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Burkina/Contrôle douanier : La recherche d’un équilibre entre mobilisation des recettes et fluidité des échanges

mardi 4 août 2026.

 

Comment renforcer le contrôle douanier sans ralentir le transport des marchandises ? C’est autour de cette question que s’est articulée la communication de Gervais Kouela, inspecteur des douanes, à l’occasion du séminaire organisé par l’Observatoire pour la célérité des opérations douanières au Burkina Faso (OCOD-BF). Cette rencontre, consacrée à l’amélioration du contrôle du transport routier de marchandises et à la fluidité des échanges commerciaux, a réuni les principaux acteurs du secteur.

Selon le communicateur, l’administration des douanes est confrontée à un double défi. D’une part, elle doit mobiliser davantage de recettes pour soutenir le budget de l’État. D’autre part, elle est appelée à simplifier les procédures afin de favoriser la compétitivité des entreprises et d’accélérer les échanges commerciaux. Pour illustrer cette pression croissante, Gervais Kouela a indiqué que les objectifs de recettes assignés à la douane burkinabè ont considérablement augmenté au cours des dix dernières années. « Sur les dix dernières années, on est passé du simple au triple, de 482 milliards, aujourd’hui nous sommes à 1 407 milliards. Les recettes douanières représentent aujourd’hui environ 40 % des ressources de l’État », a confié M. Kouela. Ce qui confère à cette administration un rôle stratégique dans le financement des politiques publiques et le renforcement de la souveraineté économique.

Face à ces exigences, la douane s’appuie sur des instruments juridiques internationaux tels que la convention de Kyoto au Japon révisée, l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le code des douanes de l’UEMOA. Ces textes encouragent des procédures harmonisées, transparentes et prévisibles tout en maintenant un niveau de contrôle efficace.

Le communicateur a rappelé que la facilitation des échanges ne signifie pas l’absence de contrôle. « Elle consiste plutôt à rendre les contrôles plus ciblés grâce à des méthodes modernes et à une meilleure gestion des risques. Ainsi, les inspections sont davantage orientées vers les cargaisons présentant un risque élevé, tandis que les opérations jugées conformes bénéficient de procédures plus rapides », a-t-il indiqué.

Abordant le dispositif national de contrôle, Gervais Kouela a expliqué que celui-ci repose sur deux composantes complémentaires : les postes fixes implantés aux frontières et à l’intérieur du pays, ainsi que les unités mobiles chargées notamment du contrôle des marchandises en circulation, du suivi du transit et de la lutte contre la fraude. Il a également insisté sur les procédures applicables aux marchandises en transit. Les contrôles autorisés portent principalement sur la vérification des scellés, des plombs, de l’immatriculation des véhicules et du respect des itinéraires. Des contrôles approfondis ne peuvent être réalisés qu’en présence de risques liés à la sécurité, à la santé publique ou à l’environnement, conformément aux normes internationales.

Pour améliorer simultanément la sécurité des opérations et la rapidité des formalités, l’administration des douanes poursuit sa modernisation. Parmi les innovations présentées figurent la digitalisation des procédures, l’interconnexion des systèmes douaniers avec certains pays de la sous-région, l’utilisation de scanners fixes et mobiles, le suivi électronique des cargaisons ainsi que le contrôle fondé sur l’analyse des risques.

Le programme des Opérateurs économiques agréés (OEA) constitue également un levier important de cette stratégie. Les entreprises respectant des critères de conformité peuvent bénéficier de facilités telles que l’allègement des contrôles documentaires et physiques, l’acheminement direct des marchandises, le dédouanement dans leurs propres locaux ou encore l’enlèvement immédiat des cargaisons.

Pour terminer, le communicateur a souligné que l’amélioration de la fluidité des échanges commerciaux passe par une adaptation permanente des méthodes de contrôle, une meilleure coordination entre les différents services et le recours aux outils numériques. Pour lui, l’enjeu est de construire une administration douanière à la fois performante dans la mobilisation des recettes et capable d’accompagner le développement du commerce et la compétitivité de l’économie burkinabè.

Rama Diallo
Lefaso.net