Retour au format normal
lefaso.net

8-Mars : « De nombreuses femmes n’ont pas encore conscience de l’influence qu’elles peuvent exercer dans la recherche de la paix », Téné Thérèse Hien

dimanche 8 mars 2026.

 

Dans un pays meurtri par les épreuves, mais porteur d’un immense espoir, la voix des femmes s’élève comme un souffle de résilience et de paix. À l’occasion de la Journée internationale des femmes, placée sous le thème « Bâtir une paix durable au Burkina Faso : quelle contribution des femmes et des filles à la promotion du vivre-ensemble ? », Téné Thérèse Hien lance un message de conviction. Celui d’un Burkina Faso où l’amour du prochain, l’écoute et la communication non violente deviennent les fondations d’une société réconciliée avec elle-même. Entre douleur de la crise et espérance d’un avenir meilleur, elle invite chaque citoyen à être un artisan de paix. Téné Thérèse Hien, née Soma, est une passionnée de la promotion de la paix et de la communication non violente au Burkina Faso. Depuis 2012, elle a conçu et exécuté plusieurs projets visant à intégrer la communication non violente en milieu scolaire et a été reconnue pour son impact par diverses distinctions. Madame Hien est également certifiée comme formatrice et actrice de paix par GIRAFRICA à Dakar.

Lefaso.net : Dans le contexte actuel du Burkina Faso, quel rôle spécifique la femme burkinabè peut-elle jouer dans la restauration de la paix ?

Téné Thérèse Hien : Je souhaite d’abord une très belle fête à toutes les femmes et je rends un hommage appuyé à toutes celles qui, nuit et jour, se battent pour que le Burkina Faso retrouve son lustre d’antan. La femme joue effectivement un rôle essentiel dans la recherche et la consolidation de la paix. Je pense d’ailleurs que c’est cette réalité qui a guidé les autorités à adapter le thème national autour de la construction d’un Burkina Faso de paix, en mettant l’accent sur la contribution des femmes et des filles. Notre contribution, en tant que femmes, est très importante. Elle commence d’abord au sein de la famille. La femme joue un rôle déterminant dans l’éducation des enfants et dans le maintien de l’harmonie familiale.

Elle agit souvent comme médiatrice entre le père et les enfants, contribuant ainsi à préserver l’équilibre au sein du foyer.
Au-delà de la cellule familiale, la femme intervient également au niveau de la communauté. Grâce à son sens de l’écoute, à sa patience et à sa douceur, elle parvient souvent à apaiser les tensions et à favoriser le dialogue lorsque des conflits surgissent. À ce titre, les femmes constituent de véritables actrices de paix dans la société.

En quoi les qualités souvent associées aux femmes (écoute, médiation, empathie et sens du dialogue) constituent-elles des atouts dans un contexte de crise ?

Ce qui caractérise souvent la femme, c’est d’abord sa patience et son sens de l’écoute, notamment l’écoute empathique. À cela s’ajoutent l’amour et l’attention qu’elle est capable de transmettre autour d’elle, en partie parce qu’elle connaît la valeur de la vie et les sacrifices liés à la maternité. Dans un contexte de crise, lorsque la femme mobilise ces qualités positives, elle peut contribuer efficacement à apaiser les tensions et à résoudre certains conflits, que ce soit au sein de la famille ou dans la communauté.

Prenons l’exemple de la famille. Il arrive que le chef de famille, sous le coup de la colère ou de la frustration, prenne des décisions qui risquent d’aggraver les tensions. Grâce à sa patience, à sa douceur et à son sens du dialogue, la femme peut intervenir avec tact pour amener à reconsidérer la situation. Elle favorise ainsi une approche plus apaisée et contribue à rétablir l’harmonie au sein du foyer. Ce rôle discret mais essentiel fait de la femme une véritable actrice de médiation et de cohésion sociale, particulièrement précieuse dans les périodes de crise que traverse le Burkina Faso.

La femme peut-elle être un vecteur de résilience au sein des familles déplacées ou affectées par l’insécurité ? De quelle manière concrète ?

Je voudrais d’abord exprimer toute ma compassion à l’endroit de ces femmes qui vivent dans des familles déplacées ou affectées par l’insécurité au Burkina Faso. Elles portent une lourde croix et il faut reconnaître que leur situation est souvent très douloureuse. J’ose espérer que Dieu Tout-Puissant leur donnera la force nécessaire pour continuer à avancer malgré les épreuves. Dans ce contexte difficile, la femme peut pourtant jouer un rôle essentiel dans la résilience de la famille. Elle peut être celle qui apporte du réconfort, qui maintient l’espoir et qui encourage son époux et ses enfants à ne pas céder au découragement. Par sa présence et son engagement, elle contribue à préserver l’unité et la stabilité du foyer.

Concrètement, beaucoup de femmes s’organisent aujourd’hui pour mener des activités génératrices de revenus. Certaines bénéficient déjà d’appuis ou de formations qui leur permettent de développer de petites activités économiques. D’autres peuvent se regrouper pour solliciter des prêts ou mettre en place des initiatives communautaires afin de soutenir leurs familles. Ces efforts permettent souvent de subvenir aux besoins essentiels et de préserver la dignité du foyer en attendant que la situation s’améliore.

Il est important de souligner que le soutien et la détermination des femmes sont parfois déterminants pour éviter l’éclatement des familles dans ces moments difficiles. Lorsqu’elles tiennent bon et continuent d’accompagner leurs époux et leurs enfants, elles contribuent à protéger les plus jeunes et à maintenir l’espoir d’un avenir meilleur.

En tant que promotrice de la communication non violente, comment la CNV peut-elle contribuer à la restauration de la paix au Burkina Faso ?

Avant tout, il me semble important de rappeler ce qu’est la communication non violente, afin que nous soyons sur la même longueur d’onde. De manière simple, la communication non violente est une façon de s’adresser à l’autre en tenant compte de ses besoins et de ses sentiments, de sorte que l’échange se déroule dans un climat d’écoute et de respect mutuel. C’est donc une approche de la communication qui met au centre la dignité humaine.

La communication non violente nous apprend également des valeurs essentielles telles que l’humilité, la compassion, l’empathie et le don de soi. Lorsque ces valeurs guident notre manière de communiquer, nous développons naturellement davantage de considération pour l’autre. Or, lorsque chacun se sent respecté, écouté et compris, les tensions diminuent et les risques de conflit s’amenuisent. C’est pourquoi la promotion de la communication non violente peut contribuer à instaurer un climat de dialogue et de compréhension mutuelle, indispensable pour construire et consolider la paix dans notre société.

Si ces principes sont intégrés dans les familles, les communautés et les institutions, ils peuvent constituer un levier important pour renforcer le vivre-ensemble et accompagner les efforts de restauration de la paix au Burkina Faso.

Pensez-vous que la CNV puisse être un outil efficace pour prévenir la radicalisation, les discours de haine ou les conflits communautaires ?

Je pense en effet que la communication non violente peut être un outil très utile dans la prévention de la radicalisation, des discours de haine et des conflits communautaires. Selon son concepteur, Marshall Rosenberg, la communication non violente repose sur l’idée que « notre nature humaine nous porte à aimer donner et à aimer recevoir dans un élan de bienveillance ».

La question est donc de comprendre pourquoi certaines personnes, à un moment donné, s’éloignent de cette bienveillance naturelle au point de commettre des actes de violence, tandis que d’autres, même après avoir subi des épreuves très difficiles, parviennent à rester connectées à cette humanité.
L’une des réponses tient à notre manière de communiquer. Notre façon de nous exprimer joue un rôle déterminant dans la qualité des relations humaines. Lorsque la communication est empreinte de jugement, d’accusation ou de mépris, elle peut nourrir les tensions et favoriser l’escalade des conflits. À l’inverse, lorsqu’elle repose sur des principes clairs et respectueux, elle contribue à apaiser les relations.

La communication non violente propose justement quelques repères essentiels comme observer les faits sans jugement, exprimer ses sentiments, identifier les besoins en jeu et formuler des demandes claires tout en tenant compte des besoins de l’autre. Lorsque chacun prend en considération à la fois ses propres besoins et ceux de son interlocuteur, il devient plus facile de trouver un terrain d’entente.
Dans ces conditions, le conflit n’a plus vocation à s’amplifier ; au contraire, il peut être progressivement désamorcé. C’est en ce sens que la communication non violente peut constituer un outil précieux pour promouvoir le dialogue, prévenir les discours de haine et renforcer la cohésion sociale au Burkina Faso.

Avez-vous des exemples concrets d’initiatives portées par des femmes utilisant la CNV pour résoudre des conflits ?

Oui, il existe des exemples concrets, et je peux d’ailleurs citer ma propre expérience. En 2008, lorsque j’ai été nommée dans une école dont je préfère taire le nom, j’ai été confrontée à plusieurs difficultés, notamment des barrières linguistiques et certaines résistances liées au fait que j’étais une femme. Dans ce contexte, j’ai choisi d’utiliser les principes de la communication non violente pour favoriser le dialogue. Progressivement, cette approche a permis de rétablir la confiance et de rapprocher l’école et la communauté villageoise.

Au fil de mes expériences et des rencontres que je fais lors de formations ou de stages, y compris à l’international, j’ai également entendu de nombreux témoignages de femmes qui ont utilisé la communication non violente pour apaiser des tensions au sein de couples, de familles ou même de communautés entières. Ces exemples montrent que la CNV constitue un outil puissant pour restaurer le dialogue et recréer du lien social.

Je me souviens aussi d’une formation organisée au Laboratoire d’innovation sociale (LABIS) à Ouagadougou. Lors de cette rencontre, une jeune femme a partagé un témoignage particulièrement bouleversant. Elle a raconté que son oncle avait été tué devant elle, une épreuve qui l’avait profondément marquée. Elle avouait même qu’à un moment donné, la douleur et la colère l’avaient poussée à envisager la vengeance. Mais après avoir participé à la formation sur la communication non violente, elle a expliqué qu’elle avait changé de perspective. Elle a décidé de renoncer à la haine et de continuer à avancer, estimant que c’était aussi ce que son oncle aurait souhaité.

Le même jour, une autre participante a confié qu’elle comptait aller rencontrer sa belle-sœur afin de clarifier un malentendu qui persistait entre elles depuis le décès de son mari. Elle a compris que garder en soi la souffrance ou s’éloigner des autres n’apportent pas de solution. Au contraire, exprimer ce que l’on ressent, expliquer ce qui nous a blessés et chercher à repartir sur de nouvelles bases peut contribuer à guérir les relations.

Ces témoignages montrent que la communication non violente peut aider à transformer la douleur et les tensions en opportunités de dialogue et de reconstruction. C’est pourquoi je pense qu’il s’agit d’un outil précieux qui mérite d’être davantage partagé et mis à la disposition des populations pour renforcer la cohésion sociale au Burkina Faso.

Quels sont, selon vous, les principaux obstacles à une participation plus active des femmes dans les dynamiques de paix ?

À mon sens, l’un des principaux obstacles est que de nombreuses femmes n’ont pas encore pleinement pris conscience de leur potentiel et de l’influence qu’elles peuvent exercer dans la recherche de la paix. Elles sous-estiment parfois leur capacité d’action, alors qu’elles constituent en réalité un maillon essentiel dans les efforts de réconciliation et de cohésion sociale. C’est pourquoi il est important de renforcer les actions de sensibilisation et d’accompagnement, afin de permettre aux femmes de mieux mesurer leur rôle et leur responsabilité dans ce domaine.

Lorsqu’elles prennent conscience de leur force et de leur capacité à agir, elles peuvent s’impliquer davantage dans les initiatives de dialogue, de médiation et de consolidation de la paix. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et sociaux importants, la participation active des femmes représente un levier précieux pour promouvoir le vivre-ensemble et contribuer à la restauration de la paix au Burkina Faso.

Comment renforcer le leadership féminin dans les mécanismes locaux et nationaux de consolidation de la paix ?

Un proverbe africain affirme ceci : « Ce que la barbe dit le jour, c’est ce que le pagne lui a soufflé la nuit. » Cette sagesse traditionnelle rappelle que dans nos sociétés, les femmes ont toujours occupé une place importante dans la réflexion collective et la prise de décision. Nos ancêtres accordaient déjà une grande valeur aux conseils des femmes avant l’adoption de certaines décisions majeures.
Il serait donc pertinent de revisiter et de valoriser ces pratiques endogènes en encourageant une plus grande écoute des femmes dans les espaces de décision.

Les hommes comme les femmes gagneraient à renforcer le dialogue au sein des familles et des communautés, car la femme possède souvent un sens développé de l’observation et de l’anticipation des risques. Sa patience et sa capacité d’écoute active lui permettent parfois d’identifier des signaux faibles susceptibles d’aider à prévenir certaines tensions ou dangers liés à une décision.

Pour renforcer le leadership féminin, il est également important de promouvoir l’éducation, la formation et l’inclusion des femmes dans les instances locales et nationales impliquées dans la consolidation de la paix au Burkina Faso. La valorisation des compétences des femmes, l’accès aux responsabilités et la reconnaissance de leur expertise constituent des leviers essentiels pour construire une paix durable et inclusive.

Que recommandez-vous aux autorités publiques pour mieux valoriser la contribution des femmes dans la cohésion sociale ?

Il faut d’abord reconnaître que beaucoup d’actions ont déjà été entreprises dans ce sens. On peut notamment citer l’intégration croissante des femmes au sein des forces de défense et de sécurité ainsi que les nombreuses initiatives visant à promouvoir l’autonomisation économique de la femme. En effet, la question de la paix est également liée à celle du pouvoir d’achat et de la stabilité socioéconomique des ménages. Cependant, mon souhait profond est d’adresser un appel aux autorités publiques du Burkina Faso afin qu’elles renforcent l’accompagnement des femmes qui portent des initiatives en faveur de la recherche de la paix.

Plusieurs femmes disposent d’idées et de projets susceptibles de contribuer à la cohésion sociale. Mais elles ont besoin d’un meilleur encadrement, d’une écoute attentive et d’un appui pour concrétiser leurs propositions.

J’exprime donc le vœu qu’après la célébration de la Journée internationale des femmes, l’attention soit davantage portée sur les contributions concrètes que les femmes peuvent apporter à la sauvegarde et à la consolidation de la paix. L’objectif est de permettre la mise en pratique des initiatives et des réflexions susceptibles de renforcer durablement la cohésion sociale et la stabilité du pays.

Quel message adressez-vous aux femmes burkinabè en cette période difficile ?

En cette période difficile que traverse le Burkina Faso, mon message s’adresse d’abord à mes sœurs, à mes filles et à toutes les femmes du pays. Nous avons payé un lourd tribut dans cette crise. Beaucoup de femmes ont perdu des enfants, des époux, des frères ou des parents, et cette réalité est profondément douloureuse.

Il faut cependant reconnaître que, malgré les épreuves, certaines femmes sont engagées sur le front de la défense de la nation. Même si toutes ne peuvent pas être physiquement présentes dans les zones de combat, chacune peut agir à son niveau pour contribuer à la résilience du pays. Cela commence notamment par l’éducation des enfants, qui constitue un pilier essentiel de la stabilité sociale.

Une éducation solide et responsable permet de bâtir des familles stables et de protéger les jeunes générations contre les influences qui pourraient les détourner de valeurs positives. Car si les enfants ne sont pas bien encadrés, ils peuvent devenir vulnérables aux discours de violence et aux formes de radicalisation, ce qui constituerait un lourd recul pour la nation.

Aujourd’hui, nous devons prendre conscience que la contribution des femmes est immense, que ce soit dans l’éducation familiale, la vie communautaire ou les espaces institutionnels. Je lance donc un appel à toutes les femmes du Burkina Faso. Levons-nous, mobilisons-nous et engageons-nous activement dans cette lutte historique pour la paix, la cohésion sociale et le développement de notre pays.

Quel appel lancez-vous à l’ensemble de la société pour bâtir un Burkina Faso plus uni et plus résilient ?

Pour construire une société plus unie et pacifique, il est essentiel que nous prenions conscience de certains principes fondamentaux dans nos relations. John Harway, philosophe et professeur à l’université du Colorado, a souligné que les sociétés dans lesquelles les individus s’expriment en termes de besoins connaissent moins de conflits que celles où les préjugés dominent.
Aujourd’hui, nos relations sont souvent fragilisées par ces préjugés qui empoisonnent les interactions et nourrissent les tensions. C’est là que la communication non violente, telle que développée par Marshall Rosenberg, peut jouer un rôle majeur.

Lorsque nous l’appliquons correctement, nous observons les faits sans jugement, exprimons nos sentiments de manière authentique, clarifions nos besoins et faisons des demandes claires. Cette approche permet de désamorcer les conflits et de favoriser la compréhension mutuelle. En se focalisant sur ces aspects plutôt que sur les rancunes, les jalousies ou les suppositions sur les intentions des autres, nous posons les bases d’un dialogue respectueux et constructif.
Mon appel à la société est donc que nous puissions adopter une communication basée sur l’écoute, l’empathie et le respect des besoins de chacun. C’est ainsi que nous pourrons bâtir un Burkina Faso plus uni, plus résilient et durablement pacifique.

Votre dernier mot ?

Mon dernier mot serait de faire grandir l’amour du prochain dans nos cœurs. L’empathie, la compassion et la bienveillance sont des valeurs essentielles. L’empathie et l’écoute active vont de pair. Lorsque nous écoutons quelqu’un vraiment, cela nous touche. Et c’est en nous laissant toucher que nous pouvons aider l’autre à se relever.

Ces valeurs ne doivent pas rester théoriques ou éloignées des populations. Nous pouvons commencer dès la base, en enseignant aux enfants à exprimer leurs besoins avec respect, à comprendre ceux des autres et à cultiver le dialogue. Cela est d’ailleurs en parfaite harmonie avec nos valeurs endogènes.

Des enfants élevés dans cet esprit grandiront en véritables artisans de paix.
À mes sœurs et à mes filles, je dis : soyons une conscience vivante pour notre pays. Prenons conscience de notre potentiel et de tout ce que nous pouvons apporter pour la cohésion sociale et la paix au Burkina Faso. Bonne fête à toutes, et remercions Dieu de nous avoir créées femmes. Nous avons tant à offrir à notre pays.

Je bénis nos enfants, ceux qui sont au front et se battent jour et nuit pour que nous puissions vivre en sécurité. Promouvoir la communication non violente, apprendre à s’exprimer en termes de besoins plutôt qu’en termes de préjugés, c’est préparer un futur où nous pourrons dire à nos enfants : « Ne touchez même pas aux armes, car on ne tue pas son frère. » Voilà le Burkina Faso que nous pouvons bâtir ensemble.

Interview réalisée par Hamed Nanéma
Lefaso.net