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E-commerce : On ne sait plus s’il faut regarder les formes généreuses des vendeuses ou leurs produits ?

jeudi 10 septembre 2026.

 

Il fut un temps où, pour vendre un produit sur internet, il suffisait de montrer le produit. Une robe était mise en valeur pour sa coupe, un savon pour ses qualités, une pommade pour ses effets. Le client savait ce qu’il venait chercher et le commerçant savait ce qu’il voulait vendre. Aujourd’hui, certaines publications présentées comme des annonces commerciales semblent suivre une autre logique.

Le savon, la robe ou la pommade sont parfois relégués au second plan. Le véritable centre d’intérêt paraît être la personne qui présente l’article. Le produit est visible, certes, mais il ressemble parfois davantage à un accessoire qu’à la « vedette » de la publicité.
Le consommateur s’y perd. Il ouvre la publication pour découvrir un article à acheter et se retrouve devant une séance photo ou vidéo soigneusement mise en scène. Il cherche les caractéristiques du produit, son prix ou ses conditions de livraison. Mais son attention est constamment sollicitée sur les formes généreuses de la vendeuse.

À la fin, on se demande bien ce qui est réellement mis en vente ? Le savon, la robe, la pommade ou simplement l’image de celle qui les présente ?
La concurrence sur les réseaux sociaux est devenue féroce. Chacun cherche à capter quelques secondes d’attention dans le flot incessant de contenus qui défilent sur les écrans. Dans cette bataille pour la visibilité, certaines semblent avoir trouvé comment attirer le regard avec leur physique avant même de présenter le produit.

Le plus révélateur se trouve souvent dans les commentaires. Très peu de questions concernent l’article proposé.
Curieusement, les questions relatives au prix du produit ou aux modalités de livraison restent souvent sans réponse. En revanche, les commentaires faisant l’éloge de la beauté ou des formes de la vendeuse déclenchent une avalanche de réactions en quelques instants. Le produit semble alors passer au second plan.
Bien entendu, chacun est libre de communiquer comme il l’entend. Une commerçante a parfaitement le droit d’utiliser sa propre image pour promouvoir ses produits. Le problème n’est pas là.

La question devient plus délicate lorsque l’apparence physique semble prendre plus d’importance que l’article vendu. À partir de quel moment le marketing cesse-t-il de mettre en valeur un produit pour commencer à mettre en scène le corps ? Les avis divergent.

Cette tendance pose également une autre question : la visibilité obtenue se transforme-t-elle réellement en ventes ?
Il est vrai que les contenus qui attirent fortement le regard génèrent souvent davantage de vues, de commentaires et de partages. Mais le succès sur les réseaux sociaux ne garantit pas toujours le succès commercial. Une entreprise construit sa réputation sur la qualité de ses produits, la confiance de ses clients et la satisfaction qu’elle procure, pas uniquement sur le nombre de clics enregistrés sous une publication.
Pendant ce temps, les commerçantes qui passent leurs journées à expliquer les qualités de leurs articles, à répondre aux clients et à assurer les livraisons observent parfois le phénomène avec étonnement. Elles découvrent que, dans l’univers des réseaux sociaux, la qualité du produit ne suffit plus toujours à attirer l’attention.

Il faut aussi savoir composer avec les algorithmes et leur appétit insatiable pour tout ce qui capte immédiatement le regard.
À ce rythme, les écoles de commerce finiront peut-être par revoir leurs programmes. Après les cours de gestion, de marketing digital et de relation client, il faudra peut-être ajouter un nouveau module « Techniques avancées de détournement de l’attention vers les fesses ». Bon courage à toutes et à tous.

HFB
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