Burkina/Sport : Farel Ouédraogo ou la course vers le sommet
mardi 1er septembre 2026.
Parmi les disciplines qui exigent vitesse et discipline, l’athlétisme occupe une place prépondérante dans l’univers sportif. Au Burkina Faso, Farel Ouédraogo se distingue sur les pistes du sprint. À seulement 22 ans, il est champion du Burkina Faso du 100 mètres, vice-champion de France du 60 m et détenteur du record national du 60 mètre en 6 secondes 72. Derrière ces performances se dessine le parcours d’un jeune athlète ambitieux, dont le rêve est de s’imposer au niveau international.
L’histoire de Farel Ouédraogo avec l’athlétisme commence dès la classe de première. Rapide à la base, il découvre avec son professeur d’EPS que l’athlétisme pourrait lui frayer un chemin de réussite. C’est ainsi qu’avec le temps, il découvre progressivement que le sprint peut devenir bien plus qu’une simple passion.
« De base, j’étais déjà rapide à l’école. C’est de là qu’on m’a conseillé d’aller commencer l’athlétisme. Dès mes premières compétitions, j’ai très rapidement compris que j’avais du potentiel en sprint. Et qu’avec du sérieux, je pouvais aller très loin et représenter dignement le Burkina Faso », a-t-il raconté.
« Je sais d’où je viens et je sais aussi où je veux aller », confie Farel Ouédraogo
Ayant bénéficié de l’encadrement de plusieurs entraîneurs, il a su révéler son talent au public en réalisant de belles performances au niveau national dès sa première année. En effet, en 2021, Farel Ouédraogo est champion du Burkina Faso et troisième au championnat d’Afrique de l’Ouest au Ghana. Il se rappelle encore de sa toute première compétition organisée par la ligue du Centre le 28 mars 2021. Là, il termine premier avec un chrono de 11,10 secondes avec un vent défavorable de -2,8 mètres par seconde. « Pour un début, c’était vraiment un chrono qui était très encourageant et beaucoup de coaches m’ont dit que je pouvais aller très loin dans l’athlétisme », se souvient-il.
Au fil du temps, les entraînements s’intensifient et les performances suivent. Le jeune sprinteur franchit un nouveau cap et devient champion du Burkina Faso du 100 mètres, mais c’est sur 60 mètres qu’il va particulièrement marquer les esprits avec un chrono de 6 secondes 72. Grâce à cette performance, Farel inscrit son nom dans l’histoire du sport burkinabè particulièrement dans le sprint, en battant le record national. Une performance qui, selon lui, va au-delà des chiffres.
L’objectif ultime, c’est de pouvoir participer aux différentes compétitions nationales comme internationales et aller remporter des médailles pour le Burkina Faso.
« Ces performances représentent pour moi beaucoup de fierté, mais aussi une très grande responsabilité. Elles témoignent du gros travail que nous avons fait depuis des années », a-t-il indiqué.
De toutes les performances déjà réalisées, son exploit lors du championnat de France occupe une place particulière. En terminant vice-champion de France du 60 mètres avec un chrono de 6 secondes 72, Farel Ouédraogo a non seulement décroché une médaille, mais a également établi un nouveau record national, une marque qui résistait depuis plus de 16 ans. Cette performance lui a surtout fait prendre conscience de l’étendue de son potentiel. Pourtant, le déclic remonte encore plus loin.
Dès sa première participation aux championnats nationaux, le jeune sprinteur s’adjuge le titre de champion du Burkina Faso du 100 mètres. Et ce, avec seulement peu d’entraînement. Il réalise alors un chrono de 10 secondes 75, dans des conditions de vent défavorable de -1,7 mètre par seconde. Une entrée en matière qui lui permet rapidement de comprendre qu’il a une place à prendre dans le sprint de haut niveau.
« Cette performance m’a fait comprendre que je pouvais aller beaucoup loin dans l’athlétisme », a-t-il laissé entendre.
Du haut de ses 1m85, Farel Ouédraogo évolue au sein du club Montpellier Athletic Mediterranée où il détient également le record du club de Montpellier et celui du département.
La vie d’un sprinteur de haut niveau impose d’énormes sacrifices. Pour le cas de Farel Ouédraogo, parvenir à courir aussi vite que l’éclair est le résultat de plusieurs mois de travail car derrière les quelques secondes qu’il passe sur la piste se cache des mois d’entraînements, de discipline, de contrôle alimentaire et de récupération.
« J’ai fait énormément de sacrifices cette année, notamment au niveau des entraînements. Les entraînements commençaient à partir de 9h et pouvaient aller jusqu’à 14h. La semaine d’entraînement, on s’entraînait 9 fois par semaine. J’ai fait aussi beaucoup de sacrifices en ce qui concerne les stages, les compléments alimentaires, les kinés, l’ostéopathie. J’ai beaucoup investi parce que je crois énormément à mon potentiel et je sais où je veux aller », s’est-il confié.
J’aimerais montrer au monde entier que le Burkina Faso possède aussi de grands talents au niveau du sprint mondial.
Comme tout sport, les performances attirent les regards. Cependant, le quotidien des différents acteurs est confronté par d’innombrables difficultés. Les doutes, les contre-performances, les périodes difficiles font partie de son parcours d’athlète. Par ailleurs, l’accompagnement financier demeure l’un des défis majeurs pour Farel. Mais plutôt que de renoncer, il choisit de s’en servir comme moteur car pour lui, évoluer au plus haut niveau nécessite un environnement à la hauteur des compétences et des ambitions de l’athlète.
« Les principales difficultés auxquelles je suis confronté cette année, c’est le manque d’accompagnement financier. Je ne bénéficie pas d’accompagnement pour financer ma saison. Avec les performances que j’ai réalisées cette année, on sait très bien que sans sacrifices, on ne peut pas atteindre ce niveau-là. Donc, il nous faut beaucoup d’accompagnement. Que ce soit moi, ou la jeune génération d’athlète, nous avons beaucoup de talent et il faut qu’on nous accompagne. Et je suis très sûr et certain que si on nous accompagne, nous pouvons représenter le Burkina Faso au plus haut niveau », a-t-il ajouté.
En dépit de ces obstacles, le sprinteur continue d’avancer et reste focus sur ses objectifs. Sa troisième place aux Championnats d’Afrique de l’Ouest junior au Ghana et son titre de vice-champion de France du 60 mètres témoignent de sa capacité à se mesurer à une concurrence internationale. Désormais, le jeune Farel tourne son regard vers l’avenir. Après avoir inscrit son nom sur le record national, il envisage de franchir un nouveau palier. Améliorer davantage ses performances et participer aux grandes compétitions internationales sont les objectifs définis par le jeune sprinteur.
« Mon objectif, c’est tout d’abord de continuer à progresser. Cette année avec mon coach et moi, nous nous sommes fixé des objectifs d’atteindre la barre des 10 secondes 10 sur les 100 mètres et 6 secondes 64 sur les 60 mètres. Ce sont des performances de niveau international. Nous savons que nous pouvons l’atteindre. Par la suite de ma carrière, je veux progressivement, participer aux jeux olympiques en 2028, et m’attaquer à la barrière des 10 secondes et devenir le premier burkinabè à courir les 100 mètres en moins de 10 secondes », souhaite-t-il.
Aussi étudiant en Master 2 en gestion et finance, Farel Ouédraogo n’en est encore qu’au début de son histoire. Et même si la piste se joue parfois en quelques secondes, son parcours, lui, se construit sur la patience, le travail et la détermination. Son prochain défi de courir plus vite, plus loin, et pourquoi pas, inscrire un jour son nom parmi les grands sprinteurs africains est lancé.