Burkina : WaterAid lance un projet pour renforcer les services WASH, la santé et l’hygiène menstruelles des filles dans la région de Oubri
mercredi 15 juillet 2026.
Le lancement officiel des activités du projet « Promotion des services WASH et de la gestion hygiénique des menstrues pour les filles scolarisées et non scolarisées ainsi que leurs communautés dans quatre communes de la région de Oubri » est intervenu le mardi 14 juillet 2026 à Ziniaré. Porté par l’ONG WaterAid, le projet sera mis en œuvre en collaboration avec l’OCADES Caritas Ouagadougou. Il vise à améliorer durablement l’accès à des services d’eau, d’hygiène et d’assainissement inclusifs, sûrs et résilients. Une attention particulière sera portée aux filles scolarisées et non scolarisées ainsi qu’à leurs communautés.
L’eau, l’hygiène et l’assainissement ne sont pas des services périphériques à l’éducation, mais plutôt des conditions essentielles dont l’absence peut influencer le parcours scolaire des apprenants. C’est la conviction de WaterAid Burkina, à l’initiative du projet lancé ce jour. « Une école sans eau peut être un danger pour la santé. Une école sans toilettes adaptées compromet l’assiduité, la sécurité et la dignité des élèves. Une école qui ne prend pas en compte la menstruation expose les filles à l’inconfort, à la stigmatisation, aux absences répétées et parfois aux décrochages scolaires », a indiqué Dr Lucien Damiba, directeur pays de WaterAid Burkina.
Dr Lucien Damiba, directeur pays de WaterAid Burkina, a relevé le caractère important de l’eau et de l’hygiène dans l’éducation
Le projet « Promotion des services WASH et de la gestion hygiénique des menstrues pour les filles scolarisées et non scolarisées ainsi que leurs communautés dans quatre communes de la région de Oubri » vient donc contribuer à réduire le manque d’infrastructures adaptées, l’accès insuffisant à des informations fiables, la difficulté d’obtenir des produits appropriés et la persistance de certains tabous qui peuvent affecter la santé, la confiance en soi, la participation en classe et le maintien des adolescents dans le système éducatif.
D’une durée de douze mois, le projet couvrira cinquante établissements scolaires répartis dans les communes de Dapélogo, Ourgou-Manéga, Nagréongo et Zitenga. Vingt-cinq nouvelles écoles à Nagréongo et Zitenga bénéficieront des interventions tandis que les acquis déjà enregistrés dans vingt-cinq autres établissements à Dapélogo et Ourgou-Manéga seront consolidés. Ce sont au total environ 10 000 élèves et leurs communautés qui seront bénéficiaires du projet.
Le haut-commissaire de la province de Bassitenga, Saidou Guigma, a invité l’ensemble des acteurs à s’approprier le projet
D’un coût global d’environ 282 millions de francs CFA, le projet va s’articuler autour de quatre axes majeurs. Ce sont le renforcement des infrastructures WASH durables et résilientes face au changement climatique ; l’adoption des bonnes pratiques d’hygiène en milieu scolaire et communautaire, notamment la gestion de l’hygiène mensuelle ; l’amélioration de la gouvernance locale et de ses services pour une gestion transparente et responsable, et enfin, la promotion de la nutrition et des pratiques environnementales vertueuses au sein des écoles.
« À travers cette initiative, WaterAid et OCADES Caritas Ouagadougou veulent démontrer que l’investissement dans le cadre scolaire produit des bénéfices multiples : protection de la santé, amélioration des conditions d’apprentissage, soutien au fonctionnement des cantines et des jardins scolaires, réduction des absences, renforcement de la confiance et de la sécurité des filles, la réussite éducative et, enfin, le développement du capital humain dont notre pays a besoin pour construire une nation forte », a soutenu Dr Lucien Damiba.
Photo de famille
Venu présider l’ouverture de l’atelier de lancement du projet, le haut-commissaire de la province de Bassitenga, Saidou Guigma, a relevé que le manque d’infrastructures adaptées et les tabous culturels autour des menstrues constituent des barrières invisibles mais réelles, qui freinent la scolarisation des filles, provoquent l’absentéisme scolaire et nuisent à leur santé. Il se réjouit donc de l’implémentation du présent projet, qui selon lui va contribuer à briser le cycle de l’absentéisme scolaire, la stigmatisation et la dégradation des conditions d’apprentissage des filles. Il a également invité l’ensemble des acteurs, des autorités locales, des leaders communautaires, du corps enseignant, des parents d’élèves et des élèves eux-mêmes à s’impliquer pleinement et à s’approprier le projet.
Armelle Ouédraogo
Lefaso.net