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Cameroun : Quatre journalistes placés en garde-à-vue après la disparition présumée des lunettes du ministre en charge de l’Economie

lundi 21 septembre 2026.

 

C’est une affaire aussi rocambolesque qu’hilarante qui fait commenter, depuis quelques jours, au Cameroun qu’au-delà de ses frontières. Selon les parutions camerounaises qui en font large écho, ce biscornu s’est déroulé à Yaoundé, capitale, où en cette journée de mercredi 16 septembre 2026, les journalistes François Essomba (Chine Afrique), Igor Gwet Bibey (Inform plus), Solange Djuikam (Univers Info.net) et Pierre Mouchili (Le procès international) s’étaient rendus au palais des congrès pour couvrir la clôture des journées du groupe de la Banque islamique de développement (BID). L’évènement était présidé par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey. Les quatre journalistes vont être interpellés sur place pour « suspicion de vol » des lunettes du ministre, puis transférés dans un commissariat de la ville, où ils passeront des jours avant d’être libérés ce lundi 21 septembre 2026. Et les lunettes ?

Désormais libres après six jours de détention, ces ‘’infortunés’’ et leur corporation attendent cependant une suite dans cette affaire qualifiée de « Kafkaïenne » par Camerounweb.com. « Parce qu’un accessoire de mode ministre manque à l’appel, quatre professionnels de l’information sont brutalement interpellés, transférés au commissariat du 10è arrondissement de Batos, puis jetés dans les cellules du commissariat central N°1 de Yaoundé. Face à cette scène Kafkaïenne, une question brutale s’impose : depuis quand la perte d’un objet personnel justifie-t-elle l’incarcération préventive et brutale de professionnels de la presse ? (…). En jetant des reporters en prison pour un soupçon aussi grotesque sans le moindre mandat, la police ne cherche pas seulement des lunettes : elle aveugle la liberté d’informer. Elle envoie un signal terrifiant à toute une profession : celui que n’importe quel prétexte, aussi dérisoire soit-il, peut servir à museler, humilier et détenir un journaliste », s’indigne le média.

Le Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (Spic) et le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) sont également montés au créneau, pour condamner ce qu’ils caractérisent de « détention arbitraire » au regard du droit international et tant « les arrestations et les motifs retenus reposent essentiellement sur des soupçons et rien de probant ».

Alors que le Spic avait projeté de se déployer ce lundi, 21 septembre 2026 avec « tous les moyens de droit et de lobbying nécessaires pour faire cesser ces abus caractérisés de la police camerounaise sur des journalistes en plein exercice de leur profession », des titres informent que les quatre professionnels de l’information ont recouvré la liberté.

« Initialement soupçonnés dans une affaire de vol présumé des lunettes du ministre Alamine Ousmane Mey, ils ont finalement été relâchés sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. Le lendemain (de leur interpellation : Ndlr), un premier rebondissement intervient : les lunettes recherchées sont retrouvées intactes à l’intérieur du véhicule personnel du ministre. Cette découverte écarte le soupçon initial de vol, sans pour autant mettre un terme à la procédure. Le dossier prend alors une nouvelle orientation. Les enquêteurs évoquent désormais une suspicion d’ ‘’intrusion non autorisée’’ dans une réunion tenue à huis clos au Palais des congrès. Présentés le 18 septembre devant le procureur de la République près le Tribunal de première instance du Mfoundi, les journalistes ne sont pas remis en liberté. Le parquet ordonne des investigations complémentaires et leur retour au commissariat. Les 19 et 20 septembre, les quatre professionnels des médias demeurent en garde à vue pendant que les investigations se poursuivent sur ce nouveau volet de la procédure. Leur maintien dans les locaux de la police intervient alors que la piste du vol des lunettes a déjà été abandonnée. Ce lundi 21 septembre, François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili ont finalement recouvré la liberté », fouine le premier média d’actualité camerounaise, Lebledparle.com.

Selon les éléments disponibles, révèle-t-on, aucune charge n’a été retenue contre les journalistes et aucune infraction n’a été caractérisée à l’issue des investigations. Cette affaire aura ainsi, dit le média, connu deux séquences distinctes : une première liée à la disparition présumée des lunettes du ministre, finalement retrouvées dans son propre véhicule, puis une seconde portant sur une supposée intrusion dans une réunion à huis clos.

« Au terme de cinq jours de garde à vue, les quatre journalistes ont été libérés sans poursuites à ce stade », conclu Lebledparle.com, tandis que d’autres confrères camerounais s’accordant que la lumière doit être faite autour de ce dossier, afin que le principe selon lequel, « nul n’est au-dessus de la loi », trouve application.

Lefaso.net

Sources : Camerounweb.com, Lebledparle.com., Cameroun actuel



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