Burkina : La 2ᵉ édition du Salon international de la bourse africaine sous le signe de l’inclusion financière et de la souveraineté économique
vendredi 5 juin 2026.
La 2ᵉ édition du Salon international de la bourse africaine (SIBA) s’est ouverte ce vendredi 5 juin 2026, à Ouagadougou, sous le signe de l’inclusion financière et de la souveraineté économique. À travers cette plateforme d’échanges et de sensibilisation, les acteurs du secteur ambitionnent de rapprocher davantage les populations africaines des marchés financiers afin de faire de l’épargne locale un moteur du développement du continent. Sous la présidence du ministre de l’économie et des finances, Dr Aboubakar Nacanabo, la présente édition est parrainée par Roland Yago, président du conseil d’administration de Global Ratings.
Dans un contexte où les États africains sont confrontés à des besoins croissants de financement pour soutenir leur développement, les marchés financiers s’imposent progressivement comme des outils stratégiques de mobilisation des ressources internes. C’est dans cette dynamique que s’est ouverte la 2ᵉ édition du Salon international de la bourse africaine (SIBA), un rendez-vous qui se veut désormais une référence en matière de promotion de la culture boursière en Afrique.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre de l’économie et des finances, Léa Zagré/Rimtoumda a salué une initiative qui participe activement à la démocratisation de l’investissement et à l’élargissement de l’inclusion financière sur le continent. Elle a notamment félicité le comité d’organisation ainsi que l’ensemble des partenaires pour leur engagement en faveur d’une meilleure appropriation des mécanismes financiers par les populations africaines.
« L’Afrique de demain sera construite par une jeunesse capable de transformer ses ambitions en projets concrets », Léa Zagré/Rimtoumda, représentante du ministre de l’économie et des finances
Selon elle, le succès enregistré lors de la première édition du salon a permis de mettre en évidence un constat encourageant : les citoyens africains manifestent un intérêt croissant pour les questions financières et souhaitent jouer un rôle plus actif dans le financement de l’économie. Une évolution qui traduit, à ses yeux, une prise de conscience collective de l’importance de l’épargne locale dans la transformation économique du continent.
« L’Afrique ne pourra pas assurer durablement son développement sans une meilleure valorisation de son épargne intérieure et sans une implication accrue de ses citoyens dans le financement de l’économie », a-t-elle affirmé.
« Nous sommes convaincus que le développement durable des marchés africains passe nécessairement par le renforcement des mécanismes locaux d’évaluation et de gestion des risques », Roland Yago, président du conseil d’administration de Global Ratings
Rendre la Bourse accessible à tous
Placé sous le thème « Marchés financiers et inclusion financière : comment rapprocher la Bourse de la population ? », ce salon entend justement lever les barrières qui continuent d’éloigner une grande partie des citoyens des marchés financiers. Longtemps perçue comme un univers complexe et réservé à une élite d’initiés, la bourse doit aujourd’hui devenir un outil accessible à tous, estime la représentante du ministre. Jeunes, entrepreneurs, commerçants, agriculteurs, acteurs du secteur informel ou encore salariés doivent pouvoir accéder aux opportunités qu’offre l’investissement financier pour sécuriser leur avenir et contribuer à la croissance économique.
Cette ambition s’inscrit dans une vision plus large de souveraineté économique. Pour les organisateurs et les autorités, il s’agit de promouvoir une culture où investir dans l’économie nationale devient un acte citoyen, permettant de financer davantage les entreprises, les infrastructures et les projets de développement grâce aux ressources locales.
« La Bourse concerne l’étudiant cherchant à comprendre les flux de capitaux, le commerçant ambitionnant de passer d’une activité informelle à une structure d’envergure », Léopold Ouédraogo, président du comité scientifique de la 2ᵉ édition du SIBA
Un levier stratégique pour financer l’économie
Pour la conseillère technique du ministre de l’économie et des finances, l’enjeu est d’autant plus important que les besoins de financement des économies africaines demeurent considérables. Les petites et moyennes entreprises recherchent des capitaux pour soutenir leur expansion. Tandis que les jeunes porteurs de projets ont besoin de ressources pour concrétiser leurs ambitions entrepreneuriales. Les entreprises, quant à elles, doivent investir pour innover, améliorer leur compétitivité et conquérir de nouveaux marchés.
Face à ces défis, le marché financier apparaît comme une solution durable et stratégique. Il offre la possibilité de mobiliser l’épargne nationale, d’orienter les ressources vers les secteurs productifs et de soutenir une croissance économique inclusive.
« La question n’est donc plus de savoir seulement où trouver des financements, mais comment mobiliser efficacement notre propre épargne pour financer notre propre développement », Boukaré Bansé, commissaire général du SIBA
Du point de vue de Léa Zagré, le développement des marchés financiers africains passe également par un investissement accru dans l’éducation financière. Une meilleure compréhension des mécanismes d’épargne et d’investissement permet aux citoyens de prendre des décisions éclairées et d’accroître leur participation à la vie économique. « Une jeunesse qui comprend les mécanismes de l’investissement développe davantage d’ambitions et de confiance en l’avenir. Une nation qui investit dans ses propres entreprises renforce progressivement son autonomie économique », a-t-elle souligné.
Le numérique au service de la démocratisation de l’investissement
Au-delà des réflexions et des débats, le SIBA met également en lumière les profondes mutations technologiques qui transforment aujourd’hui l’accès aux marchés financiers. Grâce aux innovations numériques, l’investissement devient progressivement plus simple, plus rapide et plus accessible.
Désormais, il est possible d’effectuer de nombreuses opérations financières à partir d’un téléphone mobile : ouverture de comptes-titres, souscription à des produits financiers, accès à l’information boursière ou encore réalisation d’investissements à distance. Des avancées qui contribuent à réduire les obstacles géographiques et administratifs qui limitaient jusqu’alors l’accès des populations aux marchés financiers.
Des acteurs économiques et financiers distingués pour leur apport au développement durable du Burkina Faso et d’une Afrique prospère ; les stands érigés à l’occasion de la 2ᵉ édition du SIBA visités
Durant deux jours, les panels, ateliers, masterclasses et espaces de réseautage prévus entendent ainsi rapprocher la finance des réalités quotidiennes des citoyens et favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’investisseurs africains. Plus qu’un simple salon, cette 2ᵉ édition du SIBA se présente comme un laboratoire d’idées et d’actions pour bâtir une Afrique où l’épargne locale finance davantage le développement. Il ambitionne de façonner une Afrique où l’investissement devient un réflexe citoyen et où les marchés financiers participent pleinement à la construction d’une souveraineté économique durable.