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Zéro goutte de sang sur les routes : L’ONASER et les forces de sécurité traquent les infractions routières

vendredi 22 mai 2026.

 

L’Office national de la sécurité routière (ONASER), en collaboration avec la police nationale, la police municipale, la gendarmerie nationale et le Centre de contrôle des véhicules automobiles (CCVA), a lancé une opération de sensibilisation et de répression pour « zéro goutte de sang » sur les routes. Ce jeudi 21 mai 2026, des journalistes ont été embarqués sur le terrain afin de constater de visu le déroulement de cette opération déployée dans la capitale et ses environs.

Les professionnels des médias se sont d’abord rendus sur l’avenue de l’Insurrection populaire, où plusieurs contrôles routiers ont été effectués. À chaque passage du feu tricolore au rouge, les motocyclistes étaient sensibilisés à l’importance du port du casque.

« Pourquoi ne portez-vous pas de casque ? », demandent les policiers aux usagers qui circulent sans protection.

Un policier sensibilise des usagers de la route au niveau de l’avenue de l’Insurrection populaire

« Je n’ai pas les moyens financiers de m’en procurer un. Ma moto est vieille et je n’ai pas les ressources nécessaires pour la changer », répond une usagère de la route. Certains promettent toutefois de s’équiper prochainement.

Les usagers ne respectant pas les règles de sécurité routière ont été « shonp », un jargon populaire signifiant « pris sur le fait ». Certains contrevenants ont ainsi été verbalisés et contraints de payer des amendes conformément aux textes en vigueur.

Des automobilistes en excès de vitesse interpellés, preuves à l’appui

« Serrez-vous sur le côté, madame, vous êtes en excès de vitesse », lance un policier à une automobiliste. Cette dernière s’exécute avant de payer une amende. Elle est loin d’être la seule dans ce cas. Plusieurs conducteurs ont été interpellés pour excès de vitesse et sensibilisés au respect des limitations imposées.

Le port du casque, le respect des limitations de vitesse, le port de la ceinture de sécurité, le respect des feux tricolores, le contrôle des véhicules défectueux ou en surcharge, la non-utilisation du téléphone au volant, ainsi que la lutte contre les stationnements dangereux et les excès de vitesse figuraient parmi les principaux axes de cette opération.

Monsieur Coulibaly regrette d’avoir commis cette infraction

« Je n’ai pas oublié de porter ma ceinture de sécurité. Je souffre d’asthme et je ne la mets pas parce qu’elle me serre et m’empêche de bien respirer. Mais je conseille tout de même aux automobilistes de porter leur ceinture, car c’est pour notre sécurité », explique, d’une voix gênée, Monsieur Coulibaly, interpellé pour non-port de la ceinture de sécurité.

Benoît Zoungrana a également été interpellé pour le même motif. Il explique qu’il ne parcourait pas une longue distance et qu’il a, de ce fait, négligé cet aspect. Reconnaissant son tort, il souligne qu’un accident de la circulation peut survenir à tout moment, quelle que soit la distance à parcourir. Il s’engage désormais à porter systématiquement sa ceinture de sécurité et invite les autres automobilistes à faire de même.

Grégoire Nabolé contraint de payer une amende de 12 500 FCFA

Grégoire Nabolé, quant à lui, portait bien sa ceinture de sécurité. Toutefois, il roulait en excès de vitesse. Les équipes ont alors interpellé celui que les agents ont affectueusement surnommé « Yaaba » (« grand-père » en langue mooré). Le conducteur a reconnu avoir roulé trop vite. Au micro des journalistes, il a invité les automobilistes à respecter les limitations de vitesse afin de préserver leur vie ainsi que celle des autres usagers de la route.

« Nous ne devons pas craindre les agents chargés du contrôle routier. Si nous respectons leurs consignes, il y aura moins d’accidents de la circulation », reconnaît-il.

Sans casque ? Demi-tour obligatoire !

Les journalistes se sont ensuite rendus sur les routes nationales nᵒ 1 et nᵒ 6 (RN1 et RN6). Là-bas, les consignes étaient strictes. Les motocyclistes voyageant sans casque ont été invités à rebrousser chemin afin de s’en procurer un avant de poursuivre leur trajet.

Benoît Zoungrana s’est acquitté d’une amende de 6 000 FCFA

« Allez chercher vos casques. Tous ceux qui ne portent pas de casque doivent faire demi-tour », lancent les forces de l’ordre.

La frustration se lisait sur certains visages. Quelques usagers, la mine renfrognée, ont tenté de négocier avec les « Naaba » (un terme populaire utilisé au Burkina Faso pour désigner les forces de l’ordre) afin de poursuivre leur chemin. Mais rien n’y fit : ils ont été contraints de rebrousser chemin. Certains motocyclistes, visiblement contrariés, ont dû modifier leur programme de voyage.

« Ce n’est pas normal », s’emporte une motocycliste au niveau de la RN6 avant de faire demi-tour. Malgré leur frustration, plusieurs usagers reconnaissent néanmoins que cette mesure est nécessaire, car elle vise avant tout à sauver des vies humaines.

« Il ne suffit pas de porter votre casque, il faut aussi attacher les sangles », expliquent les équipes de l’ONASER

« Chaque usager doit porter son casque. C’est important pour la sécurité routière et cette initiative mérite d’être saluée. Je vais donc aller chercher mon casque afin de voyager sereinement. Je remercie les forces de l’ordre, car tout cela est fait pour notre propre sécurité », déclare Adama Tiemtoré, un motocycliste contraint de rebrousser chemin.

Sur le terrain, les équipes mobilisées ne se sont pas limitées aux sanctions. Elles ont également mené des actions de sensibilisation auprès des usagers sur les bonnes pratiques à adopter en circulation. Les conducteurs respectueux des règles, notamment ceux portant correctement leur casque, ont été félicités et encouragés.

Des motocyclistes invités à rebrousser chemin pour non-respect du port du casque au niveau de la RN6

L’ONASER rappelle que ces mesures relèvent d’exigences légales destinées à renforcer la sécurité routière et à réduire les accidents.

« L’ONASER s’est engagé à œuvrer pour que les populations puissent circuler en toute sécurité sur les routes. Depuis le début de l’année, plusieurs opérations de ce type sont organisées afin de rappeler aux usagers de la route la nécessité de respecter les normes et la législation en matière de circulation routière. Je tiens également à souligner que le mois d’avril a été particulièrement meurtrier en raison des nombreux accidents de la circulation enregistrés. Cette opération intervient donc à point nommé. Elle vise à sensibiliser davantage les populations sur l’importance du respect des textes et des règles de sécurité routière », a expliqué le commissaire principal de police et directeur de la normalisation et des opérations à l’ONASER, Moïse Ouédraogo.

Au milieu, Moïse Ouédraogo affirme que la sensibilisation seule ne suffit plus et qu’il faut désormais sanctionner

Il déplore par ailleurs que, malgré les nombreuses actions de sensibilisation déjà menées, certaines mauvaises pratiques persistent. L’ONASER prévient que ce type d’opération sera désormais régulier et progressivement étendu à l’ensemble du territoire national.

Samirah Bationo
Lefaso.net



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