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Présidentielle au Bénin : À Ouagadougou, les Béninois accomplissent leur devoir civique

dimanche 12 avril 2026.

 

Dimanche 12 avril 2026. Nous sommes au quartier Dassasgho de la ville de Ouagadougou, juste derrière le temple du Pasteur Mamadou Philippe Karambiri. Au consulat du Bénin au Burkina Faso, entrent et sortent des citoyens de ce pays voisin du Burkina Faso, pour accomplir un devoir civique : le vote pour la présidentielle. Des deux côtés de la voie, se tiennent les forces de l’ordre, qui s’assurent non seulement que l’événement se tienne en toute sérénité, mais aussi que la circulation sur ce tronçon ne perturbe pas les votes.

Dès 6h00, certains étaient déjà sur les lieux, attendant l’ouverture du bureau de vote. Prévu pour démarrer à 7h, c’est plutôt à 7h19 que le vote débute. Au Burkina, ils sont estimés à un peu plus de 700 le nombre d’électeurs attendus. Au compte des premiers votants, le consul honoraire du Bénin au Burkina Faso himself, Honorat Innocent Zodjihoué. Dans un style vestimentaire qui marque son appartenance à sa terre natale, le Bénin, l’homme accomplit ce geste, qui peut paraître banal en apparence, mais dont la symbolique est des plus capitales, pour qui sait le sens réel des élections.

En image, les pièces admises pour voter

« Voter, c’est un devoir civique », a-t-il rappelé, comme pour insister sur la nécessité pour chaque citoyen, de manière générale, de ne pas manquer de donner sa voix, laquelle contribue à faire vivre la démocratie. Pour l’organisation de ces élections, le Bénin a su compter sur les autorités burkinabé. « À travers le monde, c’est dans uniquement dix pays que les votes se tiennent et le Burkina en fait partie », a rappelé le consul, qui remercie au passage les autorités qui n’ont ménagé aucun effort pour tenir ce pari.

« Nous souhaitons bonne chance à tous les candidats », Honorat Innocent Zodjihoué

Tout comme lui, Claudine Adjala n’a pas manqué à l’appel de la patrie. La dame dit s’être établie au Burkina Faso depuis une trentaine d’années, mais n’oublie tout de même pas que voter peut améliorer davantage les conditions de vie des populations béninoises. « Quand on vote pour quelqu’un, on espère qu’il gagne parce qu’on croit en son programme. On a aussi foi qu’il l’exécutera. Pour nous qui sommes à l’extérieur, on ne le fait pas forcément pour nous-mêmes, mais surtout pour nos enfants », a confié dame Adjala.

« J’espère que mon candidat remportera les élections », Claudine Adjala

Même son de cloche pour Godefroy Ayité. « Je suis passé accomplir mon devoir en tant que citoyen, pour que le développement se produise dans ma terre natale ; que le nouveau président réponde aux attentes de tous les Béninois. Sur place, je n’ai trouvé aucune faille dans l’organisation des votes, ici au Burkina Faso », a-t-il fait remarquer. Lui aussi salue l’organisation des élections au Burkina Faso. « Ce n’est pas la première fois que le Burkina Faso accepte d’organiser le vote des étrangers… J’encourage toujours la fraternité entre les deux pays », s’est exprimé celui qu’on appelle affectueusement « doyen Ayité ».

« Je suis au Burkina depuis 37 ans, Godefroy Ayité

Pour ce qui est de l’accomplissement matériel de ce geste, les citoyens béninois apprécient dans l’ensemble. « Il n’y a pas de longue attente. C’est vrai qu’on a téléchargé la liste électorale avant de venir. On connaissait à peu près les pages où l’on se situait. Cela facilite la recherche de notre identité. Tout est correct et la discrétion aussi est respectée », a jugé de son côté dame Adjala. « Dès que j’ai présenté ma carte, on m’a remis les documents de vote. Je suis entrée dans l’isoloir, j’ai apposé le tampon sur mon choix, et je l’ai introduit dans l’urne. Je trouve que l’organisation est vraiment parfaite », a apprécié Rosemonde Touré.

En image, l’urne qui reçoit les bulletins de vote

Rappelons que pour l’organisation de ces votes au Burkina Faso, le consulat a mis les petits plats dans les grands pour faciliter la mobilité des ressortissants béninois Deux bus sont mis à disposition pour ce faire. Le premier part de Zagtouli jusqu’au bureau de vote sis au quartier Dassasgho. Le deuxième quitte Bobo Dioulasso pour regagner la capitale. « Mon appel à l’endroit de nos ressortissants est de se rappeler qu’ils sont des Béninois, et que c’est l’un de leurs devoirs civiques », a lancé le consul avant de souhaiter que le meilleur gagne.

Après les législatives et communales de janvier 2026, quelques 8 millions de Béninois sont de nouveau appelés aux urnes ce dimanche 12 avril 2026. Ils doivent désigner l’un des deux duos officiellement retenus par la Cour constitutionnelle : Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, soutenus par la mouvance présidentielle et Paul Hounkpè et Judicaël Hounwanou, représentant les Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE).

Erwan Compaoré
Lefaso.net