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Thèse de doctorat : Fiè Traoré décrypte la dynamique du paysage végétal à l’ouest du Burkina Faso

vendredi 31 juillet 2026.

 

« Dynamique du paysage végétal à l’ouest du Burkina Faso, dans un contexte de pressions anthropiques et de changement climatique. » C’est sur ce thème que Fiè Traoré a soutenu sa thèse de doctorat en géographie, ce jeudi 30 juillet 2026, à l’université Joseph Ki-Zerbo, sous la direction de Dr Blaise Ouédraogo, maître de recherche au CNRST. Pour évaluer la qualité de son travail, Pr Lassané Yaméogo a présidé le jury. Dr Noël Gansonré a officié en qualité d’examinateur. Comme rapporteurs, l’on avait Pr Joseph Oloukoi de AFRIGIST au Nigéria et Pr Oumarou Ouédraogo de l’université Joseph Ki-Zerbo. Au terme des débats qui auront duré près de 4 heures, l’impétrant s’en est sorti avec la plus haute distinction : la mention Très honorable.

L’ouest du pays était considéré comme une zone privilégiée en ressources naturelles. Mais avec l’évolution du temps, la pression anthropique et le changement climatique, elle perd de plus en plus en substance. Une situation qui pousse Fiè Traoré à analyser le thème suivant : « Dynamique du paysage végétal à l’ouest du Burkina Faso, dans un contexte de pressions anthropiques et de changement climatique. » Comme question de recherche, le doctorant s’interroge sur la manière dont les changements d’occupation des terres dans un contexte de pressions anthropiques et de changement climatique influencent la dynamique du paysage végétal à l’ouest du Burkina Faso, entre 1990 et 2070.

"La particularité de ce travail, selon son auteur, est sa projection en 2070, concernant la zone de l’Ouest", Dr Fié Traoré

De façon pratique, son étude a consisté d’une part à comprendre les mécanismes du paysage. D’autre part, à effectuer une analyse prospective. À l’issue de ses travaux, Fiè Traoré est parvenu aux conclusions suivantes : « le couvert végétal naturel est en nette régression sous l’effet de l’extension des zones agricoles. Cette situation nous interpelle sur l’avenir même de ce paysage si des mesures ne sont pas prises pour freiner cette expansion. Si la tendance se poursuit, nos projections montrent qu’à 2070, le paysage végétal de l’ouest du Burkina Faso pourrait être considérablement réduit, jusqu’à ne représenter qu’environ un quart de sa superficie actuelle. On pourra certes répondre aux besoins présents, mais les générations futures risquent d’hériter d’une situation difficilement réversible. »

En image, l’impétrant et les jurys qui ont salué la qualité de son travail

Selon Pr Lassané Yaméogo, la thèse présente des forces en bien des égards. « Vous avez adopté une approche intégrée avec plusieurs aspects. Quand c’est ainsi, on sent que tous les compartiments ont été pris en compte. C’est un travail original… Il y a aussi la dimension prospective qui a été abordée. Cela permet de rester en 2026, et de savoir ce que deviendra la zone du Grand Ouest, dans les années à venir. Vous avez aussi fait une orientation vers l’aménagement du territoire. Cela montre que vous vous êtes intéressée à la végétation, à l’agroécologie certes, mais n’avez pas oublié que cela s’applique sur un territoire… Vous avez discuté la plupart de vos résultats qui sont satisfaisants », a-t-il apprécié.

"La revue de la littérature et la méthodologie aussi sont assez robustes", selon le président du jury

« C’est un travail très riche en termes d’illustrations. Cela est à mettre à l’actif du candidat », a souligné Dr Noël Gansonré, examinateur. Le directeur de thèse du candidat a, pour sa part, salué la démarche intégrée et la rigueur technique du travail en ces termes : « Il y a eu cet ancrage du terrain qu’il faut saluer, avec 317 personnes enquêtées, dont 305 ménages, dans 17 localités, en plus des focus groupes, le tout pour un travail d’un peu plus de 400 pages. » L’autre particularité de cette thèse réside dans le caractère très actuel de sa thématique, notamment dans le contexte de l’offensive agro-sylvo-pastorale. Ce moment d’échanges a d’ailleurs été l’occasion pour le président du jury d’interroger le doctorant sur cette initiative. Selon ce dernier, cette offensive constitue une initiative louable. Toutefois, il préconise d’accorder une attention particulière à l’aménagement du territoire. « Cela permet d’éviter que les populations n’aillent dans tous les sens », a-t-il proposé.

Selon le candidat, on peut continuer à doter les populations en tracteurs en n’omettant pas la question de l’aménagement du territoire. Cela permettra de tenir compte de l’environnement

Doctorat en poche, le désormais Dr en géographie souhaite approfondir les travaux menés au cours de ces quatre années de recherche. Selon lui, plusieurs dimensions méritent encore d’être explorées afin d’affiner la compréhension des dynamiques paysagères. « Nous avons réalisé une analyse globale, mais il serait pertinent d’y intégrer d’autres paramètres, notamment les politiques publiques. Cela permettrait de mesurer leurs impacts réels et d’ajuster les modèles afin de mieux comprendre l’évolution de la trajectoire du paysage. J’envisage de poursuivre les recherches dans cette direction et de travailler davantage sur cette question des dynamiques. Pourquoi ne pas engager également des échanges avec les autorités pour leur présenter les résultats obtenus sur le terrain et réfléchir ensemble aux ajustements nécessaires pour améliorer les choses ? C’est ainsi que nous pourrons mieux comprendre les évolutions futures, orienter les politiques d’aménagement du territoire et renforcer la protection de l’environnement », a-t-il expliqué.
 
Erwan Compaoré
Wendpoulmdé Roamba (stagiaire)
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