
Lutte contre le trafic de drogue au Niger : 9 289 individus interpellés en 2025, avec de plus en plus d’ampleur dans les écolesLe ministre nigérien en charge de la sécurité publique a, dans une interview à la Radio et Télévision du Niger (RTN), ce mardi 21 avril 2026, et rapportée par l’Agence nigérienne de presse, révélé qu’en 2025, ce sont 9 289 individus qui ont été interpellés dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue. Parmi ces 9 289 individus, 8 000 sont de nationalité nigérienne et 1 200 de nationalité étrangère, précise-t-on. Ces opérations ont également permis de récupérer d’importantes quantités de stupéfiants (drogues, résines, tramadol, diazepam, plus de 4 millions de comprimés, etc.). Il y ressort que la drogue transitait par le Niger à travers des routes bien connues pour aller soit vers le Maghreb soit dans les pays du golfe de Guinée. « Mais malheureusement, ces dernières années, le Niger n’est pas seulement un pays de transit. Les jeunes nigériens commencent à s’adonner justement à cette consommation. Le Niger a enregistré cette année, des saisies qui ont été opérées d’une façon spectaculaire, de cannabis, de cocaïne, des craques, de tramadole, les diazepam. Donc, toutes ces drogues circulent dans ce pays, et vous comprenez que quand on parle de tramadole, c’est juste des comprimés très facile à consommer », a fait remarquer le Ministre de l’Intérieur », de la sécurité publique et de l’administration territoriale, le général de division Mohamed Toumba, dont les propos sont relayés par l’Agence nigérienne de presse (ANP). Selon l’agence de presse officielle du Niger, le ministre a fait ressortir que le phénomène prend de plus en plus d’ampleur, notamment dans les écoles ; ce qui suscite « une vive inquiétude » chez les parents. Pour contrecarrer cette pratique, l’autorité appelle à la sensibilisation et à plus de responsabilité des parents. « Il faut que les parents puissent surveiller leurs enfants, que l’État sensibilise au niveau des écoles, de la jeunesse, pour qu’ils puissent prendre des mesures », a prôné le ministre avant de rappeler qu’une brigade des mœurs a été créée en octobre 2024 et fait, à ce jour, un travail remarquable. « Nous essayons de les soutenir autant que faire ce peut, pour qu’ils puissent vraiment résoudre ce problème de consommation de drogue, de délinquance juvénile », a relevé le ministre, annonçant dans cet élan que, « pas plus qu’il y a quelques jours, j’étais en train de discuter un peu avec l’ONU-DC (Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime : Ndlr) pour pouvoir voir dans quelles mesures, nous pouvons avoir des centres de désintoxication ». Toujours de l’avis du ministre Mohamed Toumba cité par l’ANP, beaucoup d’autres facteurs doivent être pris en compte, à l’image des travailleurs des mines artisanales « qui s’adonnent au quotidien à la prise de drogue pour pouvoir travailler ». C’est pourquoi il estime également qu’il y a nécessité de renforcer le dispositif sécuritaire autour des villes, augmentant aussi les effectifs des forces de défense et de sécurité pour pouvoir couvrir tout le territoire. Cette actualité vient rappeler le défi crucial que constituent le trafic de drogue et la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel, perçus comme une réelle menace à la paix et à la stabilité. C’est sans doute au regard de l’enjeu que le Bureau des Nations-Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) et ses partenaires, mènent les actions de sensibilisation sur le sujet. « Le fléau toujours présent du trafic de drogue en Afrique de l’Ouest et au Sahel et les opérations de plus en plus sophistiquées des cartels de la drogue sont sources de grandes préoccupations. L’utilisation du désert du Sahara comme voie de transit de stupéfiants, notamment la cocaïne et le cannabis, accroît l’insécurité dans une région déjà volatile et généralement en dehors du contrôle des forces de sécurité et de défense nationales. Les réseaux terroristes et les groupes rebelles pourraient tirer un avantage économique important d’activités criminelles, dont le trafic de drogue et d’armes. Les cas fréquents d’enlèvement d’étrangers dans la bande du Sahel aux fins de paiements de rançon sont une illustration de cette tendance inquiétante. En outre, les tendances locales de consommation de cocaïne indiquent que la sous-région est également en train de devenir une zone de consommation. Dans les endroits où le chômage est massif et où la situation politique est volatile, la consommation de drogues chez les jeunes pourrait servir de déclencheur de violence », dépeint l’UNOWAS.
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