Soutenance à l’ENAM : Sylvain Compaoré a ouvert le bal sur la valorisation du patrimoine culturel immatériel
mardi 1er septembre 2026.
L’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) a procédé ce mardi 1er septembre 2026, au lancement officiel des soutenances de fin de formation des stagiaires des cycles A et P de la promotion 2024-2026. La cérémonie de lancement s’est tenue à Ouagadougou dans l’enceinte dudit établissement, sous la présidence du ministre des serviteurs du peuple, Mathias Traoré, suivie de la soutenance inaugurale par le stagiaire conseiller en gestion du patrimoine culturel, Sylvain Compaoré.
Après cinq années de suspension, l’ENAM a renoué en 2025, avec l’organisation des soutenances de fin de formation. « Cette dynamique se poursuivit en cette année 2026 avec l’introduction des soutenances, des rapports de stages, des cycles B. Nous avons vu soutenir depuis le mois de juin 389 impétrants qui sont admis après cette épreuve de soutenance des mémoires » a résumé le directeur général de l’ENAM, Dr Jacob Yarabatioula.
« Le coût global de ce processus s’élève à plus de 82 millions francs CFA », selon Dr Jacob Yarabatioula
Cette dynamique se poursuit avec les soutenances de fin de formation des stagiaires des cycles A et P de la promotion 2024-2026. « Cette session concerne 446 impétrants avec 1 458 membres de jury mobilisés pour examiner, apprécier et évaluer les travaux présentés par nos stagiaires… Il y a cependant un candidat qui n’a pas pu déposer son mémoire dans les délais. Il sera programmé pour la session de rattrapage » a détaillé le directeur général de l’ENAM.
En image, l’assistance présente pour la soutenance inaugurale
Selon le ministre des serviteurs du peuples, Mathias Traoré, ces soutenances s’inscrivent dans le cadre d’un vaste chantier de construction d’une administration publique nouvelle, où l’usager est roi et l’agent public serviteur. « Fini les lourdeurs, le favoritisme, l’affairisme, la corruption et le laxisme. Nous sommes invités à asseoir un système propre à nous, conforme à notre contexte, à nos réalités, à nos besoins et à nos gènes » a-t-il rappelé.
« Cette soutenance est un pas vers le regain de notre identité », Mathias Traoré
S’adressant par la suite aux membres du jury, Mathias Traoré a insisté sur leur tâche qui est des plus essentielles. « Au-delà de l’évaluation académique des rapports qui sont soumis à votre appréciation, vos observations et vos orientations participent directement à la formation et au perfectionnement des futurs cadres de notre nation. Exercez votre mission avec toute la rigueur, l’impartialité et l’exigence éthique qu’elle requiert » a-t-il lancé avant le début de la soutenance inaugurale.
« Nous avons effectué ce déplacement, au nom et pour ce que nos parents nous ont légué comme héritage : la tradition »
Pour ouvrir le bal, Sylvain Compaoré, stagiaire conseiller en gestion du patrimoine culturel. Son thème de mémoire : « Contribution de la journée des coutumes et traditions à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine culturel immatériel au Burkina Faso : cas de la commune de Ouagadougou. » Sur la table des jurés, son directeur de mémoire Dr Vincent Sedogo, la représentante de l’administration, Nadimi Jocelyne Boleane, et le président du jury, Bassolma Bazié.
« Pour que cette journée du 15 mai puisse être instituée, il a fallu le sacrifice de certaines personnes dont le chef de l’État », Bassolma Bazié
Des recommandations de l’impétrant, il propose la création d’une cellule nationale des adeptes traditionnels, cela pour coordonner les actions. « De par le passé, il n’y avait pas de coordination, chacun allait de son côté. Cela ne permet pas aux gens d’observer les pratiques réalisées. En s’organisant, cela permettrait de limiter les effets de folklorisation, parce qu’il y a des gens qui ne se référent pas à des logiques traditionnelles, mais plutôt aux éléments festifs, ce qui dénature certaines pratiques » a-t-il lâché.
« L’une des difficultés dans ce travail était la réticence de certaines ressources », Sylvain Compaoré
Pour le président du jury, le thème choisi par l’impétrant est d’actualité. « L’impétrant a présenté son travail avec une sérénité fort appréciable. Il y a aussi une qualité des sources évoquées. On note aussi qu’il est le premier à travailler sur cette question parce que les gens ont peur de s’y prêter. Il l’a fait avec courage. On ne peut que féliciter un tel candidat et inviter les uns et les autres à en faire de même » a-t-il salué, avant de lui décerner, avec l’ensemble des autres jurés, la note de 18/20.