
Tribune de la femme - Amoin Koffi, artiste comédienne : « Il faut écarter Gbagbo et Alassane du pouvoir »La cinquante révolue, Amoin est une artiste comédienne conteuse de renommée. Mariée et mère de quatre enfants, elle vit à Abidjan en Côte d’Ivoire. Invitée au festival international de conte Yeleen, nous l’avons rencontrée le vendredi 31 décembre 2010. Amoin nous parle de ses débuts, mais aussi de la crise politico-militaire que vit son pays depuis une dizaine d’années. Contrairement aux rumeurs qui disaient qu’elle serait professeur de philosophie dans une université à Abidjan, Amoin déclare qu’elle n’a jamais été ni même une enseignante du primaire. "C’est vrai qu’à notre temps (1978-1980), avec le BECP (elle a arrêté ses études en classe de 3è), l’on pouvait postuler au poste d’enseignant, mais je ne suis qu’une artiste comédienne conteuse et je ne vis que de cela", confie-t-elle. En effet, c’est en classe de Cours élémentaire première année (CE1) en 1969, qu’Amoin a été révélée au public, mais un public jeune et scolaire grâce a son instituteur. "J’ai joué une scène qui a plu aux gens si fait que depuis ce temps, je participais aux compétitions de théâtre inter-écoles à l’issue desquelles je raflais toujours des prix ", dit-elle. Mais en 1983, cette artiste à plusieurs sobriquets décide de faire carrière dans le théâtre et le conte. Difficultés Pour Amoin, les difficultés sont plus nombreuses. L’art est très souvent délaissé par le politique. « Parce que explique-t-elle : en Côte d’Ivoire, lorsqu’un président est élu, il n’a que d’yeux sur les ressortissants de sa région, laissant les autres populations à la débrouillardise ». Si bien que certains artistes sont obligés de sortir hors du pays pour participer à des festivals et autres. " Pour avoir du soutien en Côte d’Ivoire, il faut se lever de bonheur ", déplore madame Agro. L’avis de l’artiste sur la situation actuelle dans son pays " La situation actuelle de la Côte d’Ivoire me traumatise profondément. J’ai laissé mon mari, mes enfants, toute ma famille là-bas. Moi, au moins, je suis à l’abri ici au Burkina Faso, mais toutes mes pensées sont sur Abidjan ", dit-elle avec tristesse. De l’avis de Koffi Amoin, l’acte des dirigeants actuels est criminel. Elle confie qu’elle a écrit une pièce sur Gbagbo et Bédié, mais qui a été censurée. Or la pièce évoquait justement la crise actuelle. Avant les élections, elle dit avoir été chez l’ancienne première dame de la Côte d’ivoire, Mme Simone Gbagbo à la Présidence qui a refusé de la recevoir. Elle l’a plutôt renvoyée chez sa chargée de communication. "Comme je n’avais pas affaire à sa chargée de communication, je ne suis pas allée. Et quand je sortais du local, j’ai mis en garde les militaires et les gardes-de-corps sur ce qui allait se produire dans les jours à venir. Je leur ai dit que l’histoire se répéterait et que de la manière dont Bédié a été chassé du pouvoir, c’est de la même manière que Gbabgo s’en ira ». Après cet avertissement, Mme Gbagbo a envoyé son directeur de communication pour suivre la pièce, ….et plus rien. Un pays à deux têtes, c’est l’appellation que fait Amoin de son pays depuis le 2 décembre dernier. « Ce qui est honteux et malheureux pour les Ivoiriens », à son avis. Le mieux, pour elle, c’est d’écarter Alassane et Gbagbo du pouvoir, de même que Bédié. « La Côte d’Ivoire ne s’arrête pas à ses deux protagonistes. Il y a des jeunes biens valides, et sains d’esprit capables de diriger le pays, conclut-elle. Bassératou KINDO L’Express du Faso Vos réactions (5) |