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Période de soudure au Burkina Faso : Valoriser nos produits locaux pour continuer à manger sainement

lundi 20 juillet 2026.

 

Chaque année, la période de soudure représente un défi majeur pour de nombreux ménages burkinabè. Entre l’épuisement progressif des réserves alimentaires et la hausse des prix sur les marchés, l’accès à certains aliments devient plus difficile. Les tomates, les poivrons, les laitues, les choux et plusieurs autres légumes connaissent souvent une augmentation importante de leurs coûts, mettant à mal le budget des familles.
Face à cette situation, beaucoup pensent qu’une alimentation saine devient impossible. Pourtant, bien manger ne dépend pas uniquement du prix des aliments. Cela repose avant tout sur des choix alimentaires judicieux et sur la valorisation des nombreuses richesses que nous offre notre terroir.

Le Burkina Faso, un réservoir de solutions nutritionnelles

Notre pays dispose d’une diversité remarquable de produits locaux qui peuvent contribuer à une alimentation équilibrée tout au long de l’année. Les céréales traditionnelles, les légumineuses, les feuilles locales, les fruits de saison et les produits forestiers constituent des ressources précieuses, souvent moins coûteuses et parfois plus nutritives que certains aliments importés.
La période de soudure doit ainsi être perçue comme une occasion de redécouvrir et de valoriser notre patrimoine alimentaire.

Quand la tomate devient un produit de luxe

La tomate occupe une place importante dans les habitudes culinaires burkinabè. Cependant, lorsqu’elle devient trop chère, il existe plusieurs alternatives locales permettant de préparer des sauces savoureuses.
Les feuilles d’oseille apportent une agréable note acidulée. Le tamarin peut également être utilisé pour relever les préparations. L’oignon, l’ail, le gingembre et le soumbala permettent d’intensifier les saveurs tout en conservant l’identité de nos plats traditionnels.
Les sauces à base de feuilles locales constituent également une excellente alternative, à la fois économique et nutritive.

Les feuilles locales : de véritables trésors nutritionnels

Souvent disponibles sur les marchés ou cultivées dans les concessions, les feuilles traditionnelles occupent une place centrale dans l’alimentation burkinabè.

Parmi les plus intéressantes, on retrouve :
• Les feuilles de baobab ;
• Les feuilles de moringa ;
• Les feuilles d’amarante ;
• Les feuilles de patate douce ;
• Les feuilles de haricot ;
• L’oseille ;
• Les feuilles de gombo ;
• Le koumvando.

Ces feuilles sont riches en vitamines, minéraux, fibres et composés protecteurs qui contribuent au bon fonctionnement de l’organisme. Leur consommation régulière aide à prévenir certaines carences nutritionnelles tout en renforçant la qualité de l’alimentation familiale.

Une salade sans laitue, c’est possible
Lorsque la laitue devient difficile à acheter, il existe plusieurs alternatives locales.
Une salade nutritive peut être préparée à partir de feuilles d’amarante ou de koumvando légèrement blanchies puis refroidies. On peut y ajouter des carottes râpées, du concombre lorsqu’il est disponible, du chou lorsque son prix reste abordable, ainsi que des haricots cuits, des œufs ou du poisson.
L’objectif d’une salade n’est pas la présence obligatoire de laitue, mais l’association de légumes variés et d’une source de protéines.

Les légumineuses : les championnes de la soudure

En période de difficultés alimentaires, les légumineuses constituent un choix particulièrement pertinent.
Les haricots, les lentilles, les pois de terre et le soja apportent des protéines végétales de qualité, des fibres, du fer, du zinc et plusieurs autres nutriments essentiels.
Leur pouvoir rassasiant permet également de mieux supporter les longues journées de travail tout en maîtrisant les dépenses alimentaires.

Redécouvrir la richesse de nos céréales traditionnelles

Le mil, le sorgho, le maïs et le fonio font partie des aliments qui ont nourri les générations précédentes et continuent aujourd’hui de jouer un rôle fondamental dans la sécurité alimentaire nationale.
Ces céréales locales présentent de nombreux avantages : elles sont adaptées à nos conditions climatiques, soutiennent les producteurs locaux et contribuent à la diversification alimentaire.
Associées à une sauce à base de feuilles locales et à une source de protéines comme le poisson, les œufs ou les légumineuses, elles permettent de composer des repas complets et équilibrés.

Acheter local pour protéger sa santé et soutenir l’économie nationale
Choisir les produits locaux pendant la période de soudure ne constitue pas seulement un geste nutritionnel. C’est également un acte citoyen.
Chaque achat de céréales locales, de feuilles traditionnelles, de légumineuses ou de fruits de saison soutient les producteurs burkinabè, favorise l’économie locale et contribue à renforcer la résilience alimentaire de notre pays.
La promotion de la consommation locale participe ainsi à la construction d’un système alimentaire plus durable et plus autonome.

Quelques conseils pratiques pour traverser la période de soudure

• Privilégier les produits de saison ;
• Acheter les aliments produits localement ;
• Réduire le gaspillage alimentaire ;
• Limiter les boissons sucrées et les produits ultra-transformés ;
• Cultiver si possible quelques légumes ou feuilles dans la cour familiale ;
• Valoriser les recettes traditionnelles à base de céréales et de feuilles locales ;
• Planifier les achats afin d’optimiser le budget alimentaire.

Le message de votre diététicienne

La période de soudure est certes une période difficile pour de nombreuses familles, mais elle ne doit pas conduire à une alimentation pauvre en nutriments. Le Burkina Faso possède d’immenses ressources alimentaires capables de répondre aux besoins nutritionnels de sa population.

Nos feuilles traditionnelles, nos céréales locales, nos légumineuses et nos fruits de saison constituent un patrimoine précieux qu’il convient de préserver et de valoriser.
Manger sainement ne signifie pas manger cher. Cela signifie avant tout savoir tirer le meilleur parti des ressources disponibles. En redonnant toute leur place aux produits locaux, nous protégeons notre santé, soutenons nos producteurs et renforçons notre souveraineté alimentaire.

Yasmine Zerbo
Diététicienne



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