Électricité : Le ministre Yacouba Gouba recommande des travaux H24, 7 jours sur 7 pour anticiper la forte demande liée à la chaleur
mercredi 4 février 2026.
Le ministre en charge de l’énergie, Yacouba Gouba, et le directeur général de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL), Souleymane Ouédraogo, ont poursuivi leur visite terrain avec le même objectif : anticiper la forte demande d’électricité pendant la période chaude qui s’annonce. Plusieurs sites ont été visités au cours de cette journée du mercredi 4 février 2026 : les centrales thermiques de Ouaga 2, de Kossodo 1 et 2, et la centrale photovoltaïque de Gonsin, située à la sortie nord-ouest de Ouagadougou.
Ce mercredi 3 février 2026, très tôt, le cap a été mis sur la centrale thermique Ouaga 2 de la SONABEL, située au quartier Gounghin, dans la capitale burkinabè. L’objectif de cette visite était de voir le niveau d’avancement des travaux de maintenance engagés pour renforcer la performance des groupes et appareils de cette centrale. Selon les explications du chef de service production thermique Ouaga ouest/Centrale Ouaga 2, Aboubakar Bancé, ce sont des travaux de dépannage et de maintenance qui doivent être effectués sur cette centrale. « Mais ce qui rend le travail difficile, ce sont les difficultés d’acquisition des pièces de rechange parce qu’elles datent de 1974. Et au niveau des groupes, le plus ancien est de 1978. Et comme je l’ai dit, nous faisons de notre mieux, le personnel se donne à 100 %, 24 heures sur 24, pour pouvoir rendre la centrale disponible le plus tôt possible », a-t-il rassuré.
Visite de la centrale Ouaga 2 de la Sonabel
Après des échanges à bâtons rompus avec les techniciens et responsables de cette centrale thermique, l’autorité les a encouragés pour le travail qu’ils font pour renforcer la performance de ces groupes électrogènes pour les rendre stables et efficaces.
Le chef de service production thermique Ouaga ouest/Centrale Ouaga 2, Aboubakar Bancé, sur la centrale de Gounghin
À la suite de cette première étape, le ministre Gouba et son équipe ont fait un tour à la centrale photovoltaïque de Gonsin, située à la sortie nord-ouest de Ouagadougou. Avec une capacité de 42 mégawatts et munie d’un dispositif de stockage, c’est la plus grande. Cette visite inopinée effectuée par le ministre et son équipe a eu lieu pour s’assurer que les orientations données, notamment l’entretien des différents panneaux, ont été mises en œuvre. « Nous avons constaté que les panneaux sont régulièrement entretenus, mais nous les avons exhortés à poursuivre dans cet élan afin d’accroitre leurs capacités de production », dit-il.
Vue partielle des plaques de la centrale photovoltaïque de Gonsin lors de la visite inopinée
Mais avant de prendre congé d’eux, Yacouba Gouba les a exhortés en ces termes : « Nous souhaitons que vous gardiez toujours le cap et nous reviendrons régulièrement pour voir si le travail continue d’être fait comme il se doit. »
Visite commentée de la centrale de Kossodo 1 avec le ministre Yacouba Gouba
Lire aussi : Burkina/Extension des centrales photovoltaïque de Zagtouli et thermique de Komsilga : « Dans trois semaines, nous allons revenir… Trois semaines », a insisté le ministre en charge de l’énergie
Après Gounghin et Gonsin, Yacouba Gouba et son équipe ont fait un arrêt au niveau de la nouvelle centrale thermique de 50 MW en construction dans la commune de Pabré. Il a félicité l’équipe sur place pour le niveau d’avancement du chantier qui n’est qu’à seulement un mois de son lancement. Cette visite terrain de ces deux journées s’est bouclée dans la zone industrielle de Kossodo au niveau des centrales thermiques de Kossodo 1 et 2.
Le ministre de l’Énergie, Yacouba Gouba, saluant les efforts des agents
Accueilli sur place avec son équipe et à la suite d’une brève présentation de ce qui a été déjà exécuté dans les orientations données, M. Gouba a félicité l’ensemble des agents, tout en les invitant à redoubler d’efforts et surtout à passer en mode H24, 7/7 pour que les travaux de maintenance puissent s’achever avant la date butoir prévue.
En réponse à la demande du ministre, les agents à travers leur responsable, Aristide Ouédraogo, le directeur du pôle production transport et mouvements d’énergie de la Sonabel, ont promis et se sont engagés à travailler plus pour que les mégawatts qui sont attendus puissent être disponibilisés à temps afin de minimiser les coupures pendant la période chaude qui s’annonce.
Aristide Ouédraogo, le directeur du pôle production transport et mouvements d’énergie de la Sonabel, sur les mégawatts attendus
« Avec le personnel, nous nous sommes engagés pour que le travail soit effectué H24, 7/7 afin de raccourcir la durée des travaux sur l’ensemble des centrales. Donc, le pari est lancé, les engagements ont été pris de part et d’autre. Ce qui est à saluer, parce que les performances que nous avons enregistrées en 2025 devront se poursuivre en 2026 afin d’assurer une électricité stable à l’ensemble de la population, mais aussi à l’ensemble des entreprises au niveau du Burkina », a conclu le ministre. Rendez-vous est donc pris pour d’autres visites inopinées, a promis le premier responsable du département en charge de l’énergie.
Yvette Zongo
Lefaso.net
Vos réactions (6)
par L’Oeil ouvert, 5 février 00:29
Monsieur le ministre, vous faites bien de visiter les centrales.
Mais les différents marchés ont été attribués quand ? N’y a t il pas de retard quelque part ? De tous les chantiers en cours, n’y a t il pas de retard ? et puis, les centrales existantes n’ont elles pas de problèmes ne non fonctionnement de machines ? Parlez avec tous les agents petits comme grands.
Allons seulement ; nous en tout cas on veut moins de délestages cette année car on veut produire en utilisant l’énergie électrique.
Si l’ONEA peut faire prendre des responsables de sociétés par LAABAL, alors, cela doit être possible pour SONABEL si des délais de livraison ne sont pas respectés. Oui, par ce que là c’est le peuple qui peut se dressé contre le gouvernement alors que c’est un ou des fournisseurs qui se la coulent douce.
Un jour, nos amis africains comprendront qu’utiliser un climatiseur, c’est mettre sa tête dans la gueule d’un monstre.
Monstre que vous pouvez appeler "impérialisme", "dépendance à l’étranger", "crime climatique", "attentat à votre souveraineté", "bouffer l’argent du Peuple", ou tout autre nom qui claque bien dans un discours au peuple.
Premières solutions :
(1) Arrêter la bêtise architecturale, le style hangar amerloque, l’horrible boîte à chaussures au toit de tôle.
(2) Construire des locaux bien aérés.
(3) Exiger des toits bien conçus avec un espace bien aéré sous le toit.
(4) Privilégier les vérandas et les murs à l’ombre des arbres ou d’un autre bâtiment.
(5) Pour assurer l’aération, multiplier les parois en claustras et les murs avec de nombreux trous... sans oublier un grillage anti-moustiques.
(7) Privilégier les briques à base de terre (adobe, torchis ou pisé).
(8) S’inspirer des architectures traditionnelles, Madagascar, Maroc, pays berbères, Éthiopie, Yémen, Tombouctou, etc. En prime, c’est joli et ça fait plus authentiquement africain.
etc., etc.
On obtient ainsi des bâtiments où quelques ventilateurs suffisent au confort.
Eh oui, c’est ce que j’ai connu jeune avant 1980, une Afrique à quasi-zéro climatiseur où l’on n’était pas plus malheureux...
N’oublions pas que les bons vêtements de style africains sont bien moins pénibles que certaines horreurs occidentales, le costard-cravate en particulier.
VIVE L’ABACOST, LA SANDALE, LA ROBE CHINOISE ET LE BOUBOU BIEN AÉRÉ !
Beaucoup de vêtements occidentaux bourgeois ont été conçus avant 1900 pour des villes froides et humides d’Europe de l’Ouest où l’on claquait des dents 7 mois sur 12, certes pas pour un climat subsaharien. D’ailleurs, les européens avaient eux aussi des vêtements populaires traditionnels plus aérés, chemises russes, sarraus, etc.
Quand c’est bon. C’est bon.
La version 2026 de Mr. Hélie semble vouloir démarrer une RPP : les dieux seraient t-il tomber sur des têtes ?
En tout cas, des belles idées radicales qui doivent susciter une réflexion en tout Burkinabè.
Nous avons assez de techniciens et de CAP en construction métalliques, l’ex CET, centre Austro, et autres qui sont capables de fabriquer les pièces dont on a besoin. La sonabel, l’onea et autres devraient disposer de services pour fabriquer eux-mêmes leurs pièces. C’est à ce prix qu’on avance.
Le Burkina Pays H24 7/7 !
Et bien IB semble avoir réveiller un monstre localement.
Jusqu’à récemment nous nous contentions de développer les autres (e.g. CI ) par notre ardeur au travail.
Il est temps de penser à soi maintenant, RPP oblige.
@idéologue-en-chef
Messire idéologue-en-chef, puisque le sujet semble vous intéresser, je me suis amusé à questionner une IA (Intelligence Artificielle) sur le sujet. Voilà un pensum qu’une société privée rapace vous aurait facturé au moins 1 petit milliard. Moi, ça m’a pris 1/2h tout au plus de mon temps de septuagénaire rêveur...
L’IA nous annonce que le BF pourrait économiser au moins 130 000 T de pétrole, ce qui représente plus de 45 millions de dollars, plus de 30 milliards de Francs-CFA par an. Donc, voilà une mine d’or de dizaines de milliards à réinvestir, par exemple dans l’éducation, les transports en commun, le porc-au-four, la Brakina du vendredi soir, etc.
Bon, il faut vérifier ces calculs un peu expéditifs, mais ils donnent à gros traits des pistes intéressantes pour l’avenir de votre beau pays... et l’allègement de sa dépendance extérieure.
La réponse de l’IA est déjà un joli tour d’horizon sur cette possible « révolution de la fraîcheur ».
Le texte de l’IA confirme qu’au Sahel, l’ingénierie la plus efficace n’est pas forcément la plus technologique, mais celle qui sait le mieux composer avec la nature.
Quant à ce que j’ai précédemment énoncé, c’était basé sur mon expérience personnelle d’une Afrique d’avant 1980 où le climatiseur était réservé aux touristes fortunés, une Afrique où l’on ne vivait pas si mal, au nord comme au sud du Sahara. Il y avait certes de petites misères, mais elle n’étaient pas dues à la rareté des climatiseurs.
/////////////////////////////////////
Question à l’IA :
Dans le cas d’un pays subsaharien sans pétrole, le Burkina Faso, combien de tonnes de pétrole pourrait économiser le Burkina Faso s’il exigeait une architecture bien aérée se passant totalement de climatiseurs, en se contentant de simples ventilateurs pour rendre confortables les bâtiments ?
///////////////////////////
Réponse de l’IA
C’est une question qui touche au cœur des défis énergétiques et architecturaux de l’Afrique de l’Ouest.
Passer de la « climatisation à tout prix » à une architecture bioclimatique (ventilation naturelle, inertie thermique, brise-soleil) est un levier de souveraineté économique majeur pour un pays comme le Burkina Faso.
Voici une estimation basée sur les données énergétiques et de consommation de la région.
1. La consommation électrique liée au froid
Au Burkina Faso, la climatisation représente la part du lion de la facture énergétique des bâtiments tertiaires (bureaux, administrations, banques) et des résidences aisées.
— Part de la clim :
Dans un bureau standard à Ouagadougou, la climatisation peut représenter entre 50 % et 70 % de la consommation d’électricité totale.
Consommation annuelle : En 2023-2024, la consommation nationale d’électricité tournait autour de 2 000 GWh (Gigawattheures).
— Potentiel d’économie :
Si l’on considère que le secteur du bâtiment pèse lourd et que la moitié de cette énergie sert au refroidissement, l’adoption généralisée de la ventilation naturelle pourrait réduire la demande globale d’environ 30 % à 40 %.
2. Conversion en « Tonnes d’Équivalent Pétrole » (TEP)
Pour répondre précisément à votre question, il faut regarder comment l’électricité est produite. Le Burkina Faso dépend fortement des centrales thermiques (qui brûlent des carburants lourds) et des importations de pays voisins (Côte d’Ivoire, Ghana).
— Le calcul estimatif :
Économie d’électricité visée : Environ 600 GWh (ce qui correspond à une réduction massive du besoin de froid).
— Rendement thermique :
Pour produire 1 MWh d’électricité dans une centrale thermique, il faut environ 0,23 tonne de combustible.
Résultat : au moins 130 000 T de pétrole économisé !
Note : Ce chiffre est une estimation prudente.
Si l’on ajoute les économies indirectes (moins de pertes sur le réseau, moins de groupes électrogènes privés utilisés lors des délestages), le gain réel pourrait dépasser les 150 000 tonnes.
3. Les bénéfices au-delà du pétrole
Remplacer un climatiseur par une conception intelligente et un ventilateur n’est pas qu’une question de tonnes de pétrole, c’est un changement de paradigme :
— Réduction de la facture nationale :
Le Burkina Faso dépense des centaines de milliards de FCFA chaque année pour importer des hydrocarbures. Ces économies pourraient être réinjectées dans l’éducation ou la santé.
— Confort thermique durable :
Un bâtiment bien conçu (murs en voûte nubienne, briques de terre compressée ou BTC) reste frais même pendant une coupure de courant.
Impact écologique : Réduction immédiate des émissions de CO_2 et suppression des gaz réfrigérants (HFC) qui sont de puissants gaz à effet de serre.
4. Est-ce réaliste ?
Le défi est principalement culturel. La climatisation est souvent perçue comme un signe de réussite sociale. Pourtant, l’architecture vernaculaire revisitée (voir le travail de l’architecte burkinabè Francis KÉRÉ, Prix Pritzker) prouve que l’on peut obtenir un confort supérieur avec des matériaux locaux et une circulation d’air naturelle.
/////////////////////
On peut développer certains
principes architecturaux spécifiques (comme l’effet venturi ou l’inertie thermique) qui permettent de se passer de clim sous 40°C
— Effet Venturi, et autres astuces :
Pour transformer un bâtiment en « climatiseur naturel » au Sahel, il ne suffit pas d’ouvrir les fenêtres (ce qui laisserait entrer la poussière et l’air brûlant). Il faut jouer avec la physique de l’air et les matériaux.
Voici les trois piliers techniques pour réussir ce pari au Burkina Faso :
1. L’Inertie Thermique : Le bouclier de terre
Dans le climat sahélien, l’écart de température entre le jour et la nuit est important. L’objectif est d’utiliser des matériaux qui « stockent » la fraîcheur de la nuit pour la restituer le jour.
* Matériaux locaux : On abandonne le parpaing de ciment (qui conduit la chaleur) pour la BTC (Brique de Terre Compressée) ou la pierre latéritique.
— Murs épais :
Un mur épais mettra 8 à 12 heures pour laisser passer la chaleur. Résultat : quand il fait 40°C dehors à 14h, l’intérieur du mur commence à peine à se réchauffer.
2. L’Effet Venturi et le Tirage Thermique
Puisqu’on refuse la clim, il faut forcer l’air à bouger de manière intelligente.
— L’Effet Venturi :
En créant des ouvertures étroites là où le vent arrive et des ouvertures plus larges à l’opposé, on crée une dépression qui accélère la vitesse de l’air. Un air qui circule vite sur la peau donne une sensation de fraîcheur immédiate (même si sa température est la même).
— La Cheminée Solaire :
On installe des conduits verticaux sombres sur le toit. Le soleil chauffe l’air dans la cheminée, cet air chaud monte et s’échappe, ce qui aspire l’air plus frais des pièces de vie vers le haut.
3. La double toiture et l’ombrage porté
Au Burkina, le soleil tape à la verticale. Le toit est la première source de chaleur.
— Toiture « Parasol » :
On installe une deuxième toiture (souvent en tôle légère) au-dessus de la dalle ou de la voûte, avec un large espace vide. Le vent circule entre les deux, évacuant la chaleur avant qu’elle ne touche la structure habitable.
— Brise-soleil :
Des dispositifs fixes (persiennes en bois ou métal) calculés selon l’angle du soleil permettent de laisser entrer la lumière mais jamais les rayons directs sur les vitres.
— Comparaison : Ventilateur vs Climatiseur
Caractéristiques :
Un climatiseur (Split) consomme en gros 2000 Watts, son entretien est coûteux et polluant, il nécessite un réseau électrique solide et l’air qu’il réfrigère est malsain.
Un ventilateur consomme moins de 100 Watts, son entretien est quasi nul, il dure 30 ans sans problème et il fonctionne même avec une petite alimentation solaire.
— Pourquoi ce n’est pas encore la norme ?
Le principal obstacle reste le coût initial (la BTC et les doubles toitures demandent plus de main-d’œuvre qualifiée) et le prestige.
Pour beaucoup d’Afrucains, hélas, le bruit du climatiseur est le « bruit de la réussite ».