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SITHO 2026 : L’AES mise sur l’intégration touristique pour renforcer sa souveraineté économique

mercredi 23 septembre 2026.

 

Le Forum des acteurs du tourisme de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) s’est officiellement ouvert à Ouagadougou. Il se tient en marge de la 16ᵉ édition du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO). La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre en charge du Tourisme, Pingwendé Gilbert Ouédraogo, représentant le Premier ministre. Le président de la commission nationale de la Confédération des États du Sahel, Bassolma Bazié, en était le parrain.

Le thème de ce forum est « Investissement intégré et souveraineté économique : bâtir une destination touristique sahélienne compétitive ». La rencontre entend mettre en lumière les potentialités touristiques des pays de l’AES et réfléchir aux moyens de leur mise en valeur dans une dynamique commune.
Dans son intervention, Bassolma Bazié a souligné la richesse du patrimoine naturel, historique et culturel des trois pays. Selon lui, les paysages, les traditions, l’artisanat, les expressions artistiques, les savoir-faire et l’histoire constituent autant de ressources susceptibles de contribuer au développement économique et social des populations.

Bassolma Bazié, parrain de la cérémonie

Le parrain a insisté notamment sur la diversité des atouts touristiques de l’espace sahélien. Des paysages aux sites fauniques, en passant par les sites culturels et historiques, les espaces de loisirs, l’artisanat, la gastronomie, la musique, la danse et les savoirs traditionnels, l’AES dispose, selon lui, d’un patrimoine d’une grande diversité. Il a souligné que l’enjeu est désormais de mieux valoriser ces richesses et de les inscrire dans une approche commune. « La confédération nous donne l’occasion de repenser nos complémentarités et de construire des initiatives qui dépassent les frontières nationales. Le tourisme peut constituer un vecteur important de notre intégration économique. Il peut favoriser les investissements, stimuler l’entrepreneuriat, créer des emplois, soutenir les économies locales et contribuer à la valorisation de notre patrimoine commun », a-t-il rappelé.

Une vue des participants

Au-delà de la valorisation individuelle des atouts de chaque pays, le forum ouvre la réflexion sur la construction d’une offre touristique commune à l’échelle de l’AES. « Pris séparément, chacun de nos pays porte une identité touristique singulière. Mis en réseau, dans une dynamique d’intégration, ces patrimoines conjugués peuvent constituer une offre beaucoup plus vaste, plus attractive et plus compétitive. C’est l’une des perspectives que nous devons explorer ensemble. C’est la véritable alternative de notre essor dans le concert des nations, et les exemples en la matière sont légion », a notifié Pingwendé Gilbert Ouédraogo.

Pour lui, l’espace de l’AES est un vaste champ de sites à découvrir et à vivre. La preuve, la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO peut l’attester. « Soyons-en fiers et travaillons à sauvegarder ces potentialités pour la postérité. Œuvrons ensemble pour une professionnalisation accrue du secteur du tourisme et de l’hôtellerie, pour une valorisation de nos potentialités, pour un espace de découverte sécurisé et attrayant et pour une diplomatie culturelle et touristique plus affirmée et plus convaincante en faveur de nos destinations communes. Car le développement d’une véritable destination touristique ne repose pas uniquement sur l’existence de sites remarquables. Il suppose des infrastructures, des services de qualité, des acteurs bien formés, des mécanismes de financement adaptés, une promotion efficace, des moyens de transport appropriés et un environnement de découverte propice à l’investissement », a laissé entendre le ministre Ouédraogo.

Le ministre du Tourisme, Pingwende Gilbert Ouédraogo

Il a invité l’ensemble des acteurs à conjuguer leurs efforts pour moderniser le secteur, renforcer les capacités des acteurs et développer des stratégies de conquête de visiteurs locaux et étrangers. Il a précisé que cela implique en partie un partenariat avec le secteur privé. « Nos opérateurs économiques doivent être sensibilisés à participer à la relance du tourisme et des chaînes de valeurs qui le composent. Ils doivent contribuer à développer les compétences nationales pour promouvoir et sécuriser les emplois. Pour faire du tourisme un marché inépuisable aux dividendes probants, le secteur public doit créer les conditions favorables à l’initiative privée, parce que dans un secteur comme le tourisme, ce partenariat public-privé est gage d’investissement et d’innovation. C’est pourquoi les universités et les centres de formation doivent contribuer à la production des connaissances et des compétences, les collectivités doivent participer à la valorisation des territoires, les partenaires doivent accompagner les dynamiques qui émergent de nos propres priorités. C’est cette convergence stratégique des efforts et cette intelligence financière et économique que nous devons travailler à garantir dans un esprit de confiance mutuelle », a suggéré le ministre en charge du Tourisme.
Il a terminé en exhortant les participants à avoir des échanges francs assortis de propositions réalistes, susceptibles d’alimenter les politiques publiques et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux investisseurs et aux professionnels du secteur.

Rama Diallo

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