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Enseignement supérieur : Le capitaine Ibrahim Traoré plaide pour une université davantage tournée vers la pratique

mardi 15 septembre 2026.

 

L’inauguration du nouvel amphithéâtre moderne de l’Université Nazi-Boni (UNB), le 11 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso, a été l’occasion pour le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, de préciser sa vision de l’enseignement supérieur et de la jeunesse. Au-delà de l’infrastructure, le chef de l’État a appelé à une transformation profonde du système éducatif, avec davantage de moyens, de formation scientifique et technique, de discipline et d’engagement patriotique.

Dans son speech, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a refusé de réduire cette cérémonie à une simple inauguration. Pour lui, le nouvel amphithéâtre constitue avant tout un symbole. « Nous voulons moderniser notre système éducatif », a-t-il expliqué, estimant que l’amélioration des infrastructures constitue une condition essentielle à la qualité de l’éducation. Le capitaine Ibrahim Traoré a ainsi annoncé la poursuite des investissements dans les universités, avec la construction de nouveaux amphithéâtres, des laboratoires, des cités universitaires et des restaurants universitaires. L’ambition affichée est de faire en sorte qu’aucun étudiant ne soit confronté, à l’avenir, au manque de places pour suivre les cours.

Pour le chef de l’État, la modernisation de l’enseignement supérieur doit également passer par une réorientation vers les sciences, les technologies et les métiers techniques. Il a invité les étudiants à ne pas se limiter à leurs formations initiales et à développer leur polyvalence. « L’avenir, c’est dans la technique », a-t-il martelé, tout en reconnaissant l’importance des filières littéraires et des disciplines permettant de conscientiser et de transmettre des messages. Cette orientation répond, selon lui, aux besoins de l’industrialisation engagée dans le pays. « Le Burkina Faso aura besoin de techniciens capables de faire fonctionner, d’entretenir et de reproduire les équipements des nouvelles unités industrielles », a-t-il dit.

À titre d’exemple, il a évoqué le complexe textile TEXFORCES-BF. Une infrastructure moderne dont les machines nécessitent des compétences nationales pour leur fonctionnement et leur maintenance. Pour le président du Faso, le pays ne doit pas être contraint de faire venir de l’extérieur les techniciens chargés d’exploiter ses propres équipements. Selon lui, la formation scientifique et technique apparaît donc comme l’un des maillons essentiels de la souveraineté recherchée.

De la théorie à la pratique

À l’université Nazi-Boni, le chef de l’État a également plaidé pour une université davantage tournée vers la pratique et la recherche. « Nous ne voulons plus d’université qui fait juste de la théorie », a-t-il déclaré. Il a annoncé l’accélération du développement des capacités des laboratoires afin de permettre aux étudiants et aux chercheurs de travailler davantage sur les ressources disponibles sur le territoire. Il a notamment cité les recherches menées sur les plantes, les huiles essentielles, certains produits pharmaceutiques ainsi que les matériaux issus de l’argile et de la terre rouge.

Pour lui, ces travaux doivent progressivement déboucher sur des applications industrielles susceptibles de créer des emplois et de réduire les importations. Cette approche doit également permettre aux étudiants de mieux connecter leurs connaissances aux réalités économiques du pays. Le nouvel amphithéâtre s’inscrit ainsi, selon le chef de l’État, dans un chantier plus vaste. Il a annoncé que les universités devraient progressivement changer de visage, avec des infrastructures adaptées aux besoins des étudiants.

Le président du Faso a aussi placé la jeunesse devant ses responsabilités. Il lui a demandé de ne pas considérer les transformations engagées comme l’affaire exclusive des autorités. Pour lui, les générations actuelles doivent travailler afin d’offrir de meilleures conditions à celles qui arrivent. « Il faut avoir un combat collectif et surtout générationnel », a-t-il insisté. Dans cette logique, il a invité les étudiants à prendre soin des infrastructures mises à leur disposition et à participer activement à la vie de leurs universités.

Le discours du capitaine Ibrahim Traoré s’est enfin voulu un message de confiance à l’endroit de la jeunesse. « Moi, je crois en vous. Je crois en la jeunesse, je crois en vos capacités. Croyez-en vous et apprenez », a-t-il laissé entendre. Cette confiance s’accompagne d’un appel à l’entrepreneuriat. Selon lui, chaque jeune, quelle que soit sa formation, doit pouvoir identifier une opportunité et créer une activité. Il a insisté sur la nécessité d’entreprendre en groupe afin de mutualiser les compétences et de renforcer les chances de réussite.

Aux étudiants, il a enfin demandé de tenir bon, tout en reconnaissant que « tout n’est pas rose ». Mais, a-t-il assuré, les autorités travaillent afin que les conditions de vie et d’études soient progressivement améliorées pour eux et pour les générations futures.

Romuald Dofini
Lefaso.net