
Analyse de l’adoption des technologies agroforestières dans la zone rurale et périurbaine de Bobo-DioulassoKoueta Téré Roland1 , Nakoulma Goama et Gomgnimbou P.K. Alain 1Université Joseph KI-ZERBO, Département de Géographie, Laboratoire Dynamiques des Espaces et Sociétés, 01 BP 85, Ouagadougou 01, Burkina Faso, tererolandkoueta@gmail.com 2 Institut des Sciences des Sociétés, Centre Nationale de la Recherche Scientifique et Technologique/Laboratoire Dynamique des Espaces et Sociétés, UJK-Z, 01 BP 85, Ouagadougou 01, Burkina Faso, ngoama@yahoo.fr 3Institut de l’Environnement et de la Recherche Agricole/Centre Nationale de la Recherche Scientifique et Technologique, Laboratoire Sol-Eau-Plante, BP 910, Bobo Dioulasso, Burkina Faso, gpkalain@yahoo.fr/gomalain@gmail.com Résumé L’article de vulgarisation est extrait de l’article scientifique intitulé « Pratiques agroforestières et facteurs déterminants leur adoption dans la commune rurale de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso », publié dans la revue, IJPSAT, International Journal of Progressive Sciences and Technologies, Vol.40, N°2 ISSN : 2509-0119. Cette étude visait à faire l’état des lieux des pratiques agroforestières et à analyser les facteurs clés de leurs adoptions afin d’obtenir plus de clarté sur l’agroforesterie dans la commune de Bobo-Dioulasso en vue de promouvoir de bonnes pratiques agroforestières. Pour atteindre cet objectif, des entretiens individuels sur la base d’un questionnaire semi-structuré ont été conduits auprès de 385 producteurs, chefs de ménages, choisis de manière aléatoire dans cinq villages de la commune. Sur l’échantillon de 385 producteurs enquêtés, 85,05% ont affirmé une tendance à la hausse de l’agroforesterie au cours des 40 dernières années Mots clés – Pratiques Agroforestières, Facteurs D’adoption, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Introduction L’agroforesterie, qui associe arbres et agriculture, est une alternative entre déforestation et conservation des forêts (CTA, 2004 ; Young A., 1988). Cependant, l’introduction de nouvelles cultures a entraîné un déclin de l’importance des arbres dans les zones agricoles (Ouoba H. Y. et al., 2018). Face aux coûts environnementaux de ces pratiques, la communauté scientifique appelle à un changement vers des systèmes agroalimentaires durables et résilients (Lamouri J. et Lavoie A., 2016). L’agroforesterie, qui répond à ces enjeux, refait surface avec de nouveaux projets (Mormont M. M., 2011). Au Burkina Faso, l’agroforesterie a été adoptée comme une alternative durable de gestion des terres après les sécheresses de 1973 et 1974 (Hallé F., 1986). Cependant, malgré de nombreuses recherches (Bengali M. M., 2018 ; Cissé M. et al., 2018 ; Ouoba H. Y. et al., 2018 ; Akplo T. M. et al., 2019 ; Natta A. K. et al., 2012 ; Adekambi S. A. et al., 2021 ; Johns K., 2017 ; Mormont M. M., 2011), les pratiques agroforestières sont peu adoptées par les producteurs. Cette étude vise à analyser les facteurs qui influencent l’adoption de ces pratiques dans la commune de Bobo-Dioulasso. 1. But de la recherche Le but de cette recherche est d’analyser les facteurs clés de leur adoption de l’agroforesterie dans la commune de Bobo-Dioulasso. L’objectif ultime était d’obtenir une meilleure compréhension de l’agroforesterie dans cette commune afin de promouvoir de meilleures pratiques agroforestières pour le bénéfice des populations locales et de l’environnement. Quels facteurs biophysiques et socio-économiques influencent-ils leurs adoptions dans la commune de Bobo-Dioulasso ? 2. Comment avons-nous procédé ? L’étude a été menée dans la commune de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, dans cinq villages choisis pour leur proximité ou leur éloignement de la ville. Un total de 384 producteurs ont été interrogés, déterminés par un échantillon par quota. La taille de l’échantillon a été calculée à l’aide de la formule : 𝒏=(𝒁²∗𝒑(𝟏−𝒑)) /𝒆². La carte ci-dessous présente les sites de recherche.
Les données pour cette étude ont été collectées à l’aide de méthodes quantitatives et qualitatives, notamment des enquêtes et des entretiens individuels et de groupe de discussion avec des producteurs, des associations agricoles. Ces données ont été recueillies à l’aide de questionnaires et de formulaires d’entretien implémentés dans l’application Kobo Collect. Le traitement des données a été réalisée à l’aide de plusieurs logiciels, notamment R pour la conception du modèle de régression logistique binaire, Excel pour l’élaboration des tableaux et graphiques croisés dynamiques. Aussi, une tablette a été utilisée pour les prises de vues et le logiciel ArcGIS pour la réalisation de la carte de localisation. 3. Qu’avons-nous appris ? Résultats 1 : Facteurs déterminants l’adoption des pratiques agroforestières Source : R Koueta, données terrain 2023 Les modèles de régression Logistique basés sur les valeurs du pseudo R² de McFadden sont de qualité suffisante pour expliquer les facteurs d’adoption des pratiques agroforestières, où Chi2 à 18° degrés de liberté = 240,28***. Le test de Chi-deux a permis d’apprécier globalement le modèle. Dans le cas présent, le modèle est nettement meilleur que le modèle trivial qu’il améliore de près 48%. Les facteurs explicatifs du modèle et des pratiques agroforestières comprennent des variables telles que l’éducation, l’adhésion à des organisations paysannes, les conditions environnementales et le village de producteurs. L’analyse du tableau montre que la variable niveau d’éducation (secondaire) est significatif au seuil de 1% et que l’appartenance à un groupement paysan et les conditions biophysiques sont significatifs au seuil de 10% et le village d’appartenance du producteur au seuil de 5%. Cela traduit que lorsque le producteur à un niveau secondaire, il est très influencé à adopter l’agroforesterie. Il en est de même pour ceux qui sont dans des groupements de producteurs et le contexte environnemental. Plus le producteur est dans un groupement de producteurs, plus il est influencé à pratiquer l’agroforesterie pour améliorer la productivité de ses sols ; et plus le climat est bien humide, plus les producteurs sont tentés d’adopter l’agroforesterie. Résultats 2 : Défis des pratiques agroforestières dans la commune Conclusion et recommandations |