Robotique, drones et codage : Le Camp vacances ACES éveille la curiosité scientifique des jeunes
dimanche 13 septembre 2026.
La cérémonie de clôture du Camp vacances robotique de l’Académie de création et d’éveil scientifique (ACES) s’est tenue ce samedi 12 septembre 2026 à Ouagadougou, au terme d’une formation consacrée à la robotique et aux nouvelles technologies. Organisé avec l’accompagnement de Horus Lab, le camp a réuni une vingtaine d’enfants durant la période des vacances. L’objectif était de leur permettre de découvrir, dans un cadre pratique et ludique, des domaines tels que le codage, la programmation, l’électronique, la robotique et le pilotage de drones.
Pour les participants, ces vacances ont été bien différentes des précédentes. L’un des apprenants, Christian Paré, confie avoir découvert le codage de robots et le pilotage de drones, tout en insistant sur l’intérêt de l’expérience. « C’était très intéressant, on a beaucoup appris. On a senti qu’on n’a pas passé les vacances à s’amuser », a-t-il témoigné. Déjà attiré par l’informatique, il entend poursuivre dans cette voie et envisage également de s’intéresser à la robotique.
« Cette formation peut beaucoup m’aider à mieux me lancer dans l’informatique », Christian Paré.
Chez les parents, l’initiative est non seulement un moyen d’occuper utilement les enfants, mais aussi une occasion de les préparer à leur avenir professionnel. Dieudonné Lankoandé, parent d’un participant, dit avoir découvert le camp grâce aux réseaux sociaux et à la page Facebook d’ACES. Depuis quelques années, il y inscrit régulièrement son enfant. Il observe une évolution dans la perception que celui-ci a des technologies, toute chose qui le conforte dans son orientation.
« L’idée première pour nous, les parents, c’est de trouver un canal pour que nos enfants passent utilement leurs vacances. Mais à la fin, on se rend compte que c’est bien plus que cela, parce qu’ils ont découvert et appris ce que c’est que l’informatique, la robotique, les drones », apprécie Dieudonné Lankoandé. Pour ce parent, le camp apprend aux enfants à utiliser les technologies de manière responsable, au lieu de les considérer comme de simples outils de consommation.
« Si nous voulons construire le Burkina Faso de demain, il faut que nous donnions les moyens à nos enfants de nous proposer ce que nous voulons consommer », Dieudonné Lankoandé.
Détecter les talents de demain
Cette dimension liée à la détection des talents est également mise en avant par Jean-Paul Kaboré, spécialiste des machines de forage. Son enfant a, lui aussi, participé à la formation. Il pense que ce type d’activité peut révéler des aptitudes qui seraient autrement restées inaperçues. « C’est de là qu’on détecte le talent, le talent de demain. Il est vraiment très important qu’on accentue ce genre de formation. Détecter le talent, cela nous permettra vraiment de construire un Burkina meilleur », affirme-t-il.
À ses yeux, l’apprentissage de la technique doit être davantage valorisé, notamment dans un contexte où les machines industrielles, par exemple, font appel à une électronique de plus en plus complexe. Il encourage les responsables à multiplier les formations et à en relever progressivement le niveau. S’appuyant sur son propre parcours, il raconte que son père avait décelé très tôt son intérêt pour la mécanique et l’avait orienté vers l’enseignement technique. « Aujourd’hui, je ne regrette pas ce que j’ai fait », confie-t-il, en invitant les jeunes à ne pas limiter leurs ambitions.
« Je recommande cette formation et ce camp aux autres parents d’élèves », Jean Paul Kaboré.
Du côté des formateurs, l’objectif est atteint. Pour Frédéric Soubeiga, ingénieur et formateur en robotique à Horus Lab, explique que le programme a été conçu pour éveiller très tôt l’intérêt des enfants pour la robotique, l’électronique et la programmation. La formation, lancée en juin et achevée en septembre, s’est étendue sur trois mois. Sa méthode repose sur l’apprentissage par la pratique et le jeu. « Cette méthode pédagogique permet à l’enfant non seulement d’apprendre, mais d’apprendre en jouant », explique-t-il. Au terme de la session, les encadreurs ont constaté des progrès importants chez les participants.
Certains, qui n’avaient jamais touché à un ordinateur, ont réussi à concevoir et programmer des jeux en Scratch ou en Python. D’autres ont fabriqué des circuits électroniques capables de faire tourner un ventilateur ou un moulin à vent. Pour Frédéric Soubeiga, cette initiation prépare les enfants à un monde professionnel en pleine transformation car, estime-t-il, « dans l’avenir, la plupart des métiers seront remplacés, que ce soit par les robots ou bien l’intelligence artificielle. En inscrivant son enfant dans ce type de formation, on l’inscrit déjà dans une projection de l’avenir. »
« Nous sommes fiers du niveau des apprenants », Frédéric Soubeiga.