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CREATION D’EMPLOIS AU BURKINA : Tiao au pied du mur

lundi 24 octobre 2011.

 

Une semaine après son discours sur l’état de la nation, le Premier ministre Luc Adolphe Tiao, était de nouveau face aux députés, le 20 octobre dernier. Pendant plus de deux heures d’horloge, le chef du gouvernement a dévoilé les grands axes de sa feuille de route dans la perspective de la réalisation du programme politique du président du Faso : "Bâtir ensemble un Burkina émergent". Après avoir joué les pompiers en cherchant les voies et moyens pour contenir la crise sociopolitique qui, on l’espère, est maintenant loin de nous, Luc Adolphe Tiao veut maintenant s’attaquer aux questions de développement.

En effet, au cours de son exercice républicain, il a annoncé une batterie de mesures visant à faire du Burkina et ce, à court terme, un pôle de croissance et de développement. Du reste, il a annoncé la mise en oeuvre d’un programme spécial de création d’emplois pour les jeunes et les femmes dont la mission principale sera de réduire considérablement le taux de chômage de 2,4% à 1%. Pour ce faire, il a laissé entendre qu’il sera créé 52 570 emplois en moyenne par an. Que peut-on faire si ce n’est applaudir quand on sait, par exemple, qu’au titre de l’année 2011, il n’y avait que 9 000 emplois publics pour 410 000 candidats.

C’est tant mieux si le chef du gouvernement fait de l’employabilité des jeunes une priorité même si, au demeurant, il reste élusif sur les conditions de la mise en oeuvre dudit programme. Cependant, tout en espérant que pareille annonce ne sera pas une simple manoeuvre électoraliste, il sied de rappeler que créer des emplois pour les jeunes est une chose, et leur assurer un bien-être social à travers une rémunération conséquente en est une autre, de loin très capitale. Les promesses discursives ont cela de positif qu’elles permettent de susciter l’espoir, même si à la longue leur non-application peut produire un effet boomerang. Une promesse est une dette, a-t-on coutume de dire. Par ailleurs, en attendant d’aller vers des états-généraux de l’éducation comme l’a annoncé le chef du gouvernement, l’idéal aurait voulu que, les problèmes du secteur n’étant pas nouveaux, l’on y apporte rapidement les solutions qui seyent.

Il en est de même pour la création d’une Agence nationale des terres rurales en sus de la révision annoncée de la RAF (Réforme agraire et foncière). En a-t-on besoin dans la mesure où l’un des objectifs recherchés à travers la communalisation intégrale du territoire, était de faire en sorte que les élus locaux fassent de la question foncière leur cheval de bataille ? Certes, des mesures fortes ont été annoncées pour faire du Burkina une "terre promise", mais en attendant, le chef du gouvernement est attendu au pied du mur.

Boundi OUOBA

Le Pays



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