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Burkina/Soutenance en Master 2 : Erwan Compaoré évalue la question de violences basées sur le genre

mercredi 23 septembre 2026.

 

Les violences basées sur le genre demeurent aujourd’hui une préoccupation sociale au Burkina Faso, et cela, qu’elles soient physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques. Face à cette réalité, Erwan Compaoré, journaliste au média en ligne Lefaso.net et par ailleurs étudiant à l’Université libre du Burkina a consacré son mémoire à cette question. Il l’a soutenu ce mercredi 23 septembre 2026 au sein de l’université. L’impétrant était encadré par Dr Emile Bazyomo. La rapporteur était Dr Danielle Bougairé. Le jury était présidé par Dr Marie Thérèse Somé/Arcens.

« Évaluation des retombées de l’événementiel "16 jours d’activisme contre les VBG" de l’ONG Initiative Pananetugri pour le Bien-être de la Femme (IPBF) édition 2024 », tel est l’intitulé de ce travail de recherche qui vise à mieux comprendre les facteurs qui favorisent les violences basées sur le genre ainsi que leurs conséquences sur les victimes.

À travers cette étude, l’impétrant cherche aussi à mettre en lumière les difficultés rencontrées par les personnes victimes pour dénoncer les violences et accéder aux dispositifs d’accompagnement.

L’impétrant a par ailleurs indiqué que le choix de travailler sur les violences basées sur le genre n’est pas anodin. Pour lui, au-delà de l’intérêt scientifique porté au sujet, cette recherche trouve son origine dans une expérience personnelle qui l’a davantage sensibilisé à la problématique. Son étude s’est ainsi intéressée à la manière dont la communication pour le développement peut contribuer à mieux prévenir et combattre les violences basées sur le genre.

« Cette étude concernait les femmes et les filles précisément. Mais en ce qui nous concerne, nous avons beaucoup plus été impliqués dans ce travail parce que nous avons vécu des violences basées sur le genre. Donc il était de bon droit pour nous de nous intéresser pleinement à ce thème-là et d’essayer de voir dans le domaine dans lequel nous intervenons comment est-ce qu’on peut traiter la violence basée sur le genre », a-t-il expliqué.

« Ce qui nous a pleinement touchés lors de notre recherche, c’est le fait de revivre certaines situations parce qu’on se revoit dans des situations qui ont été évoquées par certaines personnes », a-t-il laissé entendre

Pour réaliser ses recherches, l’impétrant s’est basé sur une approche combinant recherche documentaire, entretiens et collecte de données auprès de différents acteurs concernés par la problématique. Les résultats de l’étude permettent en outre de mieux comprendre les différentes formes que peuvent prendre les violences basées sur le genre et les facteurs qui contribuent à leur persistance. Ils mettent également en évidence l’importance de la sensibilisation, de l’accompagnement des victimes et du renforcement des mécanismes de prévention.

L’impétrant a en outre formulé des recommandations pour une meilleure sensibilisation des populations afin de distinguer certaines pratiques culturellement tolérées des violences basées sur le genre. Il recommande également de renforcer la communication sur les réseaux sociaux qui constituent un beau canal par lequel beaucoup de personnes arrivent à s’exprimer, mais aussi de ne pas limiter les campagnes de sensibilisation aux seuls 16 jours d’activisme.

Famille et proches venus soutenir l’impétrant à sa soutenance

« La communication ne s’arrête pas seulement aux 16 jours de l’événement. Nous voulons que la communication aille bien au-delà. Et pour aller bien au-delà, nous préconisons que chaque jour qui passe, il y ait une communication, que ce soit sur les réseaux sociaux, Facebook, Instagram, WhatsApp, etc., afin de permettre aux populations qui suivent l’IPBF de continuer à se faire former », a-t-il proposé.

Son travail ayant été jugé recevable par le jury, l’impétrant a obtenu la note de 16/20, consacrant ainsi la qualité de sa recherche. Une note qui le réjouit, même si, estime-t-il : « Nous aurions voulu avoir plus. Mais 16, c’est prenable. Le plus important pour nous n’est plus ce qui s’est passé, mais les défis à venir. Nous essayerons de nous projeter et voler vers d’autres horizons », a-t-il conclu.

Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net



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