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Fait divers : L’Église catholique refuse les funérailles religieuses d’un célèbre guitariste franc-maçon

lundi 10 août 2026.

 

La messe de funérailles du guitariste italien Bruno Battisti D’Amario, connu notamment pour sa collaboration avec le compositeur Ennio Morricone, n’a finalement pas été célébrée à Rome. En cause : l’engagement du musicien au sein de la franc-maçonnerie italienne, révélé publiquement après son décès. La décision, prise par le cardinal Baldassarre Reina, vicaire général du pape Léon XIV pour le diocèse de Rome, remet en lumière la position de l’Église catholique sur l’incompatibilité entre foi catholique et appartenance maçonnique.

Tout était pourtant prévu pour un dernier hommage religieux à Bruno Battisti D’Amario. Décédé le 5 août 2026 à l’âge de 88 ans, le célèbre guitariste italien devait bénéficier de funérailles catholiques à la basilique Santa Maria in Montesanto, sur la Piazza del Popolo à Rome, connue également sous le nom d’« église des Artistes ».

Selon les informations rapportées par Tribune chrétienne, la célébration avait été initialement acceptée et une ouverture exceptionnelle de l’édifice, habituellement fermé au mois d’août, avait même été programmée. Mais les préparatifs ont été interrompus après la révélation de l’engagement maçonnique du défunt.

Saisi de l’affaire, le cardinal Baldassarre Reina, vicaire général du pape pour le diocèse de Rome, a finalement refusé d’autoriser la messe d’obsèques après consultation du service juridique diocésain.

Un guitariste associé aux musiques mythiques des célèbres films western

Né à Rome en 1937, Bruno Battisti D’Amario était une figure reconnue de la guitare classique italienne. Enseignant, compositeur et concertiste, il avait collaboré avec plusieurs grands noms de la musique et du cinéma italiens, dont Nino Rota et surtout Ennio Morricone.

Sa guitare accompagne plusieurs bandes originales entrées dans l’histoire du cinéma, notamment celles des westerns de Sergio Leone. Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute et le Truand ou encore. Il était une fois dans l’Ouest comptent parmi les œuvres auxquelles son jeu est associé.

Le Grand Orient d’Italie révèle son engagement maçonnique

Ce n’est cependant pas la carrière musicale du défunt qui a bouleversé l’organisation de ses obsèques, mais une autre facette de sa vie. Après sa disparition, l’organisation maçonnique Grand Orient d’Italie (GOI) a rendu hommage au musicien en révélant l’importance des responsabilités qu’il avait exercées au sein de cette organisation maçonnique. Selon les éléments rapportés par Tribune chrétienne, Bruno Battisti D’Amario avait fondé la loge romaine Giuseppe Leti. Il avait également été à deux reprises président du Collège régional des Vénérables Maîtres du Latium et conseiller de l’Ordre. Il était par ailleurs le compositeur de l’hymne du Grand Orient d’Italie.

Son engagement dans la franc-maçonnerie n’était donc pas seulement circonstanciel. Des publications antérieures du milieu maçonnique italien le présentaient déjà publiquement comme membre du Grand Orient et responsable maçonnique du Latium. Le problème, selon le récit publié par Tribune chrétienne, est que les responsables de la basilique romaine ignoraient cette appartenance lorsqu’ils avaient donné leur accord pour la célébration des obsèques.

La décision remonte jusqu’au vicaire du pape

Une fois informé, le recteur de la basilique Santa Maria in Montesanto, Mgr Antonio Staglianò, également président de l’Académie pontificale de théologie, aurait procédé à des vérifications avant de saisir sa hiérarchie. L’affaire est ainsi remontée jusqu’au cardinal Baldassarre Reina. Après consultation du service juridique du diocèse de Rome, celui-ci a refusé l’autorisation de célébrer la messe de funérailles. Le recteur de la basilique indique avoir ensuite reçu une communication écrite du cardinal-vicaire confirmant cette décision.

Selon la même source, Mgr Staglianò s’est entretenu avec la fille du défunt, qui aurait déclaré ne pas avoir eu connaissance de l’appartenance maçonnique de son père. Les responsables ecclésiastiques n’auraient par ailleurs reçu aucun élément permettant d’établir que Bruno Battisti D’Amario avait renoncé à la franc-maçonnerie avant sa mort. Les funérailles catholiques ont donc été annulées.

Une prière privée a néanmoins été organisée avec la famille, en présence d’un prêtre mais sans célébration liturgique des obsèques. Le recteur de la basilique a également indiqué que des messes pouvaient ultérieurement être célébrées pour le repos de l’âme du musicien.

Catholique et franc-maçon : que dit officiellement l’Église ?

Au-delà de la personnalité de Bruno Battisti D’Amario, l’affaire remet au premier plan une question ancienne : peut-on appartenir simultanément à l’Église catholique et à la franc-maçonnerie ? Sur ce point, la position doctrinale officielle du Vatican reste négative.

Le 26 novembre 1983, après l’entrée en vigueur du nouveau Code de droit canonique qui ne mentionnait plus explicitement la franc-maçonnerie, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait publié une déclaration destinée à lever les ambiguïtés. Le document, signé par le cardinal Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI, affirme que le jugement négatif de l’Église à l’égard des associations maçonniques reste inchangé, leurs principes étant considérés comme inconciliables avec la doctrine catholique. L’adhésion à ces organisations demeure donc interdite aux fidèles catholiques. Le texte précise que ceux qui y adhèrent sont considérés comme étant en situation de péché grave et ne peuvent recevoir la communion.

Déclaration du Vatican de 1983 sur les associations maçonniques

Cette position n’appartient pas seulement à l’histoire. Elle a été réaffirmée en novembre 2023 par le Dicastère pour la doctrine de la foi, à la suite d’une demande de clarification d’un évêque philippin confronté à l’adhésion de catholiques à des loges maçonniques. Le dicastère a alors rappelé que l’adhésion active d’un fidèle à la franc-maçonnerie demeure interdite en raison de l’incompatibilité doctrinale retenue par l’Église catholique.

Une affaire qui dépasse le monde de la musique

La décision prise à Rome suscite d’autant plus l’attention que Bruno Battisti D’Amario était une personnalité reconnue de la culture italienne. Quelques mois encore avant son décès, en mars 2026, Radio Vatican consacrait une émission à la publication d’un album regroupant son œuvre pour guitare.

L’annulation de ses funérailles religieuses illustre ainsi de manière concrète une incompatibilité doctrinale que nombre de catholiques connaissent parfois peu. Elle rappelle également la distinction faite par l’Église entre sa discipline concernant l’appartenance maçonnique et la prière pour une personne décédée : dans le cas de Bruno Battisti D’Amario, la messe publique de funérailles n’a pas été autorisée, mais sa famille a pu se recueillir avec un prêtre et la possibilité de célébrer ultérieurement des messes à son intention n’a pas été exclue.

Lefaso.net
Avec Tribune chrétienne et d’autres sources



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