Retour au format normal
lefaso.net

Gendarmerie nationale : 300 nouveaux sous-officiers pour renforcer le dispositif sécuritaire

dimanche 13 septembre 2026.

 

Après deux années de formation marquées par les épreuves physiques, morales et professionnelles, 300 élèves sous-officiers de la gendarmerie nationale, dont 15 filles, ont officiellement achevé leur cursus ce vendredi 11 septembre 2026, à Bobo-Dioulasso. Baptisée « KAWGU », qui signifie « victoire » en fulfuldé, cette 52ᵉ promotion rejoint les rangs de la gendarmerie dans un contexte sécuritaire qui exige courage, discipline, intégrité et sens du sacrifice.

Entrés à l’école le 26 octobre 2024, ils étaient alors 300 jeunes, dont 15 filles, avec pour niveau moyen d’études le baccalauréat. Mais avant de porter l’uniforme et les épaulettes de Maréchal des logis, ces désormais sous-officiers de la 52ᵉ promotion de l’École nationale des sous-officiers de la gendarmerie (ENSOG) ont dû franchir l’épreuve du feu. Pendant trois mois, le bivouac de Logofourousso a constitué l’un des moments les plus éprouvants de leur parcours.

« Marcher avec des ampoules aux pieds, des frottements, la faim, le sommeil, monter sa tente en quelques fractions de secondes, ne jamais se déplacer sans son arme, se plier aux exigences des cadres, tel était notre quotidien », a témoigné le délégué de la promotion, Jean Donald Zongo, dans son discours de fin de formation. Cette expérience, loin de les briser, aura contribué à forger leur esprit de corps. C’est à Logofourousso, a-t-il expliqué, qu’ils ont véritablement découvert le sens du mot « camarade » : ne laisser personne derrière, se soutenir dans l’épreuve et fusionner les volontés.

Les officiels présents à la cérémonie de fin de formation des 300 nouveaux sous-officiers

De civils à soldats de la loi

De retour à l’ENSOG, les élèves ont poursuivi leur apprentissage à travers plusieurs stages pratiques. Formation morale, physique, intellectuelle et professionnelle ont constitué les principaux piliers de leur cursus. Pour le commandant de l’ENSOG, le chef d’escadron Souleymane Coulibaly, l’objectif n’était pas seulement de transmettre des connaissances techniques. Il s’agissait surtout de former des hommes et des femmes capables d’assumer les responsabilités liées au métier de gendarme.

Les nouveaux sous-officiers reçoivent leurs épaulettes de Maréchal des logis

La formation morale a ainsi mis l’accent sur la discipline, la loyauté, l’intégrité, la maîtrise de soi, le sens du devoir et l’éthique. La formation physique devait, quant à elle, développer l’endurance, la rusticité et la résistance à l’effort. Enfin, la formation intellectuelle et professionnelle devait faire des élèves « des militaires éclairés, des soldats de la loi loyaux, des gendarmes compétents et des citoyens exemplaires ». À ces enseignements se sont ajoutés des conférences, une formation au secourisme et à la lutte contre les incendies, des stages dans les sous-unités départementales, ainsi que des stages de franchissement opérationnel et de mise en condition opérationnelle.

Au terme de ce parcours, les résultats ont été particulièrement satisfaisants. Les 300 élèves ont été déclarés aptes, soit un taux de réussite de 100 % à l’examen final. Le major de la promotion a obtenu une moyenne de 17,510/20, contre 13,452/20 pour le dernier, pour une moyenne générale de 15,436/20.

Le commandant de l’ENSOG, le chef d’escadron Souleymane Coulibaly

« Une épaulette n’est pas un privilège »

Mais au-delà des résultats scolaires et militaires, la cérémonie du 11 septembre a surtout été l’occasion de rappeler aux nouveaux gendarmes le poids de la responsabilité qui accompagne leurs nouvelles épaulettes. Le chef d’état-major de la gendarmerie nationale, le colonel Issa Yaguibou, leur a fait savoir « qu’une épaulette n’est pas un privilège. Mieux, elle incarne une lourde responsabilité ». Ces nouveaux sous-officiers rejoignent les unités dans une période particulière de l’histoire du Burkina Faso. Selon le chef d’état-major, leur sortie constitue un renfort opérationnel important pour la gendarmerie, notamment dans le cadre de la réorganisation du dispositif de sécurité intérieure et du renforcement de la présence de l’État sur le territoire national.

Il leur a ainsi demandé de bannir la corruption, le favoritisme, l’indiscipline, les rackets, la compromission, l’abus d’autorité et la recherche de privilèges personnels. Pour le colonel Issa Yaguibou, le seul privilège auquel doit aspirer le militaire est celui de servir dignement sa patrie et son peuple. Il a exhorté les jeunes sous-officiers à faire de l’intégrité une règle de vie, de la discipline un principe cardinal et du sens du devoir leur boussole.

Pour le chef d’état-major de la gendarmerie nationale, le colonel Issa Yaguibou, « une épaulette n’est pas un privilège. Mieux, elle incarne une lourde responsabilité »

Le choix du nom de promotion « KAWGU », terme fulfuldé signifiant « victoire », prend ainsi une résonance particulière. Pour cette nouvelle génération de gendarmes, la victoire ne saurait être uniquement un objectif militaire. Elle renvoie également à la capacité à résister, à tenir, à servir et à rester fidèle à la mission confiée par la Nation. Le délégué de la promotion l’a clairement exprimé. Désormais dispersés dans les différentes unités, les nouveaux sous-officiers devront faire face aux réalités du terrain. « Nous n’avons pas de motif de crainte et nous devons garder ferme notre engagement ; celui de défendre la patrie, la loi et l’honneur au péril de nos vies », a déclaré Jean Donald Zongo, invitant ses camarades à rester « convaincus, convaincants et déterminés ».

La photo de famille

Le ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division Célestin Simporé, a, lui aussi, insisté sur cette nécessité de servir dans un contexte où les attentes restent fortes. À l’issue de la cérémonie, il a rendu hommage aux Forces de défense et de sécurité, aux Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) ainsi qu’à l’ensemble du peuple burkinabè engagé dans la lutte contre le terrorisme.

Pour lui, les nouveaux sous-officiers arrivent à un moment où le Burkina Faso a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils pour contribuer à la défense de la patrie, à la reconquête du territoire et au retour de la sérénité. Tout en estimant que le combat contre le terrorisme a enregistré d’importantes victoires, le ministre a prévenu que « le combat n’est pas encore fini ». Les attentes sont donc importantes pour cette nouvelle génération de gendarmes.

Le ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division Célestin Simporé, a rendu hommage aux FDS, aux VDP ainsi qu’à l’ensemble du peuple burkinabè engagé dans la lutte contre le terrorisme

La hiérarchie de la gendarmerie a, par ailleurs, souligné la nécessité de renforcer les capacités de l’ENSOG. Le commandant de l’école a notamment plaidé pour la construction de dortoirs et de salles de cours sur le nouveau site de Logofourousso, la reprise de la formation au permis militaire de conduire et le renforcement du parc de moyens roulants destinés aux activités pratiques.

Romuald Dofini
Lefaso.net