
Burkina/Souveraineté numérique : Izaï Toé plaide pour un double ancrage des données nationalesÀ l’occasion du lancement le 31 juillet 2026 d’IKA Cloud, plateforme d’hébergement de données 100 % locale, le directeur exécutif de l’Alliance burkinabè des domaines internet (ABDI), Izaï Toé, a animé une communication sur le thème : « Souveraineté numérique et hébergement local : vos données en sécurité ici, au Faso ». Une intervention qui a mis en lumière les enjeux stratégiques de la maîtrise des données et la nécessité de bâtir une véritable souveraineté numérique nationale. Pour Izaï Toé, le monde est entré dans une nouvelle ère où la donnée constitue l’une des ressources les plus précieuses des États, des entreprises et des citoyens. Plus qu’un simple « pétrole du XXIᵉ siècle », il la considère comme un véritable patrimoine qui s’enrichit, se transmet et se multiplie. Des registres d’état civil aux transactions bancaires, en passant par les dossiers médicaux, les travaux de recherche universitaire ou encore les services numériques du quotidien, les données sont désormais au cœur du fonctionnement des sociétés modernes. « Ces données représentent aujourd’hui un patrimoine stratégique qu’il convient de protéger, de sécuriser et de valoriser », a-t-il souligné. Selon le spécialiste du numérique, la question n’est plus de savoir si le Burkina Faso est connecté à internet, mais plutôt de déterminer où sont hébergées les données produites dans le pays et qui en garantit la maîtrise, la disponibilité et la sécurité. Il a rappelé que la souveraineté numérique repose sur la capacité d’un État à contrôler ses infrastructures numériques, ses données et les services essentiels au développement, notamment l’administration électronique, les services financiers, la santé et l’éducation numériques. Izaï Toé a salué les efforts engagés par les autorités burkinabè pour renforcer l’indépendance numérique du pays. Il a notamment évoqué les deux datacenters de l’administration publique récemment mis en service ainsi que le projet de datacenter national du Burkina Faso, prévu à l’horizon 2028. Selon lui, ces infrastructures constituent des piliers essentiels de la souveraineté numérique nationale, comparables aux routes pour l’économie ou aux barrages pour l’énergie. Le double ancrage physique et numérique, un impératif L’une des principales idées développées au cours de la communication concerne la notion de « double ancrage » défendue par l’ABDI. Pour l’organisation, une donnée ne peut être considérée comme véritablement hébergée localement que lorsqu’elle répond à deux critères : être stockée dans un datacenter situé sur le territoire burkinabè et être rattachée au domaine national « .bf ». « Le datacenter protège la donnée et le .bf lui donne son identité numérique nationale », a expliqué Izaï Toé. Il a insisté sur l’importance du domaine national, qu’il considère comme le « drapeau numérique » du Burkina Faso. Adopter le « .bf », c’est selon lui affirmer son identité nationale, renforcer la confiance des utilisateurs et contribuer à la construction d’un internet plus souverain. Le directeur exécutif de l’ABDI a identifié quatre principaux avantages de l’hébergement local : le contrôle des données, la création de valeur économique nationale, la résilience face aux crises et la protection juridique des informations stratégiques. Il n’a pas manqué de souligner que la souveraineté numérique ne peut être portée par un seul acteur et que l’implication de l’État, du secteur privé, des institutions, de la société civile et des utilisateurs était plus que nécessaire. Si l’objectif est ambitieux, Izaï Toé reconnaît que plusieurs défis restent à surmonter. Parmi eux figurent la disponibilité d’une énergie fiable pour alimenter les infrastructures, le développement des compétences locales, la cybersécurité, la compétitivité économique des offres nationales et la confiance des utilisateurs. « Chaque défi surmonté est une étape vers la souveraineté numérique du Burkina Faso », a-t-il indiqué. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ] Synthèse de Armelle Ouédraogo |