
Éliminatoires CAN 2027 : Quelles sont les chances des Étalons dans les matchs de qualification ?Le compte à rebours de la CAN 2027, co-organisée par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, démarre ce week-end avec les premières rencontres des éliminatoires. Les Étalons du Burkina Faso entrent en lice le 25 septembre 2026, au stade du 4-Août, face au Bénin. Trois supporters livrent leur analyse de cette rencontre et de l’ensemble des éliminatoires du groupe F, composé du Burkina Faso, du Bénin, de la Mauritanie et de la Centrafrique. Tous se montrent confiants quant aux chances de qualification des Étalons au terme des six journées. Hate Nanéma : « Je vois en Amir Abdou un autre Saboteur, les Étalons vont se qualifier » « Pour les deux premiers matchs des éliminatoires de la prochaine CAN, qui sera co-abritée par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, le coach Amir Abdou a convoqué 25 joueurs qui ont la lourde tâche de baliser le chemin de la qualification. C’est vrai, c’est une liste vraiment remaniée, avec pas mal de nouveaux joueurs. Mais quand j’ai scruté la liste, même s’il y a des joueurs qui sont convoqués pour la toute première fois, moi, je fais confiance au coach Amir Abdou. Il a expliqué les raisons des joueurs convoqués, à savoir le temps de jeu en clubs. J’apprécie beaucoup la manière avec laquelle le nouveau coach veut travailler. Il a été clair. Pour moi, c’est le nouveau « Saboteur », qu’on n’influence pas. Il n’a pas affaire aux agents des joueurs et il est clair avec les joueurs. L’équipe nationale est au-dessus de toute autre considération. Les joueurs qui ne comprennent pas cela n’auront pas leur place en équipe nationale. Je fais confiance aux jeunes que le coach a convoqués. Ça me rappelle les éliminatoires de la CAN Afrique du Sud 96. Saboteur, avec des jeunes méconnus pour la plupart, a tenu la dragée haute à la Côte d’Ivoire et au Maroc, en tenant en échec ces derniers chez eux : 2-2 à Abidjan, 0-0 au Maroc. Il a terminé premier du groupe en se qualifiant sur le terrain pour la phase finale. Je me rappelle des buts à Abidjan de Sidi Napon et Seydou Traoré. Je vois en Amir Abdou un autre Saboteur qui va faire des merveilles avec les Étalons. Dans le groupe des Étalons, composé du Burkina, du Bénin, de la Mauritanie et de la Centrafrique, pour moi, les qualifiés seront le Burkina et le Bénin. Mais, en football, il y a toujours des impondérables. Il faudra que nos joueurs soient concentrés, ne négligent personne et respectent toutes les équipes. Car en Afrique, je dirai que les équipes se valent. Il y a un nivellement des valeurs. Afin de ne pas être surpris, à tous les matchs, il faudra être sérieux. Le Bénin pratique un bon football. Il a un entraîneur qui a de l’expérience et qui connaît le Burkina. Le Burkina devra beaucoup s’en méfier. Pour bien commencer les éliminatoires, il faudra saisir cette opportunité de commencer à la maison et prendre les trois points de la victoire. Au regard de la liste concoctée par le nouveau sélectionneur, on aimerait qu’il poursuive le travail de détection de nouveaux talents, aussi bien burkinabè de souche que binationaux, afin de renforcer tous les compartiments de l’équipe. » Judicaël Nabollé : « Les Étalons sont favoris, mais ils doivent prendre tous leurs matchs au sérieux » « D’emblée, moi, je dirai qu’il n’y a plus de petites équipes. Même si, sur le papier, on a tendance à qualifier certaines équipes de favorites, il faudra faire preuve de modestie, respecter toutes les équipes et ne jamais négliger une équipe. Je crois que le Burkina Faso a sa carte à jouer. Il a ses chances. Sur le papier, comme on aime à le dire, les Étalons sont favoris. Mais attention, il faudra mettre du sérieux dans tous les matchs. En premier match, le Burkina joue le Bénin, une équipe qui fait du beau jeu. On a vu, lors des éliminatoires de la dernière Coupe du monde, le Bénin, jusqu’à la dernière journée, était au coude à coude avec le Nigeria et l’Afrique du Sud. Il a de bons joueurs qui jouent pratiquement tous en Europe. Il a aussi une politique d’intégration de binationaux, et cela est en train de porter ses fruits. Le Bénin a un entraîneur qui est passé par le Burkina. Il connaît pas mal de joueurs burkinabè, leurs mentalités, l’environnement et le stade. Ça ne sera pas facile, quand bien même les Étalons avaient déjà battu le Bénin en amical. Mais ça, c’est du passé. Tous les trois matchs, d’ailleurs, contre la Mauritanie et la Centrafrique, les Étalons doivent y mettre beaucoup de sérieux et rester constamment concentrés. La politique d’incorporation de binationaux est également de mise dans ces deux sélections nationales. Ce sont des binationaux qui jouent dans de bons clubs européens. Mais quoi que l’on puisse dire, je mise sur les Étalons. Quand on parle de CAN, le Burkina, quand même, se qualifie régulièrement. Donc, on peut créditer le Burkina de plus d’expérience, même s’il n’a pas encore remporté de CAN ou joué un Mondial. En matière de CAN, le Burkina a toujours son mot à dire. Le Burkina est favori du groupe, avec deux outsiders, le Bénin et la Mauritanie. Contre les Mourabitounes de Mauritanie, il y a des souvenirs récents. À la CAN Côte d’Ivoire 2023, on était dans le même groupe de la phase finale. Le Burkina avait gagné, je crois. Mais, dans un passé pas aussi éloigné, on se rappelle que c’est la Mauritanie qui avait barré la route au Burkina pour la CAN 2019 en Égypte. Le coach du Burkina, Amir Abdou, connaît bien la Mauritanie pour l’avoir coachée. Cela peut être un avantage pour le match. Logiquement, le Burkina devrait se qualifier, au regard des joueurs que l’on a actuellement. Ce sont de bons joueurs qui jouent en Europe et le coach continue à piocher pour renforcer l’équipe. Dans ce genre de match, il est très important de faire une bonne entame. Il faudra absolument bien commencer avec une victoire contre le Bénin. Parce que si vous entamez mal, ça risque d’être compliqué par la suite. On a vu, lors des éliminatoires de la dernière Coupe du monde, la mauvaise entame du Burkina, ce que ça nous a causé vers la fin. Une bonne entame galvanise les joueurs pour les prochains matchs, tandis qu’une mauvaise entame laisse la place aux doutes. Le Burkina joue le Bénin sur ses propres installations, devant son public qui va certainement se transformer en 12e joueur. Donc, les Étalons doivent faire le résultat. Après le Bénin, les Étalons vont enchaîner contre la Centrafrique. La rencontre, je crois, se jouera au Maroc, pour défaut de stade homologué. Une aubaine pour les Étalons, qui ont joué plusieurs fois au Maroc, de réussir la passe de deux avec deux matchs, deux victoires. Ce serait une belle entame. Et s’ils ne se relâchent pas, ils pourraient même se qualifier avant terme. » Idrissa Sédogo : « Le Burkina n’est plus à un niveau de qualification pour une CAN » « Le tirage des groupes des éliminatoires de la prochaine CAN, qui loge le Burkina dans un même groupe avec le Bénin, la Mauritanie et la Centrafrique, pour moi, le Burkina n’est plus à un niveau de qualification pour une CAN. De la manière dont le groupe est composé, le Burkina est d’office qualifié. La question est plutôt de savoir si le Burkina sera premier du groupe ou deuxième. Mon analyse générale du groupe : la qualification se jouera entre le Burkina et le Bénin. Qui sera premier ou deuxième, c’est l’interrogation. Mais moi, je mise une pièce pour les Étalons. Quand on se réfère à la prestation des Béninois à la dernière CAN, il y a quand même lieu de faire attention. Le Burkina aussi est une formation rajeunie depuis la dernière CAN, avec beaucoup de nouveaux joueurs qui forment un amalgame avec les anciens qui sont toujours là. Mais il n’y a pas de soucis à se faire pour la qualification. Par rapport à la liste des joueurs convoqués, il faut dire que les Étalons étaient à une fin de cycle. Donc, il fallait oser faire quelque chose. À force de persister avec les mêmes anciens, on perd des opportunités de tester de jeunes talentueux qui poussent. Vous avez vu l’opportunité que le Burkina avait avec le binational lensois (Ismaëlo Ganiou). On n’a pas été audacieux. Si le jeune avait été convoqué pour la CAN 2025, il allait accepter. Mais on a laissé filer cette opportunité. Un joueur qui est en train de taper aux portes de l’équipe de France. C’est une bonne chose, parce qu’il faut amener les jeunes à titiller les anciens qui sont là, afin qu’ils comprennent que les Étalons, si je peux m’exprimer ainsi, c’est 25 millions de joueurs potentiels. Donc, si tu as l’opportunité d’être dans l’équipe nationale, il faut se donner à fond. J’approuve ce renouvellement de l’équipe. C’est vrai que la Mauritanie, on l’a vue aussi à la dernière CAN. C’est une formation solide. Mais pour moi, c’est l’outsider du groupe. Pour me résumer : le Burkina premier du groupe, le Bénin deuxième, la Mauritanie troisième et la Centrafrique ferme la marche. »
Idrissa Sédogo
Barthélemy Kaboré (collaborateur) Vos réactions (1) |