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Soutenance à l’IFPB : Geoffroy Bayili décrypte la dynamique et la soutenabilité de la dette de 2015-2024

lundi 14 septembre 2026.

 

Ce lundi 14 septembre 2026 s’est tenue la cérémonie d’ouverture des soutenances de fin d’études à l’Institut de la finance publique (IFPB), à Ouagadougou, pour évaluer le niveau des 394 impétrants à cette session 2025-2026. Le bal a été ouvert par Geoffroy Bayili. Son thème de mémoire : « Dette publique du Burkina Faso : dynamique et soutenabilité dans un contexte de crise sécuritaire de 2015 à 2024 ». La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de l’économie, représenté par son secrétaire général, Vieux Abdoul Rachid Soulama.

En image, l’assistance venue apporter son soutien à l’impétrant pour sa soutenance

Pour ce dernier, l’épreuve des soutenances n’est pas seulement qu’académique. « Elle est au cœur des priorités du ministère de l’Économie et des finances et dans l’élan de la souveraineté de nos États. Dans un contexte marqué par la contraction des financements extérieurs, par l’exigence croissante de la développabilité et par la nécessité de financer nous-mêmes notre sécurité et notre développement, la qualité des femmes et des hommes qui administrent l’impôt, le trésor et le budget est devenue une question stratégique », a-t-il estimé.

« Le pays compte sur ses fils et filles pour se développer », Vieux Abdoul Rachid Soulama

Même son de cloche pour Barthélémy Dabré, directeur général de l’IFPB, qui voit en cela bien plus qu’un simple exercice universitaire. « À l’Institut des finances publiques du Burkina, les stagiaires qui finissent leur deuxième année soutiennent un mémoire. Ce mémoire est à la fois un exercice académique, mais également un exercice de posture professionnelle, parce que c’est un moment de redevabilité. C’est un moment aussi où le stagiaire démontre que ce qu’il a appris à l’institut va effectivement lui servir sur le terrain », a-t-il expliqué.

La période des soutenances durera deux semaines

Au total, 394 stagiaires prennent part à cette session de soutenances. Ils sont issus du Burkina Faso, mais aussi de pays partenaires comme le Gabon, la Guinée, la Centrafrique et le Tchad. Geoffroy Bayili a ouvert le bal avec la présentation de son mémoire consacré à la dette publique du Burkina Faso, devant un jury présidé par le secrétaire général du ministère de l’Économie, Vieux Abdoul Rachid Soulama, et des experts de la finance. Son travail porte sur la dynamique et la soutenabilité de la dette publique entre 2015 et 2024, une période marquée par la crise sécuritaire et la contraction des ressources extérieures.

L’impétrant a reçu les félicitations de l’ambassadeur du Gabon au Burkina, Dr Yvon Thierry Michel N’Goma

Pour sa part, Geoffroy Bayili explique avoir choisi de travailler sur la dette publique en raison de sa forte progression au cours de la dernière décennie. « Depuis 2015, on a remarqué que la dette publique du Burkina Faso a quadruplé, passant de plus de 2 188 milliards à plus de 8 163 milliards entre 2015 et 2024 », a-t-il relevé. Son analyse montre que cette hausse est principalement portée par la dette intérieure, dont le rythme de progression dépasse largement celui de la dette extérieure. « La dette intérieure a connu un rythme de progression de plus de 26 %, contre seulement 8,1 % pour la dette extérieure. C’est ce qui nous a amenés à nous interroger sur la dynamique et la soutenabilité de la dette publique », a-t-il poursuivi.

Le secrétaire général du ministre de l’Économie couronnant l’impétrant après sa soutenance

À l’issue de ses recherches, l’impétrant conclut que la dette extérieure demeure soutenable selon les critères de viabilité retenus par les institutions de Bretton Woods. En revanche, la dette publique globale présente un risque d’insoutenabilité, principalement lié à sa composante intérieure. Et selon Issaka Yaméogo, rapporteur dans le cadre de cette soutenance, le candidat a fait preuve de courage en abordant ce thème. « Dans la forme, la structure est respectée, il y a peu de fautes, la bibliographie est bien illustrée », a-t-il relevé, tout en relevant par la même occasion les éléments qui pourront contribuer à améliorer la qualité de son document.

« Au terme des échanges, l’impétrant s’est engagé à prendre en compte toutes les observations des jurés et a remercié ceux qui ont contribué à ce que cette soutenance puisse se tenir », Geoffroy Bayili

Après délibération, M. Bayili s’en est sorti avec la note de 15,5/20. Une note qui couronne un parcours qui aura duré 24 mois.

Erwan Compaoré
Lefaso.net