont entrées en hystérie.

Puis le même jour, 3 autres filles du Lycée municipal, d’où est parti le mal, tombent elles aussi sur le terrain de sport. Le 3 novembre, un 4e établissement, le Collège privé P. K. Victor est, à son tour, frappé par ce mal pernicieux avec un seul cas. Les responsables de cet établissement, en hommes avertis, décident alors de sa fermeture afin de minimiser peut-être les dégâts. Depuis lors, c’est la psychose à Pô surtout dans les milieux scolaires. Vivement que le phénomène s’estompe afin que l’on n’assiste pas à un abandon des classes par les jeunes collégiennes et lycéennes de Pô, apparemment traumatisées par ce mystérieux mal.

Nouffou ZONGA et Lonssani DEMBELE (Correspondants)

Le Pays



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