
Interdiction chicha au Mali et paquet neutre cigarettes en Côte d’Ivoire : ACONTA félicite des mesures de protection de la jeunesse africaineLa Côte d’Ivoire est, à partir du 1er août 2026, passée à un autre niveau de renforcement de sa politique de lutte contre le tabagisme, avec l’entrée en vigueur de l’obligation du paquet neutre pour l’ensemble des produits du tabac et de la nicotine commercialisés sur son territoire national. Cette importante mesure, tout comme celle prise par les autorités maliennes, trois semaines plus tôt, et portant interdiction totale de la chicha, est accueillie avec intérêt par Afrique contre le Tabac (ACONTA), organisation de la société civile burkinabè de lutte contre le tabac et les stupéfiants, dont le rôle de veille aspire également à une vision globale africaine. La Côte d’Ivoire devient donc, à en croire plusieurs sources, le deuxième pays en Afrique, après l’Île Maurice, à adopter le paquet neutre pour les produits du tabac, une mesure destinée à réduire l’attrait des cigarettes, notamment auprès des enfants. Par cette mesure, les autorités sanitaires entendent standardiser l’emballage et supprimer les éléments de marketing visuel qui attirent particulièrement les jeunes consommateurs. « Concrètement, le paquet neutre impose une couleur uniforme, généralement un vert olive terne, et bannit logos, typographies distinctives et couleurs attractives. Seul le nom du fabricant subsiste, accompagné d’avertissements sanitaires graphiques occupant l’essentiel de la surface. En effet, ce modèle, introduit en Australie en 2012, a déjà été adopté par la France, le Royaume‑Uni ou encore la Nouvelle‑Zélande. En rejoignant ce cercle restreint, la Côte d’Ivoire s’aligne sur les recommandations de la Convention‑cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, qui identifie le conditionnement neutre comme l’un des leviers les plus efficaces pour réduire la consommation », justifient les acteurs de lutte, pour qui, il s’agit par-là de protéger la santé publique et empêcher l’industrie du tabac de cibler les jeunes à travers son marketing agressif. En effet, les données australiennes montrent que le paquet neutre réduit la prévalence tabagique sans favoriser la contrebande, contrairement aux arguments des cigarettiers. Un micro-trottoir réalisé dans des rues de la capitale économique ivoirienne, quelques jours après l’entrée en vigueur du paquet neutre, montre que la mesure a des échos favorables au sein des populations. Des fumeurs confient être rebutés par le nouveau paquet de cigarettes (de par l’allure que porte désormais le paquet), même si dans le même temps, des fumeurs déplorent en être dépendants. En tous les cas, se réjouissent des observateurs, cette entrée en vigueur du paquet va contribuer à préserver de nombreux jeunes et adolescents de basculer dans le phénomène et même pousser des fumeurs à puiser dans leur ultime volonté d’abandonner ces produits nuisibles à leur santé et à celle de leur entourage. Trois semaines plus tôt, précisément le 7 juillet 2026, six ministères maliens (Sécurité et Protection civile, Justice et Droits de l’homme, Santé et Développement social, Économie et Finances, Industrie et Commerce ainsi que Jeunesse et Sports) ont co-signé un arrêté inter qui durcit considérablement l’interdiction de la chicha sur le territoire national. Désormais, au Mali, c’est l’ensemble de la chaîne de la chicha (ou narguilé), du tabamel, des arômes destinés à son utilisation et de tout dispositif similaire sur l’ensemble du territoire national, qui est concerné par l’interdiction (production, commercialisation, détention, publicité et même l’apologie de la chicha). Cette extension vise à, selon les autorités maliennes, couper court à la fois à la fabrication artisanale locale et à toute promotion du produit, y compris sur les réseaux sociaux. Aussi, les peines sont revues à la hausse par cette mesure en vigueur depuis le 7 juillet 2026. Aussi, et à titre illustratif, la production, la fabrication, la transformation ou l’importation de chicha sont punies d’un à trois ans d’emprisonnement et de cinq à quinze millions FCFA d’amende. La distribution, la mise en vente ou la commercialisation exposent à la même peine de prison, assortie d’une amende d’un à trois millions FCFA, tandis que la simple détention est, elle, punie de trois à douze mois de prison et de 600 000 à 2 millions de francs CFA d’amende. Même l’usage personnel expose à trois à douze mois de prison et 500 000 à 1,5 million de francs CFA d’amende. La publicité ou l’apologie du produit sont punies de trois à douze mois de prison et de 600 000 à 2 millions de francs CFA d’amende. En cas de récidive, toutes ces peines sont doublées. Toutes ces actualités sont suivies avec attention et accueillies avec joie par l’organisation de la société civile burkinabè de lutte contre les produits tabagiques et les stupéfiants, Afrique contre le Tabac (ACONTA), dont l’une des missions-phares est d’assurer la veille en la matière. Contactés sur le sujet pour une appréciation, les responsables de cette association ont d’abord relevé que cette lutte doit être une dynamique d’ensemble, telle qu’encouragée surtout par l’Organisation mondiale de la santé. Selon les dirigeants d’ACONTA, dans un contexte sous-régional fait de grand défis sécuritaires, et au regard de la passerelle qui existe entre ces produits tabagiques, les stupéfiants et l’insécurité, l’intérêt pour les actions menées, notamment dans la sous-région, est vite établi. De l’avis de ceux-ci, une jeunesse africaine en bonne santé mentale et physique est un impératif pour relever les nombreux défis auxquels fait face le continent. Ce d’autant que, observent-ils, face aux durcissements des légalisations ailleurs, les industries de tabac ont jeté leur dévolu sur l’Afrique, en ciblant notamment les jeunes et les adolescents. C’est au regard de tous ces enjeux, que l’association, ACONTA, a saisi l’occasion de ces actualités pour réitérer les reconnaissances aux autorités burkinabè, pour les énormes efforts et actions déployés dans la lutte et, partant, pour la performance que le pays enregistre ces dernières années dans le domaine. « Au-delà de sécuriser les jeunes, les adolescents, c’est la santé des populations qui est ainsi défendue et préservée par nos dirigeants, et il faut vraiment saluer cette vision et cette détermination au plus haut sommet de l’Etat », ont-ils commenté. Ils rappellent au passage que le rapport 2025 sur l’indice d’ingérence de l’industrie du tabac au Burkina Faso classe honorablement le pays au 8e rang à l’échelle mondiale (sur 100 pays évalués) et 3è au niveau africain (sur 20 pays évalués), alors que dans le précédent classement, en 2023, le Burkina occupait respectivement la 11è et 4è places. Ils se disent confiants quant aux plaidoyers qu’ils continuent de mener donc pour la prise de certaines mesures visant à consolider les acquis. Il s’agit entre autres de la finalisation du processus de mise en œuvre du conditionnement neutre des produits du tabac au Burkina Faso ; le renforcement du programme national de lutte contre le tabac davantage en moyens ; l’adoption du projet de décret sur la prévention de l’ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques de santé publique, etc. O.L. |