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PAVAGE DE ROUTES A OUAGADOUGOU : Une alternative au goudron plus cher

lundi 17 août 2009.

 

De plus en plus, presque partout dans la ville de Ouagadougou, l’on voit des rues ainsi que les devantures de certains bâtiments, même des murailles, qui sont faites en pavés. Qu’est-ce qui a suscité un si grand intérêt pour ce "bitume" de type particulier ? En la matière, les promoteurs burkinabè ont acquis beaucoup d’expérience et arrivent à charmer par la beauté de leurs produits qui représentent du reste diverses gammes. D’aucuns diront même que le pavé pourrait être une solution aux difficultés d’accès au bitume par les autorités en charge de la voirie. Zoom sur un secteur en plein essor...

Le pavé est un secteur en pleine révolution au Burkina. A Ouagadougou, au palais présidentiel de Kosyam, sous l’échangeur de Ouaga 2000, à Rood Woko ou encore à la mairie de Bobo Dioulasso, ce bloc épais qui revêt la chaussée est de plus en plus utilisé. Pourtant, il représente à l’heure actuelle une part insignifiante dans l’économie du secteur des Bâtiments et travaux publics (BTP). Mais il a des avantages qui le rendraient plus attractif que le goudron, selon ses promoteurs. Premièrement, il reviendrait moins cher. Du bon goudron doit être importé depuis l’étranger et le Burkina n’a ni pétrole pour le fabriquer ni accès à la mer pour l’acheminer à moindre coût. A contrario, le pavé est réalisé en grande partie avec du ciment (70%) et du sable qui sont des éléments disponibles au Burkina. Autre certitude, ce matériau de construction favorise l’économie nationale au niveau de l’emploi. Pour la fabrication et la pose des pavés, les entreprises ont régulièrement besoin de bras. Si la demande est soutenue, ces emplois temporaires peuvent même déboucher sur des embauches comme c’est le cas au sein de l’entreprise "Yéhly pavés de luxe" à Ouagadougou.

Le pavé burkinabè plus résistant que celui d’Europe

Le pavé burkinabè aurait aussi l’avantage d’être plus résistant que son homologue européen et le goudron (voir aussi encadré). L’entreprise « Yéhly pavés de luxe » garantit ses produits pendant un an et assure qu’ils peuvent même tenir 50 ans. Ils auraient notamment une forte résistance à la chaleur alors que le goudron a tendance à fondre en cas de forte température, selon le patron de cette société, Béli Biyen. Le pavé est facile à décaper et à remettre en place. Dans une ville comme Ouagadougou, sans cesse en travaux, les ouvriers sont obligés de casser systématiquement le goudron pour faire des aménagements tels que l’installation de fils électriques et les canalisations d’eau. Outre cet aspect pratique, le pavé est aussi plus esthétique. Les particuliers, qui représentent la majorité des clients, aiment aménager l’extérieur de leurs habitations avec des pavés. Ce matériau se trouve également de plus en plus aux abords ou sur des voies publiques comme dans la partie piétonne de Rood Woko. Dans la zone du projet ZACA, à Ouagadougou, les bordures seront en pavé. Enfin, les voies pavées seraient plus sûres que celles goudronnées car les conducteurs sont obligés d’y conduire moins vite. *

Toutefois, les choses ne sont pas aussi simples comme prétendent les promoteurs de pavés. Le pavé n’est pas la panacée du BTP. Première certitude, il ne peut être utilisé que pour les axes secondaires dans les villes. Les Burkinabè ne sont pas prêts de voir une route interurbaine comme celle reliant Ouagadougou à Bobo Dioulasso construite dans ce matériau. Selon une source de la Direction générale des routes (DGR), service technique de référence en la matière, le pavé reviendrait aussi plus cher que le goudron et les techniques de poses ne seraient pas au point. La DGR peut justifier ce dernier contre-argument avec l’exemple des deux voies d’essai à Ouagadougou, au niveau du barrage de Tanghin et du quartier Bilbalgo. Même au niveau de la mairie de Ouagadougou qui est le plus gros client, l’intérêt des pavés réside beaucoup plus en leur côté esthétique et leur coût moins élevé, plutôt qu’en leur résistance. Quoi qu’il en soit, même si le pavé n’est pas le mieux indiqué pour la construction de routes interurbaines, il convient néanmoins de le considérer, au regard de ses multiples avantages (coût, beauté, offre d’emploi, etc.), comme une alternative au goudron dans les centres urbains du Burkina.

Par Lassina Fabrice SANOU et François PERRIGAULT (stagiaire)


Comment le pavé se fabrique

Le pavé est essentiellement fait à partir de produits locaux, notamment le sable et le ciment. Le pavé se construit comme du béton, sauf que pour des raisons d’esthétique, on y intègre d’autres intrants comme les colorants. Mais, concurrence oblige, chaque fabricant de pavés a ses propres techniques pour se distinguer des autres. Par exemple, d’après Frédéric Biyen, responsable de l’usine de Yélhy production, l’une des particularités des pavés de Yélhy production, c’est qu’en plus des colorants, il comporte des intrants qui confortent sa résistance.

Quoique la nature réelle de ces intrants demeure un secret jalousement conservé par cette entreprise, nous sommes néanmoins parvenus à savoir qu’il vient de l’extérieur, de l’Ukraine plus exactement. De plus, Yélhy production utilise une machine de vibration pendant la fabrication de ses pavés, tout ceci pour également le rendre plus fort et imperméable. La vibration fait sortir l’air et donne plus de charme au pavé qui devient ainsi lisse, contrairement au pavé pressé simplement qui, lui, est rugueux. C’est le must de la technologie de fabrication des pavés. Un procédé encore peu connu. Et quand on y ajoute la qualité des agrégats qui entrent dans la constitution du pavé, le patron de Yélhy production dira que son pavé est même plus consistant que celui d’Europe. Fort donc de cette technologie, la société qui est également une société de pose de pavés, dispose de plusieurs gammes de produits pour routes, immeubles administratifs, places publiques, complexes hôteliers, rues piétonnes, trottoirs, jardins, parcs, terrains sportifs, accotements, hôtels, particuliers, villas, etc.

Par LFS

Le Pays



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