Retour au format normal
lefaso.net

Burkina/ Culture : L’institut burkinabè renaitra de ses cendres, foi de Georges Kaboré

dimanche 20 septembre 2026.

 

Difficile, au Burkina Faso, de parler initiative culturelle privée sans penser à L’institut burkinabè (autrefois Centre culturel burkinabè). Les acteurs culturels le savent mieux. Après son lancement le samedi 30 janvier 2010, cette maison de la culture du pays des hommes intègres, portee par Georges Kaboré, a apporté à sa manière, sa terre à la construction du burkina culturel. C’est du moins la conviction de son promoteur. Dans l’entretien qui suit, Harmattan, comme on le surnomme, revient sur le parcours jonché de difficultés qui a été le sien, et annonce une renaissance du centre sur des bases bien plus solides.

Lefaso.net : Georges Kabore, bonjour. Que devient L’institut burkinabè, anciennement Centre culturel burkinabè ?

Georges Kaboré : Bonjour, je m’appelle Georges Kaboré. Je suis le fondateur du Centre culturel burkinabè, qui est devenu par la suite l’Institut burkinabe.
Faute de moyens d’accompagnement, de soutien institutionnel et de subventions suffisantes, nous avons finalement été contraints de mettre nos activités en pause. Ce n’est donc pas par manque de vision ou d’ambition que l’Institut burkinabè s’est arrêté, mais principalement pour des raisons financières. Aujourd’hui, je considère cette période comme une pause, et non comme une fin.

Lefaso.net : Quels étaient vos objectifs à la création de ce centre ?

Georges Kaboré : L’Institut burkinabè est né d’une conviction profonde : celle que la culture ne doit pas être considérée comme un luxe, mais comme une force essentielle pour construire une société, transmettre nos valeurs et permettre à notre jeunesse de rêver, de créer. Notre objectif était de créer un espace de culture, de transmission, de création, de lecture, de rencontre et de réflexion, ouvert à tous et particulièrement à la jeunesse.

Lefaso.net : Le centre a été inauguré le 30 janvier 2010. Plus de 15 ans après, a-t-il joué le rôle que vous attendiez de lui ?

Georges Kaboré : Pour ma part, je pense que le Centre culturel burkinabè, devenu l’Institut burkinabè, a bien joué le rôle que j’en attendais. Il a contribué au rayonnement de la culture burkinabè, à la promotion de la lecture, des arts, de la création et de notre identité culturelle.
Lefaso.net : Quel bilan personnel faites-vous de la partition de ce centre ?
Georges Kaboré : Le bilan est très positif, l’institut a constitué un espace de rencontres, d’échanges et de diffusion, en donnant aux artistes, aux écrivains et aux acteurs culturels un cadre pour s’exprimer et partager leur travail.

Lefaso.net : Quelles ont été ses forces et ses faiblesses ?

Georges Kaboré : Sa principale force a été de contribuer à promouvoir la culture burkinabè, la lecture, les arts, la création et notre identité culturelle.
Il a ainsi favorisé la circulation des idées, la découverte des talents et le rapprochement entre les différents acteurs de la vie culturelle.
Ses faiblesses ont surtout été liées au manque de moyens financiers et d’accompagnement. L’insuffisance des subventions, des équipements et des ressources nécessaires a limité la régularité et l’ampleur de nos activités. Elle a également rendu difficile la pérennisation du projet et son développement à la hauteur de nos ambitions.

Lefaso.net : Quelles perspectives pour cet espace de la culture burkinabè ?
Georges Kaboré : Sa perspective est de renaître sur des bases plus solides, avec un modèle de financement durable, des partenariats renforcés et une programmation mieux adaptée aux réalités actuelles. Nous souhaitons en faire un espace culturel ouvert, accessible et dynamique, capable d’accompagner les jeunes talents, de soutenir la création, de rapprocher les différentes générations et de mieux rayonner dans toutes les régions du Burkina Faso et ailleurs.

Lefaso.net : Un dernier mot ?

Georges Kaboré : La culture n’est pas un luxe, mais une force essentielle pour construire une nation. Elle nous permet de savoir qui nous sommes, de transmettre notre histoire, de faire naître l’espoir et de préparer l’avenir. Je souhaite que les générations futures prennent le relais, qu’elles croient en leur créativité et qu’elles comprennent que chaque œuvre, chaque parole et chaque initiative culturelle peut contribuer à rapprocher les Burkinabè. L’Institut burkinabè pourra connaître des pauses, mais l’idéal qui l’a fait naître ne doit jamais s’éteindre.

Lefaso.net



Vos réactions (1)