
Santé publique : Le Burkina renforce son bouclier contre les épidémies avec 12 épidémiologistes de terrainLe Burkina Faso dispose désormais de 12 nouveaux épidémiologistes de terrain de niveau intermédiaire. Ils ont reçu leurs diplômes ce vendredi 17 juillet 2026 à Ouagadougou, au terme d’une formation de 11 mois axée sur la surveillance épidémiologique et la riposte aux urgences sanitaires. Le ministre de la santé, le Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou, a présidé la cérémonie de graduation de cette cinquième cohorte du Programme de formation en épidémiologie de terrain (Field Epidemiology Training Program-FETP) de niveau intermédiaire. La cérémonie de graduation a réuni les représentants du gouvernement, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’ambassade des États-Unis d’Amérique, d’AFENET ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers. À l’issue d’une formation rigoureuse, 12 professionnels de santé rejoignent les rangs des épidémiologistes de terrain de niveau intermédiaire. Leur mission sera de renforcer la surveillance des maladies, de conduire des investigations lors des flambées épidémiques et d’appuyer les réponses sanitaires dans les différentes régions du pays. Avec cette promotion, le Burkina Faso compte désormais 59 diplômés de ce niveau de formation. Dans son discours, le ministre de la santé est revenu sur les origines de ce programme, mis en place en 2016 dans le contexte post-Ebola en Afrique de l’Ouest. Selon lui, cette initiative a permis au fil des années de renforcer considérablement les capacités nationales en matière de surveillance épidémiologique et de gestion des urgences sanitaires. « Le Burkina Faso a mis en place ce programme de formation en épidémiologie de terrain en 2016 au lendemain de la tragédie d’Ebola en Afrique de l’Ouest (…). Leurs efforts assurent aujourd’hui de manière significative le renforcement de nos capacités en surveillance épidémiologique et en riposte aux urgences de santé publique », a rappelé le Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou. Pour le ministre, cette formation répond à un besoin stratégique dans un contexte où les menaces sanitaires demeurent nombreuses. Il a évoqué la persistance des maladies à potentiel épidémique ainsi que la réapparition régulière de maladies telles qu’Ebola dans certains pays africains. Face à ces défis, a-t-il souligné, les systèmes de santé doivent pouvoir compter sur des professionnels capables d’identifier rapidement les risques, de produire des analyses fiables et de coordonner efficacement les interventions.
« À travers vos travaux, vos investigations de terrain et votre participation active aux activités de riposte, vous avez apporté une contribution concrète au renforcement de notre système de santé publique et à l’amélioration de la surveillance épidémiologique dans notre pays », a indiqué le ministre de la santé
L’une des particularités du FETP réside dans son approche « Une seule santé » (One Health). Au-delà du secteur de la santé humaine, le programme associe également les acteurs de la santé animale, de l’environnement et de la défense afin d’assurer une réponse coordonnée face aux urgences sanitaires. Cette approche multisectorielle constitue aujourd’hui un axe majeur de la stratégie nationale de prévention et de riposte aux épidémies. Le ministre de la santé a également salué la qualité du partenariat qui accompagne ce programme depuis plus d’une décennie. Il a notamment exprimé la reconnaissance du gouvernement burkinabè envers le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le gouvernement des États-Unis, AFENET, l’OMS ainsi que l’ensemble des partenaires techniques et financiers. Il a rappelé qu’en 2025, le programme a obtenu son accréditation par le réseau international TEPHINET, une reconnaissance qui confirme sa conformité aux standards internationaux. Présente à cette cérémonie, l’ambassadrice des États-Unis d’Amérique au Burkina Faso, Joann Lockard, a réaffirmé l’engagement de son pays aux côtés du Burkina Faso dans le renforcement de la sécurité sanitaire. Selon elle, les États-Unis accompagnent depuis plus de quinze ans les efforts nationaux visant à améliorer la surveillance des maladies et la réponse aux épidémies. Elle a indiqué que le FETP constitue un investissement dans l’une des plus grandes richesses du pays : ses ressources humaines. Les compétences acquises par les nouveaux diplômés, a-t-elle expliqué, permettront de détecter plus rapidement les épidémies, de produire des décisions fondées sur des données probantes et de protéger les communautés tout en contribuant à la sécurité sanitaire régionale et mondiale. Elle a invité les lauréats à exercer leurs nouvelles responsabilités avec intégrité, professionnalisme et sens du service public.
L’ambassadrice des États-Unis d’Amérique au Burkina Faso, Joann Lockard, remettant l’attestation au représentant des diplômés, le Dr Jules Valéry Bonzi
Même satisfaction du côté de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Représentant l’institution, le Dr Inès Da a estimé que le renforcement des compétences des professionnels de santé demeure indispensable dans un contexte de recrudescence des urgences sanitaires sur le continent africain. Elle a salué l’intégration de l’approche « Une seule santé », qui favorise une collaboration entre les secteurs humain, animal et environnemental. Selon elle, cette graduation marque le début d’une nouvelle responsabilité pour les bénéficiaires, désormais appelés à devenir des sentinelles de la surveillance épidémiologique au service de leurs communautés. Elle a assuré que l’OMS poursuivra son accompagnement aux côtés du gouvernement burkinabè afin de renforcer durablement les capacités nationales de préparation et de riposte aux urgences sanitaires. Au nom des diplômés, le Dr Jules Valéry Bonzi, chef du service de lutte contre la maladie de la région sanitaire des Bankuy, est revenu sur le parcours de cette cinquième cohorte. Prévue initialement pour neuf mois, la formation s’est finalement étendue sur onze mois, une durée qui a permis aux participants d’approfondir davantage leurs compétences. « Notre cohorte a eu la chance de faire onze mois de formation. Nous sommes devenus des VDP de la surveillance et de la réponse contre les éventuelles épidémies », a-t-il déclaré. Il a expliqué que cette formation leur permet désormais d’intervenir partout sur le territoire national dès qu’une menace sanitaire est détectée, afin d’investiguer rapidement les foyers épidémiques et de contribuer à leur maîtrise. Pour lui et ses confrères, cette graduation constitue avant tout un engagement envers les populations burkinabè. « Le Burkina Faso peut compter désormais sur onze compétences prêtes à lutter contre les potentielles épidémies dans notre pays », a-t-il assuré, tout en rappelant que chaque diplômé pourra être mobilisé au-delà de sa zone habituelle d’intervention, partout où les besoins se feront sentir.
Le Dr Inès Da l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui remet l’attestation à un diplômé
Par ailleurs, le ministre de la santé a invité les diplômés à mettre leurs compétences, leur sens de l’éthique et leur esprit d’initiative au service de la protection de la santé des populations. « Nous comptons sur vous pour contribuer efficacement à la prévention, à la détection et à la riposte face aux menaces sanitaires », leur a-t-il lancé avant de réaffirmer la volonté du gouvernement de poursuivre le développement du Programme de formation en épidémiologie de terrain à travers l’ouverture de nouvelles cohortes. Farida Thiombiano |