
Il faillit mourir sur un quai de métro à cause d’une simple questionIl faillit mourir sur un quai de métro à New York. Pas à cause d’une agression. Pas à cause d’un accident. Mais à cause d’une simple phrase prononcée par un inconnu. Une phrase si brutale qu’elle allait bouleverser sa vie et déclencher une quête qui, trente ans plus tard, ferait de lui l’un des bâtisseurs les plus ambitieux du continent africain. C’était en octobre 1990. Le quai vibrait sous les grondements métalliques des rames qui traversaient la station. L’air d’automne s’engouffrait dans les tunnels, chargé d’odeurs de fer chaud et de vapeur. Des silhouettes pressées passaient sans regarder personne. Cet étudiant s’appelait Abou Dieng. L’homme se tourna vers lui.
L’inconnu ne le quittait pas des yeux.
Pendant une fraction de seconde, le bruit du métro sembla disparaître. Ces mots frappèrent Abou Dieng avec la brutalité d’une vérité qu’on ne peut pas esquiver. Pas une insulte. Pas une provocation. Juste une question déguisée en accusation. Cette phrase s’enfonça en lui comme un éclat de verre. Pendant plusieurs nuits, il dormit à peine. Les mots revenaient sans cesse. Impossible de les oublier. Impossible de les fuir. Car derrière la brutalité de la phrase se cachait une interrogation bien plus profonde : Comment un continent aussi riche peut-il rester pauvre ? Ce jour-là, sur ce quai de métro, quelque chose se brisa en lui. Et quelque chose d’autre naquit : une obsession, une mission. Il voulait comprendre ce qui transforme une nation pauvre en nation prospère. Apprendre comment les nations se construisent Les années suivantes ne sont pas consacrées à la gloire. Elles sont consacrées à l’apprentissage. Abou Dieng retourne étudier avec une intensité presque obsessionnelle. Pas seulement les livres, mais les systèmes. Mais surtout, il observe. Il observe comment les capitaux circulent. Comment les gouvernements négocient. Comment les infrastructures se financent. Comment certaines économies décollent pendant que d’autres stagnent. Il travaille aux États-Unis, en Amérique latine, en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Pas pour accumuler des titres, mais pour comprendre les mécanismes invisibles qui font fonctionner les nations. Et quand le moment arriva enfin, il retourna chez lui en Afrique. Pas simplement avec de l’expérience, mais avec un plan. Pas en observateur, mais en bâtisseur. Le bâtisseur de systèmes Son approche repose sur une idée simple, mais radicale : Un continent ne se transforme pas secteur par secteur. Il se transforme système par système. C’est pourquoi les projets qu’il dirige couvrent les piliers fondamentaux du développement : l’alimentation, l’énergie, la finance, le logement, la santé, et même le récit. Souveraineté alimentaire À travers leurs corridors agricoles Green Revolution 2030, les équipes du Dr Dieng travaillent à placer l’Afrique là où se trouvait la Chine dans les années 1980 : au bord d’une révolution agricole et industrielle. L’objectif est clair : que les nations africaines puissent nourrir leurs populations, transformer leurs ressources, et exporter vers le monde. Autrement dit : la souveraineté alimentaire d’ici 2030. Le groupe développe également des technologies énergétiques nouvelles. Parmi elles : des générateurs magnétiques sans carburant et des centrales capables de transformer les déchets en énergie. Un seul conteneur peut produire jusqu’à 5 mégawatts d’électricité à faible coût, et avec un impact environnemental réduit. Les déchets municipaux et agricoles deviennent alors une ressource. Les décharges se transforment en centrales énergétiques. Ce qui était un problème devient un actif national. Construire pour durer Le Dr Dieng et son équipe conçoivent également des infrastructures capables de résister au temps. Structures en béton et acier. Constructions résistantes aux séismes, aux ouragans et aux catastrophes naturelles. L’inclusion financière Avec la plateforme Emoneco, l’équipe s’attaque à un autre problème majeur : plus de 60 % des Africains restent exclus du système bancaire formel. La solution repose sur une idée simple. Transformer le téléphone mobile en compte bancaire. Sans paperasse. Sans barrières. Santé et infrastructures médicales Rebranding national et souveraineté narrative Mais le Dr Dieng insiste sur un point souvent ignoré : le développement n’est pas seulement économique. Il est aussi narratif. À travers l’initiative Rebranding Africa, menée avec East West Communications, son équipe travaille à transformer l’image du continent. Pas le continent des crises, mais le continent des possibilités. Car celui qui contrôle son récit contrôle son image. Et celui qui contrôle son image contrôle son influence. Il appartient aux Africains eux-mêmes de prendre le contrôle du récit africain. Pourquoi l’Afrique. Pourquoi maintenant. Pour le Dr Dieng, le moment est historique. L’Afrique possède aujourd’hui ce que l’Inde possédait il y a vingt-cinq ans : une jeunesse avide d’éducation. Elle se trouve là où la Chine se trouvait dans les années 1980 : au seuil d’une révolution industrielle et agricole. Elle se rapproche du point où se trouvaient la Turquie et le Mexique il y a quinze ans : à l’aube d’un boom manufacturier. La diaspora africaine, selon lui, n’est pas un peuple dispersé. C’est un réseau mondial de connaissances, de capitaux et d’opportunités. La jeunesse africaine n’est pas une statistique. C’est une génération d’innovateurs, de bâtisseurs et de rêveurs. Ce dont l’Afrique a besoin, ce n’est pas plus de compassion. C’est du capital pour alimenter ses rêves, de la vision pour guider son chemin, et la confiance inébranlable de se tenir debout sur la scène mondiale. » Le travail accompli Plus de trente ans. Trente-neuf pays africains. Plus de 150 projets de transformation. Un réseau de plus de 600 banques à travers le monde. Mais les chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. Ses projets ont contribué à : connecter des régions africaines pour la première fois aux réseaux télécoms ; déployer des systèmes d’enseignement à distance touchant plus de cinq millions d’étudiants en Amérique latine ; moderniser des systèmes judiciaires nationaux ; participer à des projets d’infrastructure mondiaux, dont la rénovation du canal de Panama. Des milliers d’emplois ont été créés dans l’agriculture, l’énergie et la construction. Mais pour lui, la véritable stratégie est ailleurs. L’Afrique ne peut pas émerger secteur par secteur. Elle doit émerger système par système. Ce qui anime le Dr Dieng. Le refus d’accepter que d’autres racontent l’histoire de l’Afrique sans jamais avoir marché sur son sol. 👉 Écrivez-moi à : nayasankore@gmail.com Vos réactions (1) |