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Les 100 Visages du Burkina Digital : Dr Issa Compaoré, l’homme qui a formé une génération d’informaticiens burkinabè

samedi 3 octobre 2026.

 

À 14 jours de l’ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui bâtissent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd’hui, nous mettons en lumière Dr Issa Compaoré, ingénieur, enseignant-chercheur et fondateur de l’Institut Supérieur de Technologies (IST), dont l’engagement depuis plus de trente ans a permis de former plusieurs générations de professionnels du numérique burkinabè.

Le numérique d’un pays ne se construit pas seulement à travers des plateformes ou des lois : il se construit d’abord dans les salles de classe, par les compétences que l’on transmet aux jeunes générations. Cette conviction, le Professeur Issa Compaoré l’a portée avant même que le numérique ne s’impose comme une évidence au Burkina Faso, en faisant de la formation technologique l’axe central d’une carrière qui s’étend sur plus de trente ans.

Ingénieur d’Etat en génie industriel, titulaire d’un PhD en Banque et Finance Islamique, entrepreneur, formateur et dirigeant, il est aujourd’hui à la tête d’un écosystème d’enseignement supérieur qui a formé des milliers de jeunes burkinabè aux métiers de l’informatique, des systèmes d’information et du management technologique.

Une formation d’ingénieur, entre le Maroc et le Burkina Faso

Né le 31 décembre 1970 à Manga, Issa Compaoré effectue une partie de sa formation scientifique et technique au Maroc, à l’Ecole Mohammadia d’Ingénieurs de Rabat, où il obtient en 1995 son diplôme d’Ingénieur d’Etat en génie industriel, option Productique. Il complète ensuite son parcours universitaire par un DEA en Physique appliquée obtenu en 2007 à l’Université de Ouagadougou, avec un mémoire consacré à la génération de données journalières de rayonnement global pour la prédiction des performances des systèmes solaires photovoltaïques — un travail qui témoigne déjà de son intérêt pour l’exploitation des données et la modélisation.

Son profil s’enrichit ensuite, tout au long de sa carrière, de formations et d’expériences en informatique, gestion des systèmes, intelligence artificielle, gestion de projet, maintenance assistée par ordinateur et innovation.

Enseigner les technologies, dès l’aube du numérique burkinabè

Son parcours d’enseignant débute à l’Ecole Nationale des Télécommunications, entre 1997 et 2000, où il enseigne la physique, le management de la qualité et la culture d’entreprise. Après avoir fondé le Cabinet DEMAIN en 1996, il crée en octobre 2000 l’Institut Supérieur de Technologies (IST), qu’il rejoint comme enseignant en plus de sa fonction de fondateur. Il y enseigne l’algèbre de Boole et les circuits logiques, l’informatique, la gestion de projets, la gestion de production, la gestion de la qualité et la gestion de la maintenance industrielle. A partir de 2006, il enseigne également l’intelligence artificielle et la gestion de projet informatique à l’Université Aube Nouvelle, alors ISIG.

Formateur agréé en Gestion de la Maintenance Assistée par Ordinateur (GMAO) depuis 2005, il incarne une approche résolument concrète du numérique : mettre les technologies de l’information au service de la performance, de la productivité et de la gestion des organisations.

L’IST, un instrument de démocratisation des compétences technologiques

Fondé avec 64 étudiants en octobre 2000, l’Institut Supérieur de Technologies s’est développé, sous sa direction, autour des technologies, des réseaux et systèmes informatiques, du management et des métiers techniques. Précurseur en matière d’enseignement à distance, l’établissement met en place dès 2005 un campus en ligne, à une époque où cet usage restait embryonnaire au Burkina Faso.

En 2026, l’écosystème d’établissements bâti autour de l’IST revendique plus de 8 000 étudiants, 37 diplômes reconnus par le CAMES et huit sites de formation, auxquels s’ajoutent le campus en ligne et des présences à l’international. Vingt-six ans après sa création, l’établissement compte parmi ses anciens élèves deux anciennes ministres en charge des TIC, ainsi que de nombreux directeurs des systèmes d’information d’administrations publiques et d’entreprises privées, au Burkina Faso comme dans la sous-région. Lire la suite