Douanes : 60 millions de francs CFA en faux billets et des produits prohibés saisis dans un bus à Tenkodogo
jeudi 13 août 2026.
Un bus de transport en commun, 60 millions de francs CFA en faux billets, des produits prohibés et plusieurs zones d’ombre sur l’identité des propriétaires des colis. C’est le contenu d’une saisie présentée à la presse par la direction générale des douanes, ce 13 août 2026 à Ouagadougou. Le propriétaire du véhicule, A.A. Tall, de nationalité malienne, nie toute responsabilité dans le transport des marchandises découvertes. Les douanes, elles, annoncent l’ouverture d’une procédure judiciaire.
C’est le 23 juillet 2026 que les services des douanes saisissent à Tenkodogo un bus de transport en commun immatriculé BE4881 RB. Le véhicule doit ensuite être conduit au siège de la Direction générale des douanes (DGD), à Ouagadougou, pour des contrôles plus approfondis. Mais l’acheminement du bus connaît un contretemps. En cours de route, le véhicule tombe en panne à Toécé, à environ 80 kilomètres de Ouagadougou. Les agents des douanes chargés de son acheminement sollicitent alors l’appui de la gendarmerie et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) de la localité. Le bus est placé sous leur garde pendant la réparation. Après la remise en état du véhicule, celui-ci est finalement conduit à la DGD le 31 juillet 2026. Les agents procèdent alors à une fouille plus approfondie des colis transportés à bord.
Un carton « objet fragile » attire l’attention
C’est dans le coffre du bus que les agents découvrent notamment des colis contenant des produits prohibés. Parmi ceux-ci figurent des boules de chanvre indien et des plaquettes de Tapentadol. Mais la découverte la plus importante intervient lors de la fouille des colis à la Direction générale des douanes. Dans un carton portant l’inscription « objet fragile », les agents découvrent des billets de banque en coupures de 5 000 francs CFA. Les billets sont soumis aux appareils de contrôle. Le résultat est sans appel pour les services douaniers : il s’agit de faux billets. Au total, 60 millions de francs CFA en faux billets, pour un poids de 12 kilogrammes, ont été saisis.
Les faux billets saisis
La cargaison comprenait également 99 plaquettes de Tapentadol, d’un poids total de trois kilogrammes, dont la valeur marchande intérieure est estimée à 2 044 350 francs CFA. Les agents ont aussi découvert 360 plaquettes de Vasilium, pesant 10 kilogrammes et évaluées à 960 000 francs CFA. À cela s’ajoutent dix boules de chanvre indien, pour un poids total de cinq kilogrammes et une valeur marchande intérieure estimée à 600 000 francs CFA. Le véhicule de marque Yutong lui-même est évalué à 10 millions de francs CFA. Au total, la valeur marchande intérieure de l’ensemble est estimée par la DGD à 75 604 350 francs CFA.
« Je ne connais pas les propriétaires des colis »
Face à cette saisie, la question de la propriété des marchandises se pose immédiatement. Qui a chargé ces colis dans le bus ? À qui appartiennent les faux billets et les produits prohibés ? Et surtout, le propriétaire du véhicule était-il au courant de leur présence ? Le propriétaire du bus, A.A. Tall, de nationalité malienne, était présent pour s’expliquer devant les journalistes et les services des douanes. Il rejette toute responsabilité dans cette affaire. Il affirme notamment ne pas connaître les propriétaires des colis retrouvés dans son véhicule. « Je ne regrette pas puisque je ne suis pas responsable de ce colis », a-t-il lancé.
Les agents des douanes expliquent, de leur côté, que le convoyeur leur avait indiqué que le bus transportait des « marchandises diverses ». Lorsque les agents ont cherché à savoir à qui appartenaient les produits prohibés, le convoyeur aurait répondu qu’il ne le savait pas. La situation est d’autant plus délicate que le convoyeur et l’apprenti, considérés comme des personnes susceptibles de fournir des informations sur le chargement du bus, ne sont plus présents. Selon les éléments communiqués par la douane, le propriétaire du véhicule les aurait renvoyés avant que les faux billets ne soient découverts. Pour les services douaniers, cette disparition constitue un élément qui devra être éclairci dans le cadre de la procédure. Elle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à établir une quelconque responsabilité pénale. La justice devra déterminer le rôle exact de chaque personne impliquée.
A.A. Tall a licencié le convoyeur et l’apprenti chauffeur avant que les services des douanes ne puissent entendre leur version
Pour le directeur général des douanes, Dr Yves Kafando, la particularité de cette saisie réside surtout dans la présence des faux billets de banque. « Cette saisie, malheureusement, n’est pas fréquente parce qu’elle porte sur des faux billets de banque », a-t-il expliqué. Le directeur estime que l’introduction de 60 millions de francs CFA en faux billets dans le circuit économique pourrait avoir des conséquences importantes. Il évoque également le risque que ce type d’opération puisse contribuer au financement d’activités criminelles. Mais contrairement à certaines infractions douanières susceptibles de faire l’objet d’une transaction, les produits saisis dans cette affaire ne devraient pas, selon lui, être concernés par une telle procédure.
« Nous ne pouvons pas transiger sur des drogues. Nous ne pouvons pas transiger sur des produits aussi nocifs comme le Tapentadol. Nous ne pouvons pas transiger sur des faux billets de banque », a déclaré le directeur général des douanes. Les billets, les produits prohibés et les autres éléments matériels de la saisie doivent ainsi être transmis au procureur dans le cadre de la procédure judiciaire.
« Nous travaillons à sécuriser l’économie pour garantir une saine concurrence entre les opérateurs », a fait savoir le DR Yves Kafando
La douane veut renforcer sa vigilance
Dr Yves Kafando a par ailleurs félicité les agents ayant participé à l’opération. Pour lui, cette saisie illustre la nécessité pour les services douaniers de rester constamment en alerte face à l’évolution des méthodes de fraude. « Le mode opératoire des contrebandiers évolue », a-t-il souligné, appelant les agents à maintenir un niveau de vigilance élevé.
Cette opération s’inscrit dans une série d’actions menées par la douane pour lutter contre la fraude et la contrebande. Le directeur général rappelle que l’objectif est notamment d’assainir le milieu commercial, de lutter contre les pratiques contraires à la réglementation et de contribuer à la sécurisation de l’économie nationale.
Au-delà de la valeur de la saisie, l’affaire met surtout en évidence les difficultés liées au transport de colis par les véhicules de transport en commun. Dans ce dossier, les agents ont pu remonter jusqu’au propriétaire du bus, mais l’origine exacte des marchandises et l’identité de leurs véritables propriétaires restent encore à établir.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
Vos réactions (8)
par bougre33, 13 août 22:44
BRAVO A LA DOUANE ! DES INVESTIGATIONS SERIEUSES DOIVENT ETRE ORDONNEES AU BURKINA ET AU MALI PAR LES BRIGADES ANTI-TERRORISTES ! IL NOUS FAUT DES VEHICULES-SCANNER POUR LA DOUANE COMME AU NIGER !
A.A. Tall a licencié le convoyeur et l’apprenti chauffeur avant que les services des douanes ne puissent entendre leur version.
Cette phrase veux tout dire, comme ilm a su qque le camion a ete arreter, il a su qu on allait fouille le camion et decouvrir la chose dc les on allait questioner l apprentis et le convoyeur qui allait le denoncer. Il les a chasser pur se proteger.
dite lui q tenat qu il ne les retrouve pas, on va l emprisonner, il avouera tou. Il conait tres bien le proprietaiure des marchandise.
J’ai toujours pensé que dans nos pays, rares sont les personnes hyper riches qui sont honnêtes : du trafics de tout genre ( trafics de drogues, trafics de marchandises contrefaits, de produit produits prohibés et surtout dangereux pour leurs concitoyens ) en passant par toutes sortes de pratiques dont la corruption a travers les marchés publics. La fausse monnaie est aussi un moyen de s’enrichir..
Pour revenir a notre cas ici présent, en général, on sait ce qu’on charge dans son véhicule . Le licenciement des 2 personnes est révélateur de ka responsabilité du propriétaire. D’ailleurs sous d’autres cieux, il serait déjà menotté et en prison en attendant son procès.
"Le véhicule doit ensuite être conduit au siège de la Direction générale des douanes (DGD), à Ouagadougou, pour des contrôles plus approfondis." Mais qu’est-ce qui a incité les agents des douanes à vouloir approfondir les contrôles à Ouaga ? "le propriétaire du véhicule les aurait renvoyés (licenciés) avant que les faux billets ne soient découverts." Hum, difficile de faire plus suspect... presque une démonstration de culpabilité et du peu de confiance qu’il avait dans ses complices... Pourra-t-on les retrouver ?
C’est peut être la preuve que les sources de financement du terrorisme sont entrain d’être fermées. Ne pouvant plus trouver de la vraie liquidité pour payer leurs terroristes, ils procèdent ainsi tout en sachant que la majorité de leurs troupes ont un gros pourcentage d’illustres ! Ces pauvres ères ne vont jamais savoir qu’on leur donne des faux billets, jusqu’à ce qu’on mette la main sur eux !
Quant au propriétaire du car, pas de pitié jusqu’à ce qu’il fasse revenir le chauffeur et son convoyeur. A défaut de la peine de mort qui n’existe plus, il faut leur appliquer la prison à vie pour financement du terrorisme ! Il faut qu’on en finisse !
Je ne suis pas à l’aise avec la procédure pour acheminer le car à Ouagadougou et le fait qu’on ait laissé les employés partir. Ce qui a rendu le car suspect était applicable également aux personnes responsables du car lors de sa saisie. Maintenant, le propriétaire du car là lui aussi... On sait comment ça se passe...
Je pense que le DG douanes a trop parlé à l’occasion de cette saisi. Il ne devrait pas avoir autant de dialogues et pingpongs entre lui et le fautif. Force doit rester à la loi.
On avait l’impression d’être déjà en procès.