Burkina/Flambée des prix des condiments : Entre retard des pluies et difficultés d’approvisionnement, vendeuses, restauratrices et ménagères à bout de souffle
vendredi 10 juillet 2026.
Au marché de Toécin, les étals ne désemplissent pas. Pourtant, les clientes repartent souvent avec des paniers à moitié remplis. Tomates, piments, choux, feuilles et autres condiments indispensables à la préparation des repas sont devenus hors de prix. Face à cette flambée des prix des denrées alimentaires, une équipe de Lefaso.net s’est rendue sur les lieux et a pu s’entretenir avec des commerçantes, des consommatrices, des restauratrices et des maraîchères afin de comprendre les causes de cette situation et ses répercussions sur leur quotidien. Toutes sont unanimes, les difficultés de production dues notamment au manque d’eau, la rareté des produits et difficultés d’approvisionnement, en sont les principales causes.
Parmi ces vendeuses, il y a Aminata Maïga, vendeuse d’épices au marché de Toécin. Pour elle, les condiments se font rares, d’où la flambée des prix. « C’est l’indisponibilité des condiments qui rend les prix chers. Pour dire vrai, nous qui sommes actuellement au marché, nous faisons pitié. Nous n’arrivons plus à faire de bénéfices. Pourtant, c’est sur ces bénéfices que nous comptons pour avoir de quoi nous mettre sous la dent. En dehors de la vente de condiments, nous n’avons pas d’autre travail », confie-t-elle.
La commerçante explique que, faute de moyens, elle est souvent contrainte de s’approvisionner à crédit. « Nous prenons souvent nos produits à crédit. Le lendemain, même si nous n’avons pas encore remboursé la précédente dette, nous sommes obligées de reprendre encore des marchandises à crédit. Sinon, nous n’aurons rien à vendre et rien à manger », révèle-t-elle.
« Pour dire vrai, nous qui sommes actuellement au marché, nous faisons pitié. Nous n’arrivons plus à faire de bénéfices », confie Aminata Maïga, vendeuse d’épices au marché de Toécin
Selon elle, cette situation touche particulièrement les femmes. « Les femmes ont aujourd’hui plus de difficultés que les hommes. S’endetter chaque jour pour vendre et ne même pas avoir de quoi nourrir sa famille est très difficile. Si les autorités peuvent faire quelque chose pour nous soulager, qu’elles le fassent », espère-t-elle.
Aminata Maïga évoque également les difficultés d’approvisionnement, qu’elle attribue notamment à la baisse de la production. « Les condiments venaient des barrages et de la brousse. Mais aujourd’hui, nos fournisseurs disent qu’il n’y en a plus. On se demande si ce n’est pas lié au fait que les producteurs ne peuvent plus cultiver comme avant à cause de l’insécurité. Quand les produits arrivent, ils sont tellement chers que nous avons du mal à les écouler », dit-elle.
Même constat chez une autre vendeuse de condiments qui préfère garder l’anonymat. Pour elle, les prix actuels rendent quasiment impossible toute rentabilité. « Le prix auquel nous vendons actuellement ne nous avantage pas. Nous n’avons pas d’autres sources de revenus. Il ne pleut pas, donc il n’y a pas de condiments. Quand nous achetons pour revendre, nous avons déjà du mal à récupérer notre investissement, sans parler de faire un bénéfice », explique-t-elle.
Un chou vendu à 200 FCFA au marché de Toécin
Elle attribue principalement cette flambée au déficit pluviométrique. « À cette période, normalement, nous devrions avoir beaucoup de condiments grâce aux pluies. Mais cette année, il n’a presque pas plu. Le sac de chou coûte aujourd’hui 47 500 francs CFA et celui du piment atteint 135 000 francs CFA. Avant, le sac de piment ne dépassait pas 15 000 à 20 000 francs CFA et celui du chou variait entre 25 000 et 30 000 francs CFA. À combien allons-nous revendre cela pour réaliser un bénéfice ? Habituellement, ces hausses ne durent pas longtemps. Cette année, elles se prolongent à cause du manque de pluie », regrette-t-elle.
Cette hausse des prix se répercute directement sur les ménages. Venue faire ses courses, Fatimata Ouédraogo/Ganamé, dit éprouver de plus en plus de difficultés à nourrir sa famille. « Les condiments sont vraiment très chers et, en plus, ils sont rares. On n’en trouve même pas facilement. Avec 3 000 francs CFA, il faut acheter la viande, les condiments et tout le reste. Actuellement, la tomate est tellement chère, tout comme les autres aliments. Ce n’est pas facile, mais on fait avec », soutient-elle.
Tout comme la vendeuse de condiments, elle impute cette situation au manque de pluie. « La saison est difficile. Comme il ne pleut pas, les cultures maraîchères sont ralenties », a-t-elle ajouté.
Du côté des restaurateurs, pas d’exception, ils subissent également les conséquences de cette flambée. Restauratrice depuis 2013, Chantal Woba tente de maintenir ses prix malgré l’augmentation continue du coût des intrants.
Le principal obstacle au niveau de la production reste le manque d’eau selon les maraîchers
« En tout cas, c’est dur pour nous. Ce qu’on achetait à 100 francs coûte maintenant 200 ou 250 francs. Vous voyez bien qu’on ne peut pas s’en sortir. Augmenter le prix des repas n’est pas une option facile car les clients se plaignent déjà énormément. Même si tu augmentes seulement de cinq francs, ils trouvent que c’est trop. Jusqu’à présent, je n’ai pas augmenté mes prix, mais je suis en train de réfléchir parce que ça devient très difficile. Avant, j’allais m’approvisionner à Tanghin. Mais avec les travaux autour du barrage, il n’y a plus rien. La quantité de feuilles que je payais à 5 000 francs CFA coûte aujourd’hui 12 500 francs CFA », a-t-elle fait savoir.
À la base de toute cette chaîne d’approvisionnement, les maraîchères peinent elles aussi à produire. Installée sur un site attribué par la mairie depuis deux ans, Alizèta Zébré et ses coéquipières expliquent que le principal obstacle reste le manque d’eau.
« Cela fait deux ans que nous sommes sur cet espace, mais nous sommes toujours dans la souffrance. Notre seul souci, c’est le manque d’eau. Nous avons des forages, mais l’eau ne vient pas. Et lorsqu’elle arrive, la quantité est insuffisante », raconte-t-elle avant de poursuivre « C’est à cause du manque d’eau que nous n’arrivons plus à produire. Depuis qu’on nous a attribué ce site, nous n’avons tiré aucun bénéfice. Nous sommes dans la souffrance totale ».
Des maraîchers jusqu’aux marchés, en passant par les restaurants et les ménages, tous les acteurs rencontrés dressent le même constat à savoir la raréfaction des condiments, aggravée par le déficit en eau et les difficultés de production, qui entraînent une hausse généralisée des prix. Tandis que certains appellent au retour de la paix afin de permettre la reprise des activités agricoles dans les zones affectées par l’insécurité, d’autres fondent leurs espoirs sur l’installation effective de la saison des pluies, indispensable à la relance des cultures maraîchères.
Un peu de patriotisme que diable. On vous a répété mille fois que la souveraineté a un prix... Quand tout augmente, comment voudriez-vous que le prix des condiments reste stable ?... Au fait, si le piment est un condiment, les fruits et légumes n’en sont pas...
La chaleur tue des gens en france par manque d electricite, ah notre cher kwilga, pardon kwilbila ne voit point cela. Mauvaise foi, quand tu nous tient !!!!
Il manque d’électricité en France ? Au 2 juillet, la France a dépassé son propre record d’exportation d’énergie électrique en 3 mois, soit 51 TWh exportés (51.000 GWh)… À titre indicatif, la production annuelle du Burkina est d’environ 724,55 GWh. Outre le risque de tuer les poissons de la Garonne avec de l’eau trop chaude, si la France a arrêté certains réacteurs, c’est parce qu’en ce moment, nous sommes en plein été. Ses principaux clients, comme l’Espagne, produisent beaucoup, beaucoup d’électricité d’origine solaire… et n’en ont simplement pas besoin d’importer la production française.
Finalement on ne sait plus ce qui est vrai, parce que les patriotes exclusifs nous chantent généralement un Burkina prospère ou c est l abondance avec des tracteurs qui labourent gratuitement, des engrais moins cher etc. Donc déguerpir ceux là qui fournissent Ouaga en légumes ne devrait pas avoir le moindre impact sur les produits. Bref, devrions nous finir par admettre que les reseaux sociaux et leurs messages pompeux ne sont pas la vie réelle ?
Passakziri
Bonjour camarade porto, Ah bon, ça ne se mange pas...? Même avec une bonne sauce à la souveraineté...? Camarade affamé, apprenez à apprécier l’ironie, ça ne nourrit pas non plus son homme, mais ça aide à sourire des malheurs qui nous accablent...
Ecoutez, on ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs . Il est clair, que la lutte que mène notre pays pour recouvrer sa dignité ,sa liberté et sa pleine souveraineté aura forcément des conséquentes sur le coût de la vie pendant un moment . De même, certains grands travaux comme ceux qui se déroulent actuellement le long des barrages de OUAGA et de LOUMBILA etc ; et qui ont logiquement entrainé le déguerpissement de nombre de jardiniers engendreront aussi un relèvement du prix des condiments ,puisque la demande est devenue plus forte que l’offre . Donc acceptons de souffrir un moment pour des lendemains meilleurs .
Bien vrai qu’on ne peut pas faire des omelettes sans casser les oeufs, mais il ne suffit pas non plus de casser les oeufs pour avoir des omelettes.
Passakziri
BEAUCOUP DE BURKINABE DE L’INTERIEUR COMME DE L’EXTERIEUR NE SAVENT POINT LIRE L’HISTOIRE ! APPRENEZ QUE QUAND LE BURKINABE SE COMPORTE DE LA SORTE MALGRE LES SORTIES DE LA BRIGADE DE CONTROLE DES PRIX C’EST QU’IL YA PROBLEME !
S’il y a un problème de condiment dans les villes du BF, je le regrette profondément, mais c’est un problème local et passager.
en France, il y a eu une forte demande ponctuelle de ventilateurs et rafraîchisseurs d’air, mais cette pénurie a disparu en une semaine,, car il est ici très facile de commander sur Internet des appareils divers.
Par contre, ce qui me préoccupe, c’est que les cervelles burkinabè bien faites ne protestent pas quand un azimuté se permet des sottises aussi énormes que « en France, on manque d’électricité » ; signe évident qu’il n’a jamais mis les pieds en France, pays qu’il confond avec l’Afrique du Sud ou le Mali.
De temps en temps, un orage local provoque une panne locale dans un petit blèd de France ... et immédiatement des commandos d’EDF arrivent sur des énormes camions tous-terrains à 8 roues munis de grues intégrées et rétablissent le courant en moins de 3h. Je les ai vu à l’œuvre en montagne dans les Alpes, le courant a été rétabli en 1 h. Ce sont de véritables commandos munis d’outils motorisés très puissants, capables de grimper aux arbres et de réduire en miettes un arbre géant qui obstrue un chemin.
Voici les productions électriques moyennes par an depuis 2020 en gigawatts/heure :
Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie) : environ 140 000 GWh/an.
Afrique subsaharienne de l’Ouest (de la Mauritanie au Cameroun et au Tchad, incluant le Nigeria et l’AES) : environ 80 000 GWh/an.
France : environ 500 000 GWh/an.
La France est pleine à ras-bord de centrales nucléaires absolument monstrueuses, de lacs de barrage hydro-électriques et d’éoliennes plus grandes qu’un jumbo-jet. Rien que les 4 centrales qui m’encadrent dans un rayon de 100 km produisent beaucoup plus que toute l’Afrique de l’Ouest de Dakar à Yaoundé.
Les nombreuses éoliennes qui saturent les plaines d’Angers jusqu’en Lorraine ne sont là ... que pour l’exportation de courant ; elles sont souvent mises « en rideau », car elles sont juste destinées aux pointes de consommation de l’Europe entière.
La France exporte BEAUCOUP d’électricité, et cette électricité sert à régulariser l’entièreté du réseau européen qui comprend l’Angleterre et même le Maroc, l’Algérie et la Tunisie par câbles sous-marins.
Messire Pfff pourra aisément me contredire, lui qui est grrrrrand gourrrrrou cosmosidéral de la production électrique (allusion au célèbre peintre catalan surréaliste).
Héhéhé, oui. Je soigne mes moustaches, mais surtout je n’ai aucun accent à l’écrit, ce qui est sans doute plus comode pou’l me fai’le comp’lend’le. Oui, tous ces chiffres sont exacts. Ce que je disais à notre nouveau sage : la France a beaucoup d’électricité, en réalité beaucoup trop car nous sommes en été, l’industrie ne tourne pas au maximum de ses capacités, pour le moment il y a moins de climatisation l’été que de chauffage l’hiver, les centrales solaires produisent au maximum… et les clients habituels de la France produisent par eux-mêmes avec du solaire et n’absorbent pas les capacités françaises. En bref, on se retrouve en été avec des surplus électriques géants. Ce serait bien d’accélérer sur l’électrification du parc automobile ou l’installation de centres de calculs pour IA. Le tout, c’est de savoir s’en passer l’hiver. Que du bonheur pour les ingénieurs ;)
Ce qui est drôle, c’est que cette image de la France véhiculée par cet internaute, une France dans la dèche totale, elle est à peine différente de celle que transmet un PROFESSEUR d’histoire-géographie dans un établissement scolaire (primaire-collège-lycée) en Russie à l’heure actuelle (je ne peux que recommander le documentaire « Mister Nobody contre Poutine », sur la chaîne d’Arte, disponible gratuitement sur youtube) : selon cet éminent professeur ayant été élu meilleur professeur par les élèves (recevant ainsi un appartement et autres), en Europe, on a pas d’agriculture, c’est la faim, la misère, en France ça va un peu mieux parce qu’on se bâfrerait d’huîtres et de grenouilles. C’est sidérant, je me demande franchement à quoi ressemblera cette génération une fois devenue adulte.