
Appel des leaders religieux et traditionnels du Burkina Faso, de la cote d’ivoire, du Ghana, du Mali et du Niger pour la paix et la cohésion sociale au sahel et en Afrique de l’ouest à travers l’initiative du sahel pour la paixINITIATIVE DU SAHEL POUR LA PAIX - SAHEL PEACE INITIATIVE (SPI) (Bamako, 27 mars 2026) La crise que traverse le Sahel et la sous-région ouest-africaine depuis plus d’une décennie est multidimensionnelle et est alimentée par de nombreux facteurs. Elle est à la fois sécuritaire, humanitaire, socio-politique, géopolitique et forcément économique. Elle trouve un terreau fertile dans la vulnérabilité économique structurelle des populations, l’effritement des cadres de transmission des valeurs favorisant le vivre ensemble, les déficiences du fonctionnement de l’Etat (mauvaise qualité de la gouvernance entrainant entre autres, la corruption, les inégalités sociales et économiques), les conflits d’accès aux ressources naturelles, les conflits entre communautés, l’instrumentalisation des identités culturelles, religieuses et socio-politiques. Initialement circonscrite au Sahel central (Burkina Faso, Mali et Niger), cette crise s’étend aujourd’hui aux pays côtiers du Golfe de Guinée, exposant des régions auparavant stables à de nouvelles formes de violences. Dans le Sahel central, en particulier, la crise continue de se traduire, en autres, par des atteintes aux personnes et à leurs biens : assassinats ciblés et enlèvements, fermeture de nombreuses écoles et de services de santé, destruction de milliers de foyers de responsables communautaires, déplacements massifs de populations et autres atteintes graves aux droits humains dont la liberté de conscience, de parole et de religion, etc. Aux auteurs des attaques et des massacres, à y mettre fin au nom du respect de la vie qui est un don sacré de Dieu dont personne ne saurait disposer, quels que soient son ressenti, son ambition, son appartenance ethnique, culturelle, politique ou religieuse. Aux pouvoirs publics, à faire de la protection des populations et de leur développement humain intégral, la priorité absolue, à promouvoir par des actes concrets une gouvernance par l’exemplarité empreinte de justice sociale, d’intégrité, de redevabilité et de recherche du bien commun, au-delà de leurs aspirations légitimes à la souveraineté dans le contexte actuel de reconfiguration géopolitique du monde. A cet effet, leur soutien multiforme aux efforts des leaders religieux et coutumiers en matière de construction de la paix et de la cohésion sociale est vivement attendu, car là où leur légitimité administrative peine à atteindre les cœurs, l’autorité morale de ces derniers peut ouvrir des portes. Pour faire face à la crise sécuritaire, la coopération transfrontalière et régionale est une nécessité, car aucun pays n’est suffisamment fort pour y faire face tout seul. L’initiative du Sahel pour la Paix (SPI) est un instrument au service de la paix dans les pays du sahel et en Afrique de l’Ouest. Elle demande à être soutenue afin de porter d’autres initiatives et mobiliser les leaders religieux et coutumiers pour des actions collectives en faveur du bien commun. Aux leaders des communautés coutumières et religieuses, à user de leur autorité morale dans une approche interreligieuse pour éduquer au respect de la dignité humaine, à préserver la liberté religieuse, les valeurs humaines et spirituelles communes à tous les hommes, créés par Dieu, et à promouvoir le dialogue interreligieux fondé sur la bienveillance et la recherche de la paix par la compréhension mutuelle, la prière, les discours et les actes empreints de respect et orientés vers la recherche du bien commun. Aux acteurs internationaux, à jouer un rôle positif dans la reconfiguration géopolitique actuelle du monde, en respectant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de leurs ressources naturelles locales pour leur propre développement, en soutenant les Etats pour faire face aux défis transnationaux (prolifération nucléaire, changements climatiques, crises migratoires, pauvreté, insécurité, etc.), en mettant fin aux accords injustes qui plombent le développement des pays, en mettant fin à la prolifération des armes et en cessant la création et l’alimentation des conflits. Aux partenaires techniques et financiers, à soutenir toutes les initiatives de paix. La paix a besoin de ressources, d’un investissement réel, concret, patient, cohérent, durable. Soutenir les efforts de paix, c’est renforcer la prévention, c’est appuyer la cohésion sociale, c’est soutenir la médiation, l’écoute, la résilience locale, la reconstruction de la confiance au plan local et international. Aux représentations diplomatiques dans nos pays respectifs, à promouvoir une coopération sincère, soucieuse des intérêts des peuples et respectueuse du Droit international. Aux organisations locales et communautaires, à prendre davantage conscience de leur rôle de veille, de sentinelle dans les communautés et à prendre précocement soin des situations de détresse, en gardant allumée la lampe de l’espérance là où beaucoup ne voient plus d’issue. Qu’elles soient toujours sel et levain dans la pâte, et s’engagent à compter d’abord sur elles-mêmes ! Aux familles, cellules de base et d’avenir de la société, à jouer pleinement leur rôle de promotrices de la vie et des valeurs humaines. Aux femmes, qui portent souvent l’essentiel sans bruit, tiennent les familles, portent la mémoire, soutiennent la vie, empêchent parfois que le tissu humain ne se déchire complètement, à jouer un rôle d’équilibre, à favoriser la paix et la cohésion sociale grâce à leur capacité à écouter, à concilier et à créer du lien. Aux acteurs des organisations non-étatiques et à toutes les personnes de bonne volonté, à accompagner les initiatives, pour un monde réconcilié dans la justice et la paix véritable. La paix étant un don de Dieu mais aussi le fruit de l’effort des hommes, nous, leaders religieux, traditionnels et coutumiers réunis à Bamako les 26 et 27 mars 2026 autour du thème « la paix au sahel et en Afrique de l’Ouest : un appel des leaders religieux et traditionnels à la cohésion sociale par l’action collective ! », réaffirmons notre engagement à collaborer avec toutes les personnes de bonne volonté. Et ce, pour que cessent toutes les formes de violence et que leurs causes profondes soient éradiquées. Dans cette marche pour la reconquête de la Paix au Sahel, en Afrique de l’Ouest et ailleurs que nous accompagnons de notre prière, l’engagement et la contribution de tous seront précieux et déterminants ! Ont Signé : Le représentant de la Communauté musulmane Le représentant de la chefferie coutumière Le représentant de la Communauté protestante Le représentant de la Communauté catholique |