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Burkina/JEPPC 2026 : Le général Célestin Simporé présente les mutations de l’armée et appelle à l’engagement patriotique

samedi 3 octobre 2026.

 

Dans le cadre de la deuxième phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC) couplée aux expositions gouvernementales, le ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général Célestin Simporé, a échangé avec les populations ce vendredi 2 octobre 2026, à l’occasion de l’activité « Dialogue avec le peuple ». Face aux participants, il est revenu sur les mutations opérées au sein des forces armées nationales depuis 2022, la mobilisation des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), la réserve militaire, mais aussi sur plusieurs préoccupations liées à la sécurité et à la défense du territoire.

« L’Afrique ne doit pas être un réservoir de médiocres ! L’Afrique a également besoin de brillants pour construire l’Afrique », a déclaré le général Simporé lors de cet échange avec le peuple. Une intervention au cours de laquelle le ministre a notamment insisté sur la nécessité de former et de retenir les compétences pour contribuer au développement du pays.

Le général Célestin Simporé a salué la bravoure des forces combattantes ainsi que la résilience des populations face au contexte sécuritaire que connaît le Burkina Faso depuis plusieurs années. Il a également rendu hommage à ceux qui sont tombés pour la défense de la patrie.

Selon le ministre, les forces armées nationales ont connu d’importantes transformations depuis 2022. Il estime qu’avant cette période, le pays ne disposait pas véritablement d’une « armée de combat », mais plutôt d’une « armée de parade ». Pour lui, la situation sécuritaire a nécessité une adaptation rapide du dispositif de défense.

Il a notamment évoqué le recrutement des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), lancé en octobre 2022. Initialement prévus à 35 000 VDP communaux et 15 000 VDP nationaux, les effectifs mobilisés auraient finalement atteint près de 90 000 volontaires, selon les chiffres avancés par le ministre.

La question de leur prise en charge a également été abordée. Célestin Simporé a expliqué que le Fonds de soutien patriotique a notamment été mis en place pour contribuer à la prise en charge des VDP, notamment à travers leurs primes, leur alimentation et leurs soins de santé.

Sur le plan organisationnel, le ministre a indiqué que l’armée est passée de trois à six régions militaires. Il a également évoqué la création, en novembre 2022, des premiers bataillons d’intervention rapide. Selon lui, le dispositif a ensuite été renforcé avec le déploiement d’unités sur l’ensemble du territoire.

Célestin Simporé a également évoqué l’implication d’autres corps dans la défense du territoire, notamment la police nationale et les différents corps militaires et paramilitaires.
Il est revenu sur la fin de la coopération militaire avec la France et sur le choix, selon lui, du Burkina Faso de compter davantage sur ses propres forces pour assurer sa défense. Il a toutefois précisé que le pays reste libre de coopérer avec les partenaires de son choix, dans un esprit de respect mutuel.

Le ministre a par ailleurs dressé un tableau des efforts entrepris pour permettre aux forces combattantes de reconquérir certaines zones auparavant difficiles d’accès aux populations civiles. Il a cité notamment des localités comme Diapaga, Titao, Solhan et Sebba.

Il a assuré que le retour de l’administration et des services sociaux de base dans certaines localités constitue également un enjeu important.

Pour le général Simporé, l’augmentation des effectifs doit aller de pair avec le renforcement des capacités opérationnelles. Il a ainsi évoqué l’acquisition d’équipements et d’armes individuelles et collectives, ainsi que le renforcement des moyens de protection.

Célestin Simporé a échangé avec les populations sur les questions liées à la défense et à la sécurité du territoire.

La surveillance aérienne du territoire a également été évoquée par le ministre, qui a fait état de moyens acquis pour renforcer les capacités des forces combattantes.

Il a également rappelé la création, en juillet 2023, de l’Agence de soutien aux familles des combattants et victimes de guerre, destinée, selon ses propos, à coordonner l’aide aux familles touchées par les conséquences de la guerre.

La réserve militaire, une autre forme d’engagement

Une partie importante des échanges a porté sur la réserve militaire. Célestin Simporé a expliqué que celle-ci doit permettre à des citoyens de contribuer à la défense du pays sans nécessairement intégrer l’armée comme militaires de carrière.

Il a ainsi invité les personnes âgées d’au moins 18 ans intéressées à s’inscrire. Une plateforme d’inscription en ligne est également disponible, tandis qu’une déconcentration du dispositif au niveau des régions et des provinces est annoncée.

Le ministre a précisé que la réserve militaire nécessite une formation, mais que celle-ci ne serait pas aussi exigeante que celle imposée aux militaires.

Il a également insisté sur le fait que l’armée n’est pas la seule voie permettant de servir son pays. Les médecins, les spécialistes et les personnes disposant d’autres compétences peuvent, selon lui, contribuer à la défense et à la construction nationale à travers leurs domaines respectifs.

Pour faire face à la situation sécuritaire, le général Célestin Simporé a insisté sur la nécessité d’une collaboration entre les forces de défense et de sécurité, les VDP et les populations civiles.

Il a également appelé à davantage de cohésion au sein des communautés, estimant que les divisions internes peuvent fragiliser les efforts engagés contre le terrorisme.

Le ministre a par ailleurs abordé la question de la communication autour des attaques. Selon lui, une médiatisation excessive des attaques peut contribuer à donner davantage de visibilité aux groupes armés, qui chercheraient également à faire parler d’eux.

La question de l’âge d’intégration dans les forces armées a également été soulevée par les participants.

Les participants ont saisi l’occasion pour soumettre plusieurs préoccupations au ministre Célestin Simporé.

Le ministre a expliqué que les limites d’âge sont liées notamment aux exigences physiques des différentes fonctions. Il a souligné que les critères peuvent varier selon les spécialités, certaines fonctions nécessitant davantage de capacités physiques que d’autres.

Il a également rappelé que certaines spécialités peuvent permettre à des personnes de servir autrement dans l’armée, notamment dans des domaines techniques ou médicaux.
L’échange a aussi permis au ministre d’aborder la question de la formation des jeunes et des concours d’accès aux écoles militaires.

Il a indiqué que la formation des officiers à l’Académie militaire Georges-Namoano est désormais ouverte également à des jeunes civils titulaires d’une licence, et pas uniquement à ceux issus du milieu militaire.

Le général Simporé a également évoqué la possibilité d’ouvrir davantage les opportunités aux jeunes issus des lycées scientifiques, notamment pour l’accès à certaines formations et bourses.

Pour le ministre, l’objectif est de permettre aux jeunes ayant de solides compétences scientifiques de contribuer directement au développement du pays.

Il a ainsi appelé à créer des conditions permettant aux meilleurs étudiants de poursuivre leur formation au Burkina Faso et de mettre ensuite leurs compétences au service du pays.
S’adressant particulièrement à la jeunesse, Célestin Simporé a estimé que celle-ci occupe une place centrale dans la construction du Burkina Faso.

« C’est vous qui êtes les acteurs de la transition de ce pays », a-t-il déclaré, en invitant les jeunes à saisir les opportunités qui leur sont offertes et à participer à la construction du pays.

Il a reconnu que certaines décisions peuvent être difficiles à accepter dans l’immédiat, mais a soutenu que certaines réformes peuvent produire leurs effets sur le long terme.
« On ne guérit pas une gangrène en la caressant », a-t-il déclaré, estimant que des décisions parfois difficiles peuvent être nécessaires pour atteindre les objectifs fixés.
Au terme des échanges, le ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, Célestin Simporé, a remercié les participants pour leurs questions et leurs contributions. Il a également salué l’organisation de cette séance de « Dialogue avec le peuple », qui lui a permis, selon ses propos, d’apporter des éclaircissements sur plusieurs préoccupations exprimées par les populations.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net