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Burkina/ENAM : C’est parti pour les soutenances des stagiaires du cycle B, une innovation de l’institution dans la formation professionnelle

mardi 2 juin 2026.

 

C’est une première pour l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), qui instaure désormais une soutenance des stagiaires du cycle B, dont la cérémonie inaugurale est intervenue le lundi 1ᵉʳ juin 2026 dans les locaux de l’institution. Ce sont 389 impétrants, promotion 2024-2026, qui sont concernés par cette session normale de soutenance des rapports de stage.

Cette démarche procède de la mise en œuvre du Plan stratégique de développement et de modernisation de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), dont la vision à l’horizon 2026 est de faire d’elle une institution « de prestige, d’excellence et d’innovation qui rayonne au plan national, sous-régional et international ». Les 389 impétrants sont répartis entre les départements administration générale ; magistrature, greffe et droits humains ; gestion des services touristiques et culturels ; gestion des services socio-économiques ; gestion des emplois, formation professionnelle et lois sociales.

Les soutenances se dérouleront sur les trois sites, à savoir ENAM (Ouagadougou) du 1ᵉʳ au 3 juin 2026, à l’Institut régional d’administration (IRA) du Goulmou les 5 et 6 juin 2026 et à l’IRA du Guiriko du 8 au 10 juin 2026.

Présidant la cérémonie de lancement, le secrétaire général du ministère des Serviteurs du peuple, Rodrigue Oboulbiga, a relevé que l’ENAM occupe une place stratégique dans le dispositif national de formation des cadres et agents de l’administration publique. « Dans un contexte national marqué par des défis multiformes, notamment la crise sécuritaire, les exigences de gouvernance publique, la modernisation administrative et les attentes croissantes des citoyens, la question de la qualité des ressources humaines devient plus que jamais cruciale », jauge l’autorité.

Le jury de la soutenance inaugurale, présidé par Laurentine Yougbaré, avec à sa gauche, le maître de stage, R. Amédé Sebego et à sa droite, le directeur de stage, Ambroise Taoko.

Convaincu que la performance de l’action publique repose fondamentalement sur la compétence, le professionnalisme, la rigueur, le sens élevé de l’éthique et le dévouement des femmes et des hommes en charge de la conception et de la mise en œuvre des politiques publiques, M. Oboulbiga a donc saisi l’instant pour saluer les réformes entreprises ces dernières années par les dirigeants de l’ENAM. C’est dans cet esprit également qu’il apprécie l’instauration de la soutenance des rapports de stage du cycle B qui s’inscrit dans la quête continue de professionnalisation, de réflexion critique et de solutions concrètes aux préoccupations de l’administration. « Au-delà de l’exercice académique, le rapport de stage constitue un véritable instrument d’observation, d’évaluation et parfois d’innovation administrative », soutient le secrétaire général, Rodrigue Oboulbiga, pour qui cette innovation a sans doute permis d’améliorer substantiellement la qualité des travaux produits par les stagiaires et de renforcer leurs capacités d’analyse, de synthèse et de propositions.
Sayouba Belem ouvre le bal avec une note de 17 sur 20.

De droite vers la gauche : le secrétaire général du ministère, M. Oboulbiga ; le directeur général, M. Yarabatioula et le secrétaire général de l’ENAM, Salfo Ouédraogo..., suivant le déroulement de la soutenance inaugurale.

Le directeur général de l’ENAM, Dr Yacob Yarabatioula, est, lui, revenu sur les motivations et le processus qui ont abouti à ces soutenances, remerciant donc tous les acteurs qui ont contribué à l’effectivité. « Nous envisageons, après cette série, et avant la fin de l’année, de nous retrouver en atelier avec les élèves et les autres acteurs, pour voir ce qui a marché, ce qui n’a pas marché et s’il y a lieu de poursuivre la dynamique, le faire dans de très bonnes conditions. Nous pensons qu’il faut toujours essayer, de donner l’opportunité à tous les élèves du cycle B de prendre la parole devant un jury, de défendre une idée, de dire ce que le stage a apporté de plus dans leur parcours. Ce, d’autant que l’administration est exigeante aujourd’hui et ils sont appelés à résoudre aussi des questions », convainc le premier responsable de l’institution, Dr Yarabatioula.

De la cérémonie d’ouverture à la soutenance à proprement dite, la mobilisation a été constante dans la salle Ignace Kalmogo (du nom d’un ancien directeur général de l’ENAM), aménagée pour la circonstance.

L’autre grand volet de cette cérémonie de lancement a été la soutenance inaugurale, suivie de bout en bout par le praesidium C’est le stagiaire attaché administratif des collectivités territoriales, Sayouba Belem, qui a donné le ton des soutenances. Il a fait son stage à l’arrondissement N°3 de Ouagadougou, d’où il a planché sur le problème relatif à la fermeture temporaire, depuis janvier 2024, du centre de traitement et de valorisation des déchets. C’est ce travail que l’impétrant a donc été appelé à défendre devant le jury présidé par Laurentine Yougbaré, directrice du développement institutionnel et de l’innovation au ministère de l’Enseignement de base, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales. Un examen décisif qu’il a brillamment réussi avec la note finale de 17 sur 20, correspondant à la mention « très bien ».

L’impétrant, Sayouba Belem, posant avec le jury, à l’issue de la délibération.

Pour la présidente du jury, l’instauration de la soutenance à ce niveau est très pertinente, dans la mesure où, justifie-t-elle, les stagiaires acquièrent des compétences théoriques au niveau de l’école et d’autres compétences plus pratiques sur le terrain, qu’ils transcrivent dans les documents. « Il est bon que pour des futurs cadres de l’administration, ils puissent savoir s’exprimer ; ce sont eux qui ont écrit le document, ils doivent savoir rendre le contenu, donner la substance de ce qu’ils ont eu à produire comme rapport. Je pense que c’est très important, cela va leur permettre de s’exercer davantage et de donner plus de sérieux (pour ceux qui ne prenaient pas le rapport de stage au sérieux), parce qu’ils savent qu’ils auront à défendre le contenu de ce qui a été produit sur écrit. Personnellement, je pense que cela a été une très bonne chose et à cette soutenance inaugurale, le candidat s’est très bien prêté à l’exercice et nous apprécions vraiment positivement », mesure Laurentine Yougbaré.

Muni de son parchemin, Sayouba Belem se confie sur cette épreuve de soutenance qu’il vient de franchir : « C’est un exercice pas facile, mais je l’apprécie ; parce que cela nous prépare à notre futur emploi dans l’administration. Nous serons appelés à faire des conceptions et à proposer des solutions aux décideurs. C’est donc une très bonne chose pour notre formation ».

O.L
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